Jacques Ellul l'oeuvre d'une vie


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photo : Fédération Française du Protestantisme

1940


Révoqué par l’État de Vichy parce ce que son père n’est pas de nationalité française, Ellul revient dans le bordelais.

1941

Essai sur le recrutement de l’armée française aux XVIIe et XVIIe siècles, mémoire de l’Académie des sciences morales, prix d’Histoire de l’Académie française.
Ce pur travail de commande permet à Ellul de survivre dans une période difficile, où il est obligé de s’improviser fermier agriculteur.

1942

Les communautés naturelles, Communauté, pp. 57-79, Éditions Je sers (Paris), et Labor (Genève)

communautes

 

 

Extrait : « L’existence des communautés humaines est un fait que le XIXe siècle a essayé de minimiser et que le XXe siècle simplifie considérablement. La sociologie, science nouveau-née (et déjà vieillie) l’a souvent analysée. Il s’agit d’un fait d’expérience, et nous l’étudierons en nous soumettant à sa réalité. Mais pas à la manière des sociologues. Car notre but est différent du leur. Ils veulent, eux, comprendre de l’extérieur, connaître objectivement la communauté. Nous nous plaçons, nous, à l’intérieur des communautés auxquelles nous participons pour chercher quelle attitude personnelle doit y être la nôtre. Nous ne sommes pas ici des savants, mais des chrétiens ».

1943

Agrégé de droit romain mais n’ayant pas le droit d’enseigner depuis sa disgrâce de 1940, Ellul poursuit son existence d’agriculteur jusqu’à la Libération tout en participant à la Résistance (actions de secours et de liaison). A la Libération, membre de jurys ayant à juger certains cas de collaboration, il s’y montre particulièrement clément.

A la même époque, il écrit «J’ai essayé d’établir un plan de ce que pourrait être une oeuvre de connaissance de la société actuelle, avec, en parallèle, le contrepoint théologique», in A temps et à contretemps pp. 68 et 154

La famille, le patrimoine, Au service du Maître, décembre.
Enseignement biblique sur la solidarité concernant la famille et l'héritage. Les enfants sont repsonsables des dettes des parents : l'héritage comprend à la fois les biens spirituels et les biens matériels, ainsi que leurs particularités. L'individualisation moderne de ces concepts dans notre société, qui ne voit dans l'héritage que l'aspect financier, montre que la création de Dieu n'est plus respectée.



INTRODUCTION A L’HISTOIRE DE LA DISCIPLINE DES ÉGLISES RÉFORMÉES DE FRANCE
(chez l’auteur)

Couverture
indisponible

1944

Sonnez les matines, Le Semeur, décembre.
Le "sommeil" de l'Eglise pendant les évènements récents n'a pas permis de saisir l'occasion de transformer la société.

1944-45

Pendant six mois, Ellul participe à la délégation municipale de Bordeaux (mais, contrairement à une rumeur répandue, il n’est pas « adjoint au maire »). Il en conclut définitivement que les élus sont à la merci des “bureaux” et que la politique est impuissante face à la bureaucratie. Plus tard, il déclinera la proposition de Chaban-Delmas d’être son colistier à la Mairie et celle d’occuper un poste de préfet dans le Nord pour se consacrer à ses étudiants de Droit et de l’Institut d’Études Politiques. (lire Entretiens avec Patrick Chastenet, p. 35)

1945

Fin de San Francisco, Réforme, 9 juin.
L'échec de la conférence pour la paix à San Francisco est dû au projet Dumbarton Oaks en lui-même, à l'attitude des Etats-Unis, et à l'attitude de l'Union Soviétique.

Victoire d'Hitler ? Réforme, 23 juin.
Suite à la seconde guerre mondiale, l'Etat a acquis plus de puissance dans de nombreux pays, et nous sommes plus enclins au totalitarisme.
Extrait : "Hitler a proclamé la guerre totale… massacre total. Et l'on sait les lois de sa guerre. Tout le monde a dû s'aligner sur lui - et faire la guerre totale, c'est-à-dire la guerre d'extermination des populations civiles (nous y avons fort bien réussi ! ) et l'utilisation illimitée de toutes les forces et ressources des nations aux fins de la guerre. On ne pouvait faire autrement pour vaincre. Evidemment. Mais est-ce si certain que cela que l'on puisse vaincre le mal par le mal ? Ce qui est en tout cas incontestable, c'est qu'en nous conduisant à la nécessité des massacres des populations civiles, Hitler nous a prodigieusement engagé dans la voie du mal. Il n'est pas certain que l'on puisse en sortir si vite. Et, dans les projets de réorganisation du monde actuel, à voir la façon dont on dispose des minorités, dont on prévoit les transferts de populations, etc., on peut se demander si l'influence en ce qui concerne le mépris de la vie humaine (malgré de belles déclarations sur la vie humaine ! ) n'a pas été plus profonde qu'on ne le croirait."
Texte entier :

http://maurice-darmon.blogspot.com/2009/07/jacques-ellul-victoire-dhitler-23-juin.html

 

La guerre inexpiable, Réforme, juillet.
Suite à la guerre, le monde partage la culpabilité et la haine. Dans cette période, la place de l'Eglise est importante.

Fatalité du communisme, Réforme, août.
Quelles sont les raisons de ce silence consenti, concernant l'avancée du communisme dans la politique française?

Permanence du communisme, Réforme, septembre.
Le communisme français semble avoir évolué en adoptant une position moins radicale. Mais ce n'est que parce que la méthode marxiste s'adapte à la réalité.

Le capitalisme et nous
, Réforme, octobre ; réédition in « Jacques Ellul, actualité d’un briseur d’idoles », Réforme hors série, décembre 2004.
Critique chrétienne du capitalisme.

A propos du libéralisme : essai de réponse et de justification, Réforme, décembre.

Signification actuelle de la Réforme
, Protestantisme français, Coll. "Présences" (Paris, Plon), pp. 137 - 165.

1946

FONDEMENT THÉOLOGIQUE DU DROIT
Paris-Neuchâtel, Delachaux & Niestlé

fondement_theologique

Il s'agit de savoir ce que sont les institutions humaines, la justice humaine, etc., à l'égard de Dieu, quel est leur sens pour Dieu, leur place dans l'oeuvre de Dieu d'après la révélation, avant de rechercher quelle est leur valeur pour l'homme, et quel doit être le comportement de l'homme à leur égard. Ceci ne peut que découler de cela. Les relations existant entre Dieu et les institutions du monde doivent primer les relations pouvant exister entre les institutions et l'homme. Ce sera donc là le premier sens de cette recherche qui se situe sur un terrain radicalement différent de celui adopté généralement par les Chrétiens pour fonder le droit naturel. 
Mais cette attitude n'implique pas du tout que nous croyons à l'existence d'un droit chrét

Plan de l’ouvrage :
I . Le droit naturel considéré comme phénomène
II. Le droit divin
III. Droit naturel et Droit divin
IV. Droit divin et droits humains
V. Droit, État, Église

Jeunesse du monde, Réforme, 12 janvier ; réédition in « Jacques Ellul, actualité d’un briseur d’idoles », Réforme hors série, décembre 2004.
D'un côté, le parti communiste offre les seules solutions réelles, et les chrétiens auraient beaucoup à en apprendre. D'un autre côté, il y a beaucoup d'élitisme dans le PCF et d'injustice en Union Soviétique.

L’Église et la vie économique, Les deux cités : Cahiers des Associations Professionnelles Protestantes, Conférence de Saint-Agnan, Vol.1, pp.21-34.

Problèmes de notre société, Le Semeur ; 44e année, No 4-5, février-mars, pp. 407-426.
Ellul présente le 18ème congrès national de la Fédération des Etudiants Chrétiens.

La hiérarchie sociale, Les deux cités : Cahiers des Associations Professionnelles Protestantes, Conférence de Saint-Cloud, Vol.2, pp.7-21.

L’Église et la situation politique actuelle, Les deux cités : Cahiers des Associations Professionnelles Protestantes, Conférence de Saint-Cloud, Vol.2, pp.23-28.

Situation politique actuelle de la France, Foi et Vie, n° 3, janvier, pp. 283-300.

Le temps du mépris, Réforme, 16 mars.
Les communistes sont accusés de ne pas respecter la dignité humaine. Mais deux exemples aux États-Unis témoignent du même mépris : le Reader's Digest et l'usage (... d'une substance chimique ? > à vérifier)

Nouvelle démocratie
, Réforme, 27 avril.
On peut vraiment se demander ce qu'est la  "démocratie" ? Dans le système politique français, trois grands partis, qui ne sont pas représentatifs de la volonté du peuple, tiennent le pouvoir. Dans le système soviétique, la position du gouvernement est la seule pouvant être considérée comme une "démocratie". En France, en Union Soviétique, et partout ailleurs, le peuple vote pour le parti qui gouverne. L'opinion publique a disparu.

Quand les mots perdent leur sens, Réforme, 10 août, série "Dictature et démocratie".
Au risque de choquer, la démocratie et la dictature poursuivent les mêmes buts. En fait, la dictature est la manière parfaite pour réaliser la démocratie. La démocratie n'est plus le gouvernement par le peuple tandis que les dictatures ont toutes quelque chose qui peut s'apparenter à de la démocratie.

Quand la nation s’effondre,
Réforme, 17 août, série "Dictature et démocratie".
La différence entre dictature et démocratie est déterminée par l'attitude du peuple  lorsqu'il donne à l'Etat toute la puissance de décision. Ellul analyse ici la progression du conformisme.

Le mécanisme totalitaire, Réforme, 31 août, série "Dictature et démocratie".
La différence entre la dictature et la démocratie est aussi déterminée par les moyens politiques, sociaux et spirituels utilisés par l'Etat pour contrôler le peuple.

Ca y est, Réforme, 12 octobre.
Les hommes condamnés à Nuremberg méritaient de mourir, mais juridiquement le procès était une imposture hypocrite.

Socialisme et communisme, Réforme, 26 octobre.

Notes sur la formation civique de la jeunesse
, Réforme, 2 novembre.
La condition (triste) de la jeunesse contemporaine nécessite la formation d'une conscience civique, accompagnée d'une expérience en vie communautaire, avec un vrai sens de la liberté et de la sagesse.

Problèmes de civilisation - I (Chronique des problèmes de civilisation) , Foi et Vie, septembre-octobre, pp. 678-687,.
L'attitude et l'action chrétiennes face aux problèmes courants.

Naissances, A. Coueslant, Almanach / Eglise réformée de France, pp. 75-79

1947

Mort accidentelle de Simon, le deuxième des quatre enfants du couple Ellul, âgé de 6 ans.


Jacques Ellul est élu au Synode National de l'Église Réformée de France comme délégué des Églises réformées du Béarn, de Dordogne et de Guyenne (jusqu’en 1951 ?) : membre des commissions techniques du Conseil œcuménique des Églises. Il rédige un long rapport sur la nécessité de concilier approche théologique et approche sociologique, in A temps et à contretemps p. 156

Vers un nouvel humanisme politique, in L’homme mesure de toute chose (avec Paul Tournier et René Gillouin), publications du Centre protestant d’études, Genève, février, pp. 5-19.

lhomme_mesureExtraits : « Je ne vais pas tracer les grandes lignes d’une politique humaniste. Je crois qu’il y a d’abord un travail d’éclaircissement à faire (…). Il est dramatique de voir un peuple qui se laisse aller par peur du fascisme, et qui, se laissant aller, va provoquer nécessairement une dictature. Voici le premier grand obstacle à une politique française (…). Or, ce qu’il faudrait comprendre, c’est que ce problème : dictature-démocratie est en réalité un faux problème. Aujourd’hui, l’homme est attaqué dans sa personne et dans sa vie, non pas par des systèmes ou des théories, mais par un certain nombre de principes qui sont admis dans toute la civilisation, et sous n’importe quelle forme d’état. (…) l’homme vit dans une civilisation matérialiste. (…) Il s’agit dans le monde entier de produire des richesses. Il s’agit d’augmenter le confort (…). Il y a le fait d’un monde qui est tout entier orienté vers une surproduction. Pour réaliser ce but de production, l’homme déploie une activité inouïe, une activité dévorante et une activité mécanique. L’homme est peu à peu aligné sur la machine, aligné sur les choses ».
 
Problemen van het Christendom van heden (Problèmes du christianisme aujourd'hui), Wending, vol.1, n°11, janvier, pp.625-644
 
Die Kommunistische Taktik (Les tactiques communistes), In Extremis, vol.13, n°1-2, mars, pp.1-8
Lecture d'Ellul pendant la semaine de l'université oecuménique de Bassel, Suisse (1946)

 
Une solution américaine, Critique, n°10, mars (disponible sur galaxidion, 18 euros)
Ce texte est un commentaire de l'ouvrage d’Emery Revès « Anatomie de la Paix » (5 pages)
Indications sur les tâches actuelles des juristes chrétiens, Le Semeur ; 45e année, No 6-7, avril-mai, pp. 485-493

L’unité ou la mort, Réforme, 17 mai
"Unité", un mot-clé qui envahit la politique française avec toute sa mystique, mais le chemin proposé pour arriver à l'unité est artificiel et naïf. Le débat doit continuer et ne pas être tû.

Anwendung der Kommunistischen Strategie in der Gegenwart (Application de la stratégie communiste dans le présent), In Extremis, vol.13, n°3-4, mai, pp.41-55
Lecture d'Ellul pendant la semaine de l'université oecuménique de Bassel, Suisse (1946)


Problèmes de civilisation - II (On demande un nouveau Karl Marx), Foi et Vie, n°3, mai-juin, pp. 360-374.
Les nouvelles utopies scientifiques élaborées, ainsi que les inconvénients  des solutions techniques. Aucune analyse contemporaine de la société n'arrive à la cheville de l'analyse que Marx avait réalisée en son temps. Nous avons besoin d'une méthode et d'un impact comparables. Les structures, forces permanents, sont à la base de la société.


Propositions louches, Réforme, 28 juin
Considérant les performances désastreuses du gouvernement français, sa disparition pourrait avoir de nombreux avantages.

Notes sur le procès de Nüremberg, Verbum Caro, août, pp.97-112
Le procès de Nuremberg était injustifiable, juridiquement parlant... A Nuremberg il n'y avait rien d'autre qu'une relation de force et une expression de vengeance. Dans le procès, les nationalismes en ont fait l'opposé d'un "tribunal de justice suprême". Le Nazisme et ses crimes ont leurs racines dans les "fruits de notre civilisation". Les mots utilisés dans la condamnation étaient "progressif, democratie, idéologie libérale". Le chemin chrétien doit être totallement différent.

Mais où va l’esprit de l’homme ?
, Réforme, 6 septembre
Propagande, politique française, et les chrétiens.

Problèmes de civilisation - III (Le réalisme politique), Foi et Vie, n°7 novembre-décembre, pp. 698-734

Retour à l’ordre, Réforme, 13 décembre
Les choses sont redevenues "normales", avec le puissant qui opprime le faible. L'espoir du 19ème siècle pour un "nouvel ordre de l'histoire" était une illusion. Pour trouver une vraie liberté et une vraie justice, les chrétiens et ceux qui veulent les rejoindre doivent s'identifier aux opprimés.

L’économie, maîtresse ou servante de l’homme ?, conférence publiée dans L. Maire et alii, Pour une économie à la taille de l’homme, Roulet, Genève, pp. 43-58 (réédition : L'Economie Dir. Patrick Troude-Chastenet, Cahiers Jacques-Ellul n°3, Le Bouscat, L'Esprit du Temps, diff. PUF, 2005, pp. 69-83) L’homme moderne, quel que soit le régime politique dans lequel il s’inscrit, est englobé dans l’économie. Il n’y est plus considéré qu’en tant que producteur - consommateur. Le socialisme comme le capitalisme l’asservissent à l’économie car ils ont récupéré dans leurs doctrines respectives tout ce qui, auparavant, relevait de la vie spirituelle. L’homme idéal est un homme hygiénique, vivant dans le confort et l’immédiateté au prix d’un travail qui l’absorbe et lui évite de se poser des questions morales ou métaphysiques. L’apologie du travail a atteint le stade d’une véritable mystique. Ainsi l’homme est-il devenu l’esclave de l’économie.

Positions bibliques sur la médecine,
Les deux cités : Cahiers des Associations Professionnelles Protestantes, sur le thème des études médicales, Vol.4, pp.9-23
La maladie peut être utilisée par Dieu comme une punition ou comme une manière de nous tenir à distance du péché. La maladie est notre état normal : la santé est un état de grâce. La médecine doit être soumise à Dieu, qui détient les remèdes vrais et profonds.
 
Le chrétien dans la cité, Coueslant ; Almanach / Eglise réformée de France, pp. 53-57

1948

Civilisation et croyances, Réforme, 13 mars
Les chrétiens et la solidarité; l'utilisation bourgeoise de la Bible.

Les malfaiteurs intellectuels, Réforme, 20 mars
Le problème des livres condensés, du magazine Succès et de la version française du Reader's Digest.

René Gillouin a t-il trouvé une nouvelle formule de gouvernement ? Réforme, 27 mars
Article sur le livre de René Gillouin, Aristarchie ou recherche d'un gouvernement, Genève, éditions du cheval ailé, 1946.

Les assassins vertueux, Réforme, mai
L'Eglise, les chrétiens, l'Etat et la guerre.

The Church and the Disorder of Society (L'Eglise et le désordre de la société), in
The First Assembly of the World Council of Churches, Amsterdam, édité par  Willem Adolph Visser‘t Hooft
Ellul était membre de la commission qui a rédigé ce rapport.
Texte entier (en anglais): http://www.jesusradicals.com/wp-content/uploads/the-church-and-the-disorder-of-society.pdf

The Situation in Europe (La situation en Europe), in L'Eglise et le désirdre de la société, Etudes oecuméniques préparées sous les auspices du conseil oecuménique des Eglises, vol.3, pp.73-88
Texte entier (en anglais): http://www.jesusradicals.com/wp-content/uploads/situation-in-europe.pdf

Réflexion sur le monde de la nécessité, Art, Vie, Cité,

L’Église ne suit pas les lois sociologiques du monde mais au contraire le monde suit le plan de Dieu, Réforme, 4 décembre
Le sens du Conseil Oecuménique d'Amsterdam. Même si lsociologiquement, 'Eglise peut sembler suivre le monde, c'est Dieu qui créée les conditions historiques pour l'unité de Son Eglise.

Gary, bouveau « Tulipe », Réforme, 11 décembre
Garry David est un contestataire des Nations Unies. Ellul le soutient.

Post-chrétienté, Réforme, 25 décembre
Notre civilisation est-elle une civilisation post-chrétienne? Aucune de ses zones n'a véritablement été chrétienne. Réflexions historiques sur l'Eglise et ses relations avec la société.


PRÉSENCE AU MONDE MODERNE: PROBLÈMES DE LA CIVILISATION POST-CHRETIENNE
Genève, Roulet (collection du Centre protestant d’études)

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D’une part la Technique est décrite pour la première fois comme une idéologie sourde, du fait qu’au fil du progrès, notre civilisation a peu a peu élevé les moyens qu’elle utilise au rang de fin excluant toutes les autres, le domaine spirituel étant relégué au rang de pur décor. D’autre part, justement, la mission du Chrétien est présentée comme relevant d’une prise de conscience de ce phénomène puis d’un engagement à le dénoncer comme une manifestation de Satan, autrement dit de ce qui tue la parole de Dieu et, d’une façon générale, toute forme d’intériorité. Or, de fait, le Christianisme ne remplit plus sa mission critique. Il ne le ferait que s’il parvenait à redevenir un véritable style de vie. Or il n’occupe plus qu’une place périphérique dans notre civilisation : la foi du Chrétien ne s’incarne plus dans son comportement car ce n’est plus du tout l’esprit qui détermine sa vie mais ses conditions économiques et sociales. Ce en quoi il ne se différencie plus du non-Chrétien que très superficiellement.

Extrait : "Lorsque nous aurons vraiment pris au sérieux la situation concrète des hommes et des femmes de notre temps, que nous aurons entendu leur cri d'angoisse et que nous aurons compris pourquoi ils ne veulent pas de notre Evangile désincarné; lorsque nous aurons participé à leur souffrance, charnelle et spirituelle, à leur désespoir, à leur abandon; lorsque nous serons devenus solidaires de nos compatriotes et de notre universelle Église, comme Moïse et Jérémie de leur peuple, comme Jésus des foules errantes, troupeau sans berger, alors notre voix pourra annoncer la parole de Dieu. Mais pas avant ! [..] Ce n'est pas la Parole qui doit changer et leur apporter autre chose, c'est leur situation. [..] Nécessité de la révolution dans un monde où elle est devenue impossible, et d'une révolution qui attaque les structures profondes d'une civilisation dont tous les efforts tendent vers cet unique but: transformer en pourceaux tous les êtres humains, qui ne peuvent plus de ce fait recevoir les perles de l'Ecriture. Nécessité d'une redécouverte du sens de l'activité humaine, de la situation des moyens et des fins, de leur place véritable dans un monde tout entier livré à l'esprit de puissance, au dérèglement, à l'orgueil de moyens sans bornes et qui nous absorbent sans réserve possible. [..] Tant que la solidarité entre chrétiens ne se traduira pas dans une aide pour permettre à chacun de trouver un équilibre de vie, de rechercher un style de vie ou s'incarne vraiment sa foi (non pas pour éviter de crever de faim), elle ne sera qu'un mot. Et ceci seulement montre à quel point cette recherche peut conduire dans des sentiers désagréables à nos chères habitudes. [..] Mais c'est à ce prix que la bonne nouvelle du salut en Christ sera autre chose qu'une parole humaine parmi d'autres paroles humaines... »

1949


Pour un état laïque, Réforme, 30 avril
L'Eglise doit se souvenir de sa fonction, plutôt que de chercher la puissance. Un Etat séculier ne peut pas affirmer une vérité absolue, ne doit pas être totalitaire, et devrait être ouvert.
 
La peur, Protestant d'Aquitaine, n°7, juillet
Article sur un rapport de psychiatres américains au sujet de la peur, avec l'analyse d'Ellul sur la peur des européens : disparition des valeurs spirituelles et de la foi. Les chrétiens, qui n'ont pas besoin d'avoir peur, peuvent aider au travers de leur exemple.
 
Note problématique sur l’histoire de l’Église, Foi et Vie n°4, juillet-août, pp. 287-324
Une vision biblique de l'Eglise : la méthode historique de Luc. "Toute la clé de l'histoire de l'Eglise est dans la théologie qu'elle adopte". Voir la réaction de Maurice Goguel, "Sur l'histoire de l'église", dans Foi et Vie de septembre-octobre 1950, et la réponse d'Ellul (janvier-février 1951)

Conformisme au siècle présent, I.Le jugement impossible, Réforme, 1er octobre
Réflexions sur la conformité et la liberté, inspirées par la libération de prisonniers de guerre allemands retenus à Bordeaux.

Conformisme au siècle présent, II.L'immoralisme facile, Réforme, 29 octobre, réédité in « Jacques Ellul, actualité d’un briseur d’idoles », Réforme hors série, décembre 2004
L'attaque contre la moralité bourgeoise, supposée héroïque et anticonformiste par certains penseurs, n'est qu'un aspect de l'acceptation générale de la mort de cette moralité. Une réelle morale alternative et chrétienne  serait une vraie solution révolutionnaire.

Problèmes internationaux, Protestants d'Aquitaine, n°10, novembre, pp.1-2

Le fédéralisme pourri, Réforme, 17 décembre
Le nouveau fédéralisme européen n'est pas vraiment anti-étatique, comme il devrait l'être, mais est plutôt une doctrine de conformité aux souhaits du capitalisme des Etats-Unis pour le futur de l'Europe.

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1950

Réalisme et révolution, Réforme, 7 janvier
Réalisme politique opposé au réalisme chrétien. Le marxisme, la révolution, et le chrétien.


Un jugement de Jacques Ellul, Réforme, 14 janvier
Critique de Sociologie et communisme, de Jules Monnerot (Paris, Gallimard, 1949)

Engagement et dégagement, Réforme, 21 janvier
Engagement, sacrifice, et lucidité; Jean-Paul Sartre et Emmanuel Mounier.

La seconde moitié du siècle, Protestant d'Aquitaine, janvier
Les idoles de la première moitié du siècle sont tombées : la monnaie, le pays, l'Etat, le syndicalisme, et autres petites "divinités". Les Etats-Unis et l'Union soviétique constituent les idoles restantes. Comparaison entre la situation courante et celle de l'Ancien Testament.

La Bible et la ville, Foi et Vie, vol.48, n°1, janvier-février, pp. 4-19

L’évolution de l’idée de liberté depuis 1936, Evidences, Revue mensuelle publiée par l'American Jewish Committee, n°8, février, pp.1-5

J. de Senarclens: le mystère de l’histoire, Réforme, 11 mars
Critique du livre "Le mystère de l'histoire : Introduction à une conception chronologique du devenir", de Jacques de Senarciens (Genève, Labor et Fides, 1949)

MM. Cassou, Vercors, Mounier, Strachy et Zilliacus : ce n'est pas le communisme qui a changé, c'est vous , Réforme, 25 mars

Etatisation de la presse, Protestant d'Aquitaine, n°14, mars

Pourquoi je me suis séparé de Mounier, Réforme, 15 avril
Déclin du mouvement Esprit, et divergences théologiques avec Emmanuel Mounier, mort en 1950.

Grèves de Carême, Protestant d'Aquitaine, n°15, avril

Réponse à B. Rappard, Protestant d'Aquitaine, n°16, mai
L'article de Rappard est sur la même page dans ce numéro de Protestant d'Aquitaine.

Sur l'amnistie du Maréchal Pétain, Protestant d'Aquitaine, n°17, juin
Ellul recommande que Pétain reste en prison, et suggère que justice soit rendue, en trouvant et libérant ceux qui ont été injustement jugés après la guerre.

La peur occidentale du communisme, Réforme, 9 septembre
Réaction à un article d'André Dumas.

La Bible et l'action chrétienne, Bulletin du Centre Protestant d'Etudes, n°6 et 7, septembre, pp.4-8
Résumé d'une lecture d'Ellul qui dura deux heures, donnée le 15 avril : "Y a-t-il une éthique chrétienne?"

Le mystère de l’histoire, Foi et Vie, vol.48, n°5, septembre-octobre, pp. 466-470
Une autre critique du livre "Le mystère de l'histoire : Introduction à une conception chronologique du devenir", de Jacques de Senarciens (Genève, Labor et Fides, 1949).

Problèmes de l'église romaine, Protestants d'Aquitaine, n°20, octobre, p.5

La femme et les esprits, Réforme, 4 novembre
Une interprétation biblique de la nature de la femme et de son rôle : les femmes sont plus affectées et influencées par le Saint-Esprit et par les esprits mauvais, d'où leur habilité à prophétiser, tandis que le rôle de leurs maris est de discerner et de  les protéger des esprits.

Ils ne savent pas quoi faire de la paix, Réforme, 25 novembre
Futilité des propositions de paix données par les superpuissances, pendant la guerre de Corée.

Aspects de piété et de théologie médiévale, Foi et Vie, n°6, novembre-décembre, pp. 572-575

Les nationalismes imprudents, Réforme, 23 décembre
Analyse historique et critique des facteurs qui ont fait naître et progresser le nationalisme.

Protestantisme en Cultuur in het Frankrijk van nu (Protestantisme et culture dans la France d'aujourd'hui), Wending, vol.5, n°10, décembre, pp. 552-562

L’humilité précède la gloire, Appel aux laïcs, Les cahiers du Renouveau III, pp.29-42
L'attitude chrétienne de l'humilité opposée à la recherche de puissance du monde.

Notes sur les problèmes éthiques du rapport Kinsey, In Das Menschenbild im Lichte des Evangeliums : Festschrift [für] Emil Brunner (Zurich, Zwingli-Verlag, 1950), pp. 139-152

Préface: Du problème de l’efficacité
, in  Misère et grandeur de la médecine : Essai sur les conditions d'une médecine efficace, Ph. Kressmann (Neuchâtel, Delachaux & Niestlé, 1950), pp. 7-17

Réflexion sur le monde de la nécessité, Vie, Art, Cité : Revue suisse romande, 14è séries, n°1, pp.37-39 (signé "Jean Ellul")
Description de la civilisation post-chrétienne, et réponse dialectique du christianisme.

Urbanisme et théologie biblique, Dieu Vivant, n°16, pp.109-123


1951

ou
1956 ? Ellul est membre du Conseil national de l’Église réformée de France, qui a pour équivalent dans le catholicisme l’Assemblée des Évêques (lire A temps et à contretemps pp 78 sq).

Publicité… nécessaire et avilissante, Réforme, 6 janvier ; réédition in « Jacques Ellul, actualité d’un briseur d’idoles », Réforme hors série, décembre 2004
Relations entre la publicité et le système économique, la technique et la propagande.

Méditations après Noël, Protestant d'Aquitaine, n°23, janvier, pp.2-3

Au sujet de la réponse de M. Goguel, Foi et Vie, vol.49, n°1, janvier-février, pp. 82-83
Cet article constitue une réponse à deux autres parus dans Foi et Vie n°4 (1949) et 5 (1950).

Ouverture en temps de la paix, Réforme, 17 mars
Pour assurer la paix, l'Europe doit être renforcée militairement, économiquement, et socialement.

La faim du monde, Protestant d'Aquitaine, n°25, mars, pp.4-5

Le pauvre ; essai sur la responsabilité de l’Église et du chrétien dans la vie économique, Foi et Vie, n°2, mars-avril, pp. 105-127, réédition : Cahiers Jacques-Ellul n°3 « L’économie », pp. 133-154, décembre 2005
La responsabilité de l’Église dans la vie économique passe par l’engagement personnel de chacun de ses membres. Le chrétien doit s’y montrer responsable devant Dieu, appelé notamment à lui répondre de la question du pauvre. En méprisant le pauvre, tout riche se condamne spirituellement. Pour autant, l’amélioration matérielle du pauvre n’épuise pas la dimension spirituelle de la pauvreté. Le rapport à Dieu n’est en effet possible que par le renoncement à la quête perpétuelle du confort et à une pratique régulière de l’ascèse.


Mobilisation générale, Protestant d’Aquitaine, n°29,juillet, pp.2-3
Origine, fondations, service, formes et organisation du diaconat.

Notes sur la vie et l'éducation sexuelle, Protestant d'Aquitaine, n°29, avril, p. 3

Autocritique, Réforme, 4 août
Réflexions sur la conférence de Bad-Boll

Éloge du désordre, Réforme, 20 octobre
Beaucoup d'organisations dans le monde renforcent l'Etat et étouffent l'humanité. Que le désordre survive en France est encourageant, et nous devrions tous travailler avec comme but d'assurer le désordre du monde.

Querelles byzantines, Protestant d'Aquitaine, n°31, p.3

Informations sur Bad-Boll, Protestant d'Aquitaine, n°31, octobre, p.4

Un Livre de René Gillouin: L’homme moderne, bourreau de lui-même, Réforme, 17 novembre
Critique du livre de Gillouin du même nom (Paris, Portulan, 1951)

Alain Sergent: les anarchistes, Réforme, 22 décembre
Critique du livre de Sergent, Les anarchistes : Scènes et portraits (Paris, F. Chambriand, 1951)

L'adoration de Noël, Protestant d'Aquitaine, n°33, décembre, p.1

Kerkelijke strategie en sociologie (Stratégie ecclésiastique en sociologie),
Sociologisch Bulletin, n°5, pp.33-64 > A vérifier

Rappel de quelques doctrines sur l'Etat, In Les chrétiens et la politique (Paris, Seuil, 1951)
> A vérifier (un livre portant ce titre, écrit par Guillemin et d'autres, a été publié aux éditions Temps Présent en 1948 et ne contient aucun chapitre écrit par Jacques Ellul)

Le sens de la liberté chez St Paul, In Paulus-Hellas-Oikumene : An Ecumenical Symposium (Athènes, Association Chrétienne des Etudiants de Grèce, 1951), pp.64-73 ; réimprimé dans Foi et Vie, vol.61, n°3, mai-juin 1962, pp.3-20

HISTOIRE DES INSTITUTIONS
Paris: PUF
Extraits de la préface de l’ensemble de l’ouvrage : « Cette histoire des Institutions » est limitée géographiquement. Historiquement, elle ne commence approximativement que vers le Xe siècle avant J.C ; C’est-à-dire qu’elle laisse de côté les institutions des anciens Empires. Elle débute avec l’apparition de la civilisation grecque. Géographiquement, elle est centrée sur la Méditerranée. (…) Dans ce cadre restreint, il convient de préciser le sens que l’on peut donner à l’expression « Histoire des institutions ». Le terme ‘’institution’’ ne doit pas être pris dans l’acception technique qu’il a prise dans le vocabulaire juridique ou dans la doctrine ‘’institutionnelle’’ de la philosophie du droit, mais dans une acception plus large et plus commune : tout ce qui est organisé volontairement dans une société donnée. Ceci déborde quelque peu la notion de droit (ensemble des règles assorties de sanctions établissant les rapports matériels des hommes entre eux et des hommes avec les collectivités). Mais aussi, en tant qu’Histoire, l’Histoire des institutions est différente de l’histoire du droit à deux points de vue : d’une part, elle a pour but de décrire l’évolution des règles et des structures juridiques par rapport au contexte économique et social ; d’autre part, elle considère les phénomènes juridiques beaucoup plus dans leur essence et leur réalité profonde que dans leur manifestation technique ».

Cet ensemble, qui a été une référence à plusieurs générations d’étudiants en droit, est régulièrement réédité. On perçoit chez son auteur le souci de dialectiser le droit, de l’aborder depuis une grille de lecture non objectiviste, non inféodée au Système technicien.

TOME 1 : L’ANTIQUITÉ

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Les institutions orientales ont-elles pénétré le droit romain primitif par l'intermédiaire des Grecs ? Il y a une parenté très visible entre les institutions publiques grecques et celles de la Rome des premiers siècles. L'organisation de la Ville de Rome rappelle celle des villes grecques, la façon de faire les traités internationaux, ainsi que le droit pénal. Des éléments du droit privé aussi sont parallèles. Pour le fond, il reste une profonde différence entre les institutions privées grecques et le droit romain des XII Tables par exemple. L'influence des lois de Solon et des autres lois grecques sur la première législation romaine reste très douteuse. Et d'ailleurs, même si l'on peut admettre, sur certains points, l'influence hellénique, cela n'emporte nullement une influence orientale, puisque nous avons vu la ténuité du lien qui peut exister entre le droit oriental et le droit grec. Nous pouvons donc dire que, pour l'essentiel, le droit romain primitif est autonome. Il constitue un système juridique à part.

1952

Tableau pessimiste, Protestant d'Aquitaine, février, p.4
Pessimisme concernant la guerre en Indochine. Les problèmes économiques de la France, y compris sa dépendance envers les églises états-uniennes comme source de stabilité, l'espoir et la liberté dans la situation politique française turbulente.

Le Grand Jeu de l’U.R.S.S., Réforme, mars
Examen des propositions de l'Union Soviétique en date du 10 mars, concernant l'Allemagne, son unification et son réarmement. Les buts du documents et les actions recommandées.

Propagande et vérité chrétienne, Bulletin du Centre Protestant d’Etudes, Genève, vol.4, n°2, mars, pp.1-10.
Les lois qui permettent l'efficacité de la propagande ne sont pas compatibles avec le témoignage chrétien. Texte d'une lecture d'Ellul au centre protestant d'études.
Résumé disponible in Rencontre, Lausanne, n° 13, mai, pp. 102-105, et Réforme, 11 otcobre, sous le titre "L'Eglise peut-elle faire de la propagande (Eglise et propagande I)"

La science politique, Le Monde, 10 avril

Propagande et institutions, Annales de la Faculté de Droit de l’Université de Bordeaux, série juridique, n° 1-2, p. 35-38.

Strategie der Kirche und Soziologie (Stratégie de l’Église et sociologie), Reformatio: Zeitschrift fur Evangelische Kultur und Politik, vol.1, n°4-5, avril-mai, pp.263-276

La civilisation à l’épreuve, Le Monde, 17 juin
Critique de l'essai de Arnold J. Toynbee, La civilisation à l'épreuve (Paris, Gallimard, 1951)

Maintenant que Tignes est oubliée, Réforme a choisi d’en parler parce que cette histoire est un signe, Réforme, 28 juin
Tignes était un village qui a disparu, submergé par un nouveau projet de barrage. Les mensonges qui sous-tendent l'affaire de Tignes; la nouvelle aube ne promeut pas l'intérêt public, et le bien-être de 500 personnes a été sacrifié à ce projet et à l'idée abstraite de progrès.

Réflexion de détail sur l'article de A. Jacques, Protestant d'Aquitaine, n°39, juin
L'article d'A. Jacques, concernant le véritable espoir et les voeux mal-fondés, était présent dans l'édition de mai.

Propagande et démocratie, Revue Française de Science Politique, vol.2, n°3, juillet-septembre, pp. 474-504; réédition: Cahiers Jacques Ellul n°4, pp. 47-80, 2006
Article complet :
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsp_0035-2950_1952_num_2_3_392151

Un Américain peint par lui-même, Le Monde, 16 septembre
Critique du livre de de Ralph Barton Perry, Puritanisme et démocratie (Paris, Laffont, 1952).

Chronique de la peur : I.La peur ouvrière, Protestant d'Aquitaine, n°42, octobre
Le premier article d'une série sur les sources de la peur contemporaine, et les meilleures réponses chrétiennes, selon la Bible.

La dogmatique de Karl Barth en français, Le Christianisme au XXe Siècle, n°47, 20 novembre, p.416
Critique de Dogmatique, de K. Barth (Genève, Labor et Fides, 1953-1974, 26 volumes)

Trois exemples de l’écrasement de l’homme par la machine, Réforme, 22 novembre
Le travailleur robot (le travail "spécialisé" n'a aucun sens et sépare le travailleur de la réalité); la musique fonctionnelle, destinée à stimuler la capacité de production du travailleur; et "les machines pensantes" qui dépassent les performances des humains dans leurs propres spécialités.

Chronique de la peur : II.La peur bourgeoise
, Protestant d'Aquitaine, n°43, novembre, p.4

L’homme et l’État
, Le Monde, 16 décembre
Critique du livre de B. Charbonneau, L'Etat (Mézères, publié par l'auteur, 1592; 2è édition Paris, Economica, 1988)

L’argent, Etudes théologiques et religieuses, vol.27, n°4, pp. 29-66
réédition : Cahiers Jacques-Ellul n°3 « L’économie », pp. 155-194, décembre 2005
Dans la Bible, l’argent ne se réduit pas à un métal précieux. Il constitue une puissance autonome, participant intégralement du sacré mais littéralement antagonique à Dieu : « On ne peut servir deux maîtres : Dieu et l’argent ». L’argent constitue donc une épreuve pour le chrétien, un perpétuel facteur de tentation. Ainsi le montre le cas de Judas. L’attitude chrétienne par excellence consiste à introduire de la gratuité dans sa vie de tous les jours. Par le don, le non recours au prêt à intérêt, la considération de l’épargne comme une sécurité nécessaire mais trompeuse. Par toute forme de comportement visant à désacraliser l’argent.

Les fondements bibliques de notre responsabilité
, in Notre responsabilité : Actes et travaux du 3è congrès médico-social protestant; Bordeaux, 1-4 novrembre, pp.11-21

Notes sur les facteurs non théologiques de division entre les églises en France
, in C.H. Dodd, G.R. Cragg, J. Ellul, Les causes sociales et culturelles des divisions des églises, Commission "Foi et Constitution", publication n°10 (Cahors, Coueslant, 1952), pp.22-29
Ellul analyse deux facteurs : le conservatisme et le nationalisme.
Autre version : Foi et Vie n°5, septembre-octobre, pp. 412-419

LE LIVRE DE JONAS
Foi et Vie, n°4, mars-avril


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Texte atypique de l’Ancien Testament, le Livre de Jonas est un des objets favoris de la critique anti-biblique tant l’histoire qu’il raconte apparaît au premier regard complètement invraisemblable. Pour Ellul, si ce récit a été placé parmi les textes canoniques, c’est que Dieu y est montré en train de modifier son comportement au fil de sa relation avec l’homme. Il s’agit donc d’un texte prophétique, annonçant le Christianisme.



1953

Ellul amorce une action ecclésiale locale, en organisant chaque mois un culte. D’abord chez lui, dans sa maison de Pessac, puis dans un petit local aménagé, non loin de là, in A temps et à contretemps, pp. 91 sq

Justice doit être faite, Sud-Ouest, 10 janvier
2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 11-12), PyréMonde, 2007
Extrait : « Lundi vont comparaître, devant le tribunal militaire de Bordeaux, les soldats de la division Das Reich, accusés de la tuerie d’Oradour. Le crime est trop grand, la souffrance, non seulement des parents mais de tous les français, trop intense, pour que l’on ne se sente pas soulevé d’horreur (…). Mais l’horreur conduit facilement à la haine. Et c’est vrai qu’il est difficile de ne pas haïr quand on évoque ce drame : rappelons nous que la haine n’est pas invoquée à la justice. Car ce que nous demandons, ce n’est pas une vengeance, c’est la justice ».

Les médecins de Struthof, Réforme, 24 janvier
Réflexions à propos du jugement de Metz ; le mépris des êtres humains n'est pas seulement présent dans le nazisme, mais a envahi toute notre société.

Chronique de la peur III, Protestant d'Aquitaine, janvier, p.5
Il est important que les chrétiens considèrent le résultat de la peur. La peur généralisée en France et en Allemagne a commencé après la première guerre mondiale, et s'est étendue à la plus grande partie du monde, spécialement en Union Soviétique et aux Etats-Unis après la seconde guerre mondiale. Pourquoi la France ne doit pas craindre l'Allemagne.

Chronique de la peur: IV.Les responsables de la peur, Protestants d’Aquitaine, n°46, février
La peur de la guerre nucléaire.

Chronique de la peur: V.Conséquences de la peur, Protestants d’Aquitaine, n°49, mai
Les conséquences politiques et militaires de la peur.

Goettling et Rosenberg, Réforme, 11 juillet
Propagande, opinion publique et exécution de Rosenberg en Amérique, et de Goettling à Berlin Est.

Conclusion au débat sur l'article de Jacques Ellul : Goettling et Rosenberg, Réforme, 11 août
Réponse d'Ellul aux critiques de son article "Goettling et Rosenberg".

Thèse sur la notion de souveraineté nationale, Foi et Vie , vol.51, n°4, juillet-août, pp. 306-310
Ellul présente ce texte à la délégation française lors de la réunion organisée par le Conseil des chrétiens des frontières, et la Post-Fédération française, à Dunford College les 10-12 avril 1953

Chronique de la peur: VI.La Bible et la peur, Protestants d’Aquitaine, n°51, juillet-août
Différences entre la peur qui est le produit de la Chute de l'Homme, et la crainte de Dieu. Le rôle des chrétiens est de montrer au monde qu'il n'est pas nécessaire d'avoir peur.

Réflexions ‘a posteriori’ sur les grèves d’août, Le Monde, 9 septembre

Trafic des piastres, Réforme, 19 septembre
Le scandale des pièces de contrebande entre le Vietnam et Paris, et la commission parlementaire qui a enquêté.

L’Université à Canossa, Le Monde, 14 octobre
La nouvelle réforme de l'université élimine l'indépendance du recteur et politise l'université (Canossa est un château en ruine situé en Italie, Henri IV d'Allemagne s'y est tenu dehors sous la neige afin de recevoir l'absolution du pape Gregory VII en 1077).

Le régime qui n’a pas de nom, Réforme, 17 octobre
Les décrets sont une extension des pouvoirs de l'Etat dans l'économie française et la situation politique actuelle.

Cybernétique et société, Le Monde, 3 novembre; réédité dans la revue française de science politique, vol.5, n°1, 1955, pp.171-172
Critique du livre de Norbert Wiener, Cybernétique et société (Paris, Editions des deux rives, 1953).
Texte entier :
http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/rfsp_0035-2950_1955_num_5_1_402602_t1_0171_0000_001


Concert des maîtres de l’art russe, Réforme, 7 novembre
Critique d'un film soviétique.

Éloge de la paresse, Réforme, 7 novembre
Les français devraient revenirr à leurs racines et refuser de se mettre à genoux devant les slogans productivistes.

Il n’y a pas de Sud-Ouest, Réforme, 7 novembre
Ellul pointe l'hétérogénéité et la non-identité de la région, avec Bordeaux comme capitale.

Le péril est à l’intérieur, Le Monde, 6-7 décembre
L'Union Soviétique présente un petit danger militaire pour l'Ouest, mais le Parti Communiste représente une vraie menace, à laquelle on devrait répondre par une justice sociale et un meilleur style de vie. Ellul prédit un désastre si les ressoources françaises sont orientées vers la défense militaire, plutôt que vers les besoins sociaux.

Responsabilités de la propagande, Les Cahiers de la Pierre-Qui-Vire, sur le thème de "La guerre et les chrétiens", pp.51-63
réédition: Cahiers Jacques Ellul n°4, pp. 149-159, 2006


HISTOIRE DES INSTITUTIONS – TOME 2 : MOYEN-AGE

PAGE DE COUVERTURE

« Les Germains et surtout les Francs ont-ils détruit toute trace de la civilisation et des institutions romaines ? Ce fut l'opinion de beaucoup d'historiens anciens... 
La plupart des historiens du XXe siècle admettent une théorie mitigée : mélange des races et des institutions, persistance des institutions sociales et privées romaines, tendance à la disparition des institutions politiques... Même matériellement, les institutions et le droit romains sont réduits à peu de chose, idéologiquement ils restent décisifs durant cette période. Le droit romain reste le modèle du droit, l'Empire romain reste le modèle du pouvoir. Et le monde actuel vit encore d'un certain nombre de ces formes juridiques et de ces concepts romains. »

Membre du Conseil national de l’Église réformée de France, Ellul reste un marginal au sein du protestantisme, souvent plus apprécié des Juifs et des Catholiques que de ses coreligionnaires. “J’ai pensé qu’une mise en application sérieuse de l’éthique issue de la Révélation chrétienne devrait conduire à une mutation de la société. Et après tout, pourquoi ne pas tenter de lancer l’Église réformée sur cette voie? Mais pour cela, il fallait commencer par procéder à une mutation de cette Église. C’est dans ces conditions et avec cet objectif que je suis entré dans les “instances dirigeantes” de l’Église. J’ai travaillé vingt ans pour essayer de changer ses structures et ses orientations et ne suis arrivé à rien. L’Église réformée n’était vraiment pas l’instrument apte à provoquer la Révolution !” (Correspondance avec Didier Nordon, 1992, p. 106)

L’HOMME ET L’ARGENT (NOVA ET VETERA)
Neuchâtel, Delachaux & Niestlé
> Dernière édition : 2007 (Le défi et le nouveau, œuvres théologiques, 1948-1991, La Table ronde)

hommeargent2Concernant la question de la répartition des richesses dans le monde, l’opinion aujourd’hui la plus largement répandue veut que, s’il y a problème, il vient d’un dysfonctionnement du système économique. Cette façon de considérer l’argent fait abstraction de toute considération morale: on fait ‘’comme si’’ l’homme était rigoureusement neutre, comme si le mal qui siège en lui n’était pas un facteur déterminant et permanent, comme si le capitalisme ou le communisme pouvaient s’édifier abstraitement, sans que son être soit pris en compte. Et plus on sacrifie à la croyance que tel ou tel système peut changer la condition humaine et plus, finalement, on nie la nature humaine : on généralise et l’on renforce l’image de ‘’l’Homme’’ : un homme abstrait, neutre, amoral et irresponsable. De fait, en venir à croire aux vertus de tel ou tel système, revient à s’oublier et se perdre purement et simplement. Et si l’idée de réussite est aujourd’hui indissociablement liée à celle de pouvoir d’achat, si toutes les valeurs du monde se mesurent à l’étalon de l’argent, c’est le signe d’un « désengagement de soi ». Pourtant, il y a plusieurs siècles, le message biblique comportait un enseignement précis sur l’usage de l’argent. Faute de l’avoir entendu et transmis, l’homme s’est laissé posséder par lui. Une pédagogie de l’argent est-elle aujourd’hui encore possible ?...

1954

Les cahiers de la pierre-qui-vire, Réforme, 20 février
Critique du journal du même nom, publié par un moine bénédictin de l'Abbaye de la Pierre-Qui-Vire.


Sur le pessimisme chrétien
, Foi et Vie, vol.52, n°2, mars-avril, pp. 164-180
Les conséquences de la vérité biblique, c'est que "le péché corrompt tout projet humain, social ou politique". Il n'y a aucun progrès humain dans la course de l'histoire. Seul un point de vue chrétien peut-être complètement réaliste. Nous devons réfuter la fatalité, sans illusion concernant notre participation. Cette attitude dépasse la distinction simple entre optimisme et pessimisme.

L’État et la vérité : I.Une politique de la jeunesse, Réforme, 15 mai
Le gouvernement a l'intention de réformer et d'éduquer la jeunesse française. L'extension à venir des pouvoirs de l'Etat représente un danger.

L’État et la vérité : II.La secte de Montfavet, Réforme, 22 mai
Le scandale lié à un culte de guérison, et le rôle de l'Etat dans cette histoire montre combien la "vérité" proclamée par l'Etat est opposée à la foi chrétienne.

Adapter les techniques à l’homme, pas l’inverse, Info Matin, 24 mai

L’État et la vérité : III.La vérité, c’est moi, Réforme, 5 juin
Deux jugements, l'un à Bordeaux et l'autre au Tribunal de la Seine, montrent que l'Etat français joue à Dieu et nous dicte sa vérité, peu importe si cette "vérité" est fausse, et demande à être obéi. Les chrétiens doivent dire "non".

Responsabilité individuelle, Réforme, 12 juin
Critique d'un film de André Cayatte.

La session de septembre, Réforme, 12 juin
Le service de "Paix" qui remplace le service militaire.

Position des églises protestantes à l’égard de la famille, in Robert  Prigent, Renouveau des idées sur la famille, INED, Cahiers de la collection Travaux et Documents, n°18 (Paris, PUF, 1954), pp.269-274


LA TECHNIQUE OU L'ENJEU DU SIÈCLE
Paris, Armand Colin

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Le terme "technique" englobe ici différentes formes: techniques industrielles, techniques de l'État, techniques financières, techniques éducatives, etc.. Ellul montre comment toutes ces techniques sont interdépendantes (constituant du coup LA technique) et comment elles oppressent l'homme : la Technique n'est plus en effet un simple intermédiaire entre l'homme et la nature, mais un processus autonome obéissant à ses propres lois. Rédigé de 1948 à 1950, mais d’abord refusé par les éditeurs, c’est le premier volet de la trilogie ellulienne consacrée à la technique, décrite non comme un “instrument” docile, un simple “moyen”, mais comme un principe d’organisation, charriant avec lui, à l’Ouest comme à l’Est, des bouleversements décisifs et des tyrannies nouvelles. Car non seulement la Technique peut ne pas être un moyen de nous libérer des servitudes imposées par la Nature mais la source d’une nouvelle et incommensurable aliénation.

A l’origine, cet ouvrage était beaucoup plus volumineux puisqu’il comportait plusieurs parties d’ordre théologiques qui ne seront publiées que plus tard sous le titre Éthique de la liberté. > voir 1974


1955

Aperçu du cours de M. le professeur Jacques Ellul sur la Propagande, le Bulletin du Centre Protstant d'Etudes, n°1, janvier-février, pp.10-14


Comment les communistes voient la coexistence
, Réforme, 25 juin

Le communiste parmi nous : un conformiste, Réforme, 23 juillet

La technique contre l’homme, dans "réponses à l'enquête sur les progrès de la technique et de la foi", Protestants d’Aquitaine, n°73, juillet
Ellul et d'autres répondent à un sondage sur le progrès technique et la foi chrétienne.

La liberté chrétienne, Senlis (Oise) : Villemètrie, septembre, p.17
La liberté comme élément fondamental de l'éthique chrétienne, spécialement dans les épîtres de Paul. Une deuxième étude biblique, "Ethique de l'espérance", est annexée.

Avant que l’incendie ne gagne
, Réforme, 22 octobre
Les chrétiens qui s'engagent en politique ne font pas mieux que ceux qui s'en abstiennent. Il n'y a aucune solution pour le problème algérien; les deux côtés sont trop violents, et le nationalisme est toujours mauvais.

L’Église des laïcs
, Protestants d’Aquitaine, n°75, octobre, pp.2-3

Aspects et bilans de la société technicienne, Le Monde, 9 décembre
Critique des livres d'André Siegfried, Aspects du vingtième siècle (Paris, Hachette, 1955), d'Alexandre Barnoux, Bilan provisoire (Paris, A. Michel, 1955), et de René Duchet, Bilan de la civilisation technicienne : anéantissement ou promotion de l'homme (Toulouse, Privat Didier, 1955).

Laïc, mon frère, Revue de l’Évangélisation, vol.9, n°59, décembre, pp.433-438

De l'homme robot et de la technique, Cahiers protestants (1954-1955) > A vérifier


1956

ou
1951 ? Ellul est membre du Conseil national de l’Église réformée de France, qui a pour équivalent dans le catholicisme l’Assemblée des Évêques (jusqu’en 1970 ?), in A temps et à contretemps pages 78 sq.

HISTOIRE DES INSTITUTIONS – TOME 3 : LES XVI-XVIII E SIÈCLES

PAGE DE COUVERTURE

Le Prince est image de Dieu et surhomme. Il faut obéir au Prince comme à Dieu ; à l'issue des guerres de religion, et le catholicisme triomphant, cette formulation à quoi adhérait la majorité des Français devait être une base remarquable de développement de l'absolutisme. On peut distinguer un absolutisme juridique, œuvre de juristes comme Le Bret, qui essaie d'arriver à la notion d'un Etat illimité, mais en fonction de la pratique qu'il a lui-même du pouvoir, un absolutisme pragmatique, œuvre de politiques comme Richelieu, et un absolutisme théologique représenté, par exemple, par Bossuet.

HISTOIRE DES INSTITUTIONS – TOME 4 LE XIX E SIECLE (1789-1914)

PAGE DE COUVERTURE

La mesure de l'égalité, c'est la qualité de citoyen. L'on ne considère pas l'homme en lui-même, dans sa réalité, mais seulement dans sa dimension d'homme politique, appartenant à la Nation. Parmi les hommes inégaux naturellement, il y a un élément toujours semblable : la qualité de citoyen, identique pour tous, là est l'égalité. C'est dans la mesure où il fait partie de la Nation qu'il a des droits, mais réciproquement tous ceux qui font partie de la Nation ont les mêmes droits. On laisse donc de côté le problème de l'égalité humaine ou économique. Il faut seulement garantir au citoyen qu'il sera traité juridiquement comme les autres. Il est titulaire de la souveraineté, c'est un individu détaché des contingences et de sa situation économique et sociale, un être abstrait. Ainsi seulement il est souverain et égal aux autres - à tous les autres points de vue, il est sujet -, il est souverain car il participe à la volonté générale, produit de volontés individuelles déshumanisées, ainsi l'homme ne compte qu'en tant que citoyen.

Le marxisme en Union Soviétique, Réforme, 7 janvier
Critique de l'article du même nom, d'Henri Chambre, sous-titré Idéologie et institutions, leur évolution de 1917 à nos jours (Paris, Seuil, 1955).

L’intellectuel et la technique, Profils, n°14, hiver 1956, pp.24-32

La publicité: sa signification et ses dangers, Coopération : Idées, Faits, Techniques, vol.26, n°3, mars, pp.11-14

Le communisme et la guerre, Réforme, 5 mai
Les communistes veulent la paix entre les nations, mais veulent aussi encourager la défaite du système capitaliste par la guerre.

Le corps de César, Le Monde, 23 mai
La "déstalinisation" devrait être regardée avec suspicion. L'homme Staline est critiqué, mais aucune réforme réelle n'est entrevue. Voir "la tête de César", 24 novembre".

La crise des partis communistes, Réforme, 30 juin

Un instant, M. Foster Dulles
, Réforme, 14 juillet
De 1953 à 1959, John Foster Dulles a été le secrétaire d’État (ministre des Affaires étrangères) du président Eisenhower.

Présence de la Bible (une enquête), Évidences, vol.8, n°58, juin-juillet
Brice Parain et Ellul répondent séparément à la question : "La Bible est-elle la chance de l'homme?" Ellul répond que le monde contemporain veut de la justice et se tourne vers une organisation pour la trouver. Dieu nous donne soif de justice, parce qu'Il est justice Lui-même, et Ses jugements, contrairement aux nôtres, sont justes. La société moderne choisit de ne pas reconnaître cela.

Où vont les partis communistes?, Réforme, 7 juillet

La Guerre froide de Suez: le nationalisme esclave et conquérant, Réforme, 25 août
Les socialismes de Nasser et de Tito sont à condamner, parce qu'ils sont aussi des nationalismes.

Faut-il faire crédit au rapport Kinsey ?, Réforme, 27 octobre

La tête de César, Le Monde, 24 novembre
En dépit des apparentes réfomres en Union Soviétique, qui semblent contredire les prédictions d'Ellul dans "Le corps de César" (23 mai), la situation en Hongrie démontre qu'il avait raison. Les évènements en Hongrie réfutent les propositions de Lénine, lorsqu'il disait que la guerre entre pays socialistes était impossible.

Le pessimisme et la présence au monde, Le Semeur, Vol.55, n°2, pp.51-54
La révélation de Dieu concernant l'humanité n'est ni optimiste, ni pessimiste. Elle insiste sur la présence des chrétiens et leur action spécifique dans le monde.

1957

La vertu est à gauche, Réforme, 9 février

De la gauche, de la vertu, du discernement et de la bonne conscience, Réforme, 9 mars ; réédition in « Jacques Ellul, actualité d’un briseur d’idoles », Réforme hors série, décembre 2004

Information et propagande, Diogène, n°18, avril; réédition: Cahiers Jacques Ellul n°4, pp. 25-45, 2006

Le drame algérien: la guerre et la torture
, Réforme, 4 mai

Enseignement concret, Réforme, 11 mai

La liberté de l’Église, Réforme, 1er juin

Il faut assoiffer Paris, Réforme, 27 juillet

La machine à décerveler, Réforme, 3 août

L’univers concentrationnaire : le fait est là, Réforme, 24 août

1958

La crise de l’opinion et la propagande, Foi et Vie, janvier-février, pp. 4-23

Un cas social, Réforme, 15 février

Opinion publique et démocraties, Le Monde, 20 (ou 29) février
Les méthodes de sondage permettent de connaître avec une assez grande sûreté, sur un point particulier, l'orientation d'une opinion. Mais la recherche de sa signification, de ses processus constitutifs, de ses relations avec les structures politiques et sociales d'un groupe, tout cela reste encore très aléatoire et ne peut en aucun cas directement déduit des analyses. Du reste, il est étonnant d’observer la divergence des interprétations à la question : qu'est-ce que c'est que l'opinion publique ? Ellul fait cependant remarquer que la plupart d’entre elles obéissent toutes à un même présupposé idéologique : le peuple est identique à l'État.
http://www.samuelhuet.com/index.php/kairos/38-nekros/706-jacques-ellul

En pleine morale, Le Semeur, 4 février

Certitudes et incertitudes autour de l’automation, Le Monde, 25 mai

Vanité d’un tombeau pour Nagy, Réforme, 28 juin

Les préfets, larbins du régime
, Réforme, 6 septembre

Sur le oui et le non, Réforme, 27 septembre

Mythes modernes
, Diogène, juillet-septembre

De 1858 à 1977, Jacques Ellul préside un club de prévention de la délinquance juvénile (cf. "Jeunesses délinquantes", écrit avec Yves Charrier en 1971). Il explique lui-même son rôle : « Charrier était venu me demander conseil à la fois sur le plan juridique et spirituel. En tant qu’éducateur dans un organisme public, il trouvait que l’on ne pouvait absolument pas faire un bon travail auprès de gars inadaptés en les maintenant en institution. Autrement dit, il souhaitait s’occuper des jeunes délinquants, non pas en milieu fermé mais dans leur environnement naturel : la rue. Nous avons donc monté ce club de prévention, à Pessac, et j’y ai travaillé avec lui jusqu’à sa mort, en 1969. (Je jouais) un rôle d’intermédiaire : je servais de tampon entre Charrier, la Police, la Justice et la DASS qui lui versait un salaire mais exigeait des garanties. Au fond, j’étais le notable qui couvrait officiellement les activités de ce club tellement marginal. (…) J’allais très souvent au club et les jeunes savaient que j’étais « le patron », comme ils disaient. J’étais très bien accueilli dans ce milieu de types très violents avec qui je n’ai jamais eu de problèmes. (…) Une fois par semaine, je faisais de l’exégèse biblique devant une trentaine de marginaux qui suivaient très fidèlement. (…) Après la mort de Charrier, en 1969, j’ai assumé la direction du club (…) et ensuite, j’ai trouvé un excellent éducateur, Luc Fauconnet. » (A temps et à contretemps, entretien avec Madeleine Garrigou-Lagrange, chapitre 9 ; Patrick Chastenet, Entretiens avec Jacques Ellul, pp. 138-140)

1959

Évangélisation et propagande, La Revue de l’Évangélisation, n° 83, mai-juin, pp. 146-162

Propositions concernant l’attitude chrétienne envers le droit, Réforme n°1, janvier-février ???

L’attitude chrétienne envers le droit, Foi et Vie n°1, date ?, pp. 32-45

Le vrai scandale, Réforme, 21 février

Actualité de la Réforme, Foi et Vie n°2, mars-avril, pp. 39-64

Structures et positions de la droite: une enquête, Evidences, mars

La Réforme et le pouvoir politique: un citoyen comme les autres, Réforme, 23 mai

Vacances et mythe du travail, Réforme, 26 septembre

L’enflure des mots et le danger des choses, Réforme, 31 octobre

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ellul_12

1960

L’armée et la nation, Réforme, 6 février

A propos de la suppression des bureaux d’action psychologique…, Réforme, 20 février

Lénine, Staline et M. K. , Réforme, 12 mars

Hervé Bazin et le Canard Enchaîné, Réforme, 19 mars

La technique et les premiers chapitres de la Genèse, Foi et Vie n°2, mars-avril, pp. 97-113

La pensée économique et sociale de Calvin, Réforme, 7 mai

Réflexions sur la Dolce Vita, Réforme, 9 juillet

Cuba, les USA et la propagande, Réforme, 30 juillet

La nation, Revue de l’Évangélisation, vol. 16, n° 89, mai-juin-juillet

De la guerre et de la désertion (1), Réforme, 6 août

De la guerre et de la désertion (2), Réforme, 13 août

De la guerre et de la désertion (3), Réforme, 20 août

De la guerre et de la désertion (4), Réforme, 27 août

Foi chrétienne et réalité sociale, Free University Quaterly, août

Technique et civilisation, Free University Quaterly, août

De la guerre et de la désertion (5), Réforme, 3 septembre

Notes en vue d’une éthique du temps et du lieu pour les Chrétiens, Foi & Vie n°5, sept.-octobre, pp. 355-374

Christianisme et droit : recherches américaines, Archives de Philosophie du Droit n°5 (La théologie chrétienne et le droit); pp. 3-35

Les relations de l’éthique et de la coopération internationale dans les (?), Ethical Values, date ?

Rapports du l’Église, les œuvres et la pluralité des ministères présenté au comité consultatif de l'Eglise réformée de France le 6 mai
, Église Réformée de France, 6 pages

1961

Les inconscients ; ils ont menacé la démocratie, Réforme, 29 avril

Les paysans ont raison ! Voici pourquoi, Réforme, 9 juillet

Les sociologues ne prennent pas de risques car la sociologie, c’est de la dynamite, Réforme, 16 juillet

Le nationalisme poussé à fond, même toujours aux coups de canon, Réforme, 30 juillet

Vous y croyez, à la décomposition de l’État ?, Réforme, 12 août

L’homme occidental en 1970
, Bulletin SEDEIS Futuribles, Paris : Société d’Études et de Documentation économiques, industrielles et sociales, n° 802, supplément. 2, 10 novembre, 33 pages

Les poèmes mystiques de Saint Jean de la Croix, Réforme, 16 décembre

Essai sur la signification philosophique des réformes actuelles de l’enseignement du droit, Archives de Philosophie du Droit, date ?

Quelle est la signification de la révélation chrétienne pour le droit positif ? , revue ?, date ?

La technique et les premiers chapitres de la Genèse, Foi et Vie, date ?

Ellul est attiré par le mouvement situationniste de Guy Debord, qui s’est implanté à Strasbourg.

1962

Faire éclater Paris, ce serait redonner la vie à toute la France, Réforme, 6-13 janvier

Du beurre ou des canons, Réforme, 11 août

Réalité sociale et théologie du droit, revue?, date

PROPAGANDES
Paris, Armand Colin

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Ellul démontre d'abord que la propagande n'est pas l'apanage des dictatures: même dans les régimes dits "démocratiques", tout pouvoir politique use de propagande, dans le but élémentaire de se maintenir en place. De façon plus générale encore, toute instance de pouvoir, même non politique, use de méthodes de propagande. Par exemple, sous couvert d'un humanisme déguisé, les entreprises: leurs services de publicité et de marketing visent à "créer le besoin" de consommer leurs produits,. Et leurs DRH (Directions des ressources Humaines) "communiquent" avec leurs salariés dansl e seul but qu'ils s’adaptent au mieux à leur cadre de travail et se montrent ainsi plus productifs. On pense bien sûr aussi aux grands médias de presse. Leurs dirigeants se servent de l'information pour valoriser non seulement leurs propres intérêts (ce qu'on appellera plus tard l'audimat) mais aussi ceux de leurs proches (que l'on appellera plus tard les réseaux).

De manière plus radicale, Ellul démontre que la propagande ne se limite pas à une volonté de quelques uns de manipuler beaucoup d'autres. Elle est vécue par un nombre croissant d'individus comme une nécessité et correspond en fait chez eux autant à un besoin de "propagander" qu'à un besoin d'"être propagandé".

Écrit 30 à 40 ans avant l'apparition d'internet et des blogs, ce livre montre à quel point la propagande est d'autant plus subie qu'elle est secrètement recherchée en vue de façonner une certaine image de l’homme et de s'y conformer soi-même.

Car, quand bien même il ne se l’avoue pas, l’homme moderne a besoin de propagande. Il se croit et se dit informé, il est en réalité bombardé d’informations au point qu'il ne peut non seulement se faire une idée précise des événements qui lui sont relatés mais percevoir dans quelle mesure ceux-ci le concernent. Et comme la plupart de ces informations sont de l’ordre de l’accident, de la catastrophe, du fait divers quelconque, l’homme à l’impression de vivre dans un monde toujours plus dangereux, toujours plus oppressant. Il a donc besoin d’explications globales, d’une cohérence, bref, de jugements de valeur constituant une vision générale des choses : c’est ce que lui fournit la propagande.

Plus on est informé, plus on est prêt pour la propagande. Mais, on objectera que c’est au contraire par un surcroît d’informations, de transparence, d’objectivité que l’homme informé pourra forger son propre jugement. Hélas non, répond Ellul, et ce pour deux raisons : Primo, parce que les problèmes de l’époque le dépassent, et qu’il faudrait pour user correctement de ces masses d’information consacrer du temps (plusieurs heures par jour) et beaucoup de travail pour les analyser, les digérer. Sans compter les vastes connaissances préalables indispensables en économie, politique, géographie, sociologie, histoire et autres. Et, bien entendu une capacité de synthèse et une mémoire hors pair… Secundo, parce que l’information qu’on nous délivre est instantanée, surabondante, omniprésente, et le plus généralement constituée de détails. Il est bien rare que l’informateur fournisse un contexte, une perspective historique, une interprétation. C’est justement ce que fera la propagande".

Commentaire amazon : L'homme cultivé et sûr de lui ne croit pas que les mass média puisse exercer sur lui une influence significative. Dans un environnement démocratique, il est de surcroît rassuré par le fait que des opinions contraires s'opposent. Jacques Ellul montre que cet homme est en fait le sujet le plus susceptible aux propagandes. Exposé sans protection à des forces puissantes qui impactent son psychisme, sa capacité de raisonnement est altérée comme celle d'un boxeur recevant une avalanche de coups.


Résumé intéressant : http://adrien637.blogspot.com/2007/06/propagandes-par-jacques-ellul.html

 

Le sens de la liberté chez Saint Paul, Foi et Vie n°3, mai-juin, pp. 3-20

1963

FAUSSE PRÉSENCE AU MONDE MODERNE
Tribune libre protestante, Cahors, Les Bergers et les Mages

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Quinze ans plus tôt, Ellul présentait dans Présence au monde moderne sa vision programmatique du Chrétien dans un monde entièrement dévolu au culte de l’utilité et de l’efficacité. Il se livre ici à une critique en règle du même Chrétien, non seulement parce qu’il ne décèle pas (et encore moins dénonce) au nom du Christ l’idéologie de la Technique mais aussi parce que, derrière tout un paravent de faux-semblants, lui-même se sacrifie à cette idéologie et participe du conformisme ambiant.

Extrait de l’introduction : « Les chrétiens de ce temps ont pris conscience d’une grande vérité : que l’Église n’a pas à vivre repliée sur elle-même et pour elle-même. Elle n’est qu’Église envoyée dans le monde et pour les hommes. (…) Il n’y a pas d’Église s’il n’y a pas de mission dans le monde. (…) Mais le monde dans lequel nous vivons est très complexe, pose des questions très difficiles, présente des obstacles et des pièges assez nombreux. Avant toute chose, ce monde est terriblement nouveau. Pour y assurer une présence vraie, il ne suffit pas de bonne volonté ni de zèle, fussent-ils chrétiens. Bien entendu, on peut dire qu’il suffit de s’engager : le Saint-Esprit pourvoira à tout. Il me semble que c’est une erreur théologique. Dieu a toujours demandé à l’homme d’utiliser des moyens humain et des connaissances. Lorsque nous considérons concrètement les formes et les effets de la présence au monde, nous sommes obligés de nous demander si le Saint-Esprit a compensé les carences manifestes de ces bonnes volontés. Il est évident que les quelques indications que je présentais dans Présence au monde moderne ont paru beaucoup trop intellectualisantes et difficiles. On s’est généralement orienté vers des essais d’une présence plus simple, plus à la portée de tous, plus évidente. Or il ne me semble pas que l’on soit arrivé par cette voie à assurer en quoi que ce soi une attestation de la foi dans la Seigneurie de Jésus-Christ (…). Je tente, dans les pages qui suivent, une difficile et redoutable critique des engagements abondants de ces dernières années.

 

Le droit occidental en 1970 à partir de l’expérience française, Bulletin SEDEIS, Futuribles, janvier

L’homme au pied du mur, Réforme, 4 mai

De la signification des relations publiques dans la société technicienne, L’année sociologique, pp. 69-152; réédition: Cahiers Jacques Ellul n°4, pp. 161-243, 2006

Le sacré dans le monde moderne, Le Semeur, date ?

Sur l’artificialité du droit et le droit d’exception (I), Archives de Philosophie du Droit (suite >1965), date ?

1964

LE VOULOIR ET LE FAIRE: INTRODUCTION A L’ÉTHIQUE CHRÉTIENNE
Genève, Labor et Fides

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Extrait (p. 5) : « Le critère de ma pensée est la révélation biblique ; le contenu de ma pensée est la révélation biblique ; le point de départ m’est fourni par la révélation biblique ; la méthode est la dialectique selon laquelle nous est faite la révélation biblique ; et l’objet est la recherche de signification de la révélation biblique sur l’éthique.»

 

 

Sociologie des relations publiques, Revue française de sociologie (80 pages)

Max Weber: l’éthique protestante et l’esprit du capitalisme, Bulletin SEDEIS, 20 décembre
réédition : Cahiers Jacques-Ellul n°2 (« Pour une critique de la technique »), mars 2004 -
http://new.intura.org/uploads/media/Max_Weber__l_ethique_protestante_et_l_esprit_du_capitalisme.pdf

Extraits de l’article : « Le capitalisme moderne, différent de ce que l’on appelle souvent ainsi dans d’autres civilisations, se caractérise d’abord par une recherche rationnelle du profit. Il suppose donc un calcul effectué en capital. Toutes les opérations sont estimées en argent et font l’objet de comparaisons quant aux résultats en argent. Un second caractère du capitalisme est l’organisation rationnelle du travail libre. Ainsi le calcul exact que doit faire le capitalisme est l’organisation rationnelle du travail libre. Pour arriver à l’organisation capitalistique, il fallait bien entendu réaliser des progrès techniques, une certaine conception du droit, un certain type d’administration. Donc Weber n’isole nullement un caractère ou un facteur. On se trouve en présence dès l’abord d’une analyse rapide de la multiplicité des facteurs, mais à ses yeux, l’un des plus décisifs est la rationalité, avec son aspect concret de rationalisation. Les structures matérielles n’ont été que la conséquence d’un nouvel état d’esprit. L’état d’esprit capitaliste se crée vers la fin du XVIIe siècle, début du XVIIIe siècle.

L’esprit du capitalisme : Weber montre bien que parler de rationalité n’explique au fond pas grand chose, car la rationalité ne vient pas de l’influence d’une philosophie à laquelle on adhérerait par conviction intellectuelle. Weber ne cite même pas Descartes et je lui donne infiniment raison, il cherche plus profond. Quel est le soubassement ? Il faut qu’il y ait eu non pas une adhésion intellectuelle mais un changement de conception de la vie. Il met alors en valeur un aspect essentiel : l’esprit du capitalisme est une éthique. C’est-à-dire que le comportement économique du plus grand profit n’est pas seulement un résultat de l’appétit d’argent ou de puissance, ni une attitude utilitariste : il représente le « bien » (…). Cette transformation d’un comportement économique en valeur éthique, en « sens de la vie » est la plus grande mutation car cette conviction engendre à la fois un style de vie déterminé, individuel, pour atteindre ce bien mais en même temps provoque l’apparition d’une éthique sociale, qui tendra à devenir obligatoire en insérant l’individu dans le comportement économique. »


La propagande et la démocratie, Res Publica: Revue de l’Institut Belge de Science, 20 décembre

Ne pas confondre avec l'article du même nom, publié en 1952 et reproduit en 2006 dans le n°4 des Cahiers Jacques-Ellul.

Propagande et personnalisation du pouvoir, revue ?, date ?

La Technique ou l’enjeu du siècle paraît aux USA sous le titre The Technological Society : début d’une audience d’Ellul dans ce pays.

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1965

L'ILLUSION POLITIQUE
Paris, Robert Laffont

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Dans la société occidentale, le verbalisme politique exprime une double illusion, en même temps qu'il lui donne naissance. Nous assistons au développement de l'illusion de l'homme politique qui croit maîtriser la machine de l'Etat, qui croit prendre des décisions politiques toujours efficaces, alors qu'il se trouve de plus en plus impuissant en face de la rigueur croissante des appareils étatiques. Or, cette impuissance de l'homme politique est voilée précisément par la puissance et l'efficacité des moyens d'action de l'État qui interviennent toujours plus profondément et exactement dans la vie de la nation, et dans celle des citoyens. Mais l'homme politique, fût-il dictateur, n'a finalement aucune maîtrise de ces moyens. Réciproquement, paraît l'illusion du citoyen, qui, vivant encore sur l'idéologie de la souveraineté populaire et des constitutions démocratiques, croit pouvoir contrôler la politique, l'orienter, participer à la fonction politique, alors que tout au plus il peut contrôler des hommes politiques sans pouvoir réel - et s'engage, sur cette double illusion, un dialogue d'impuissants. Dans cette difficile situation, n'y a-t-il aucun remède ? S'il en existait un, il serait, en tout cas, à la fois humble et héroïque.

L'homme occidental moderne est convaincu que tous les problèmes sont susceptibles d'une solution par la politique, laquelle devrait réorganiser la société pour qu'elle soit ce qu'elle devrait être. La politique permet de résoudre des problèmes administratifs, de gestion matérielle de la cité, d'organisation économique. Mais elle ne permet pas de répondre aux problèmes personnels, celui du bien et du mal, du vrai et du juste, du sens de sa vie, de la responsabilité devant la liberté... Cette conviction que les affrontements intérieurs de la personne comme la réalisation extérieure des valeurs sont affaire collective et trouveront leur solution dans l'aménagement politique n'est que la face mystifiante de la démission personnelle de chacun devant sa propre vie. C'est parce que je suis incapable de réaliser le bien dans ma vie que je le projette sur l'Etat qui doit le réaliser par procuration à ma place ; c'est parce que je suis incapable de discerner la vérité, que je réclame que l'administration la discerne pour moi.

Dans la deuxième édition du livre, en 1977, Ellul supprimera l’annexe et ses notes, « la démocratisation du plan économique », pour les remplacer par un postface liant analyse politique et analyse économique.

Des effets révolutionnaires sur l’homme et son milieu, Le Monde diplomatique, mai

Réflexions sur l’ambivalence du progrès technique, La Revue administrative, juillet-août
réédition in 2nde édition de La Technique ou l’enjeu du siècle, Economica, 1990

L’amour et l’ordre, Cahiers du sud, n°383-384, août-septembre, pp. 44-52 – Faculté de Théologie protestante de Montpellier

L’évolution du syndicalisme ouvrier en France , revue ? date ?

Réflexions sur le droit comme représentation f

Sur l’artificialité du droit et le droit d’exception (II), Archives de philosophie du Droit, pp. 191-207 - IEP de Bordeaux

Le grand inquisiteur, Les Cahiers du Sud, date ?

1966

Réponse à M. Merle au sujet de L’Illusion politique, Revue française de science politique, PUF, février 1966, vol. XVI, n° 1, p. 87-100. Voir : MERLE, Marcel. « Sur un livre de Jacques Ellul, L’Illusion politique », Revue française de science politique, PUF, août 1965, vol. XV, n° 21, p. 767-779 OU 1966, vol XVI, pp. 87-100
réédition in Cahiers Jacques Ellul n°5 (« La politique »), pp. 75-91, 2008
Considérant qu’on lui fait un mauvais procès, concernant son livre L’Illusion politique, Ellul argumente.

EXÉGESE DES NOUVEAUX LIEUX COMMUNS
Paris, Calmann-Lévy

exegese2Gustave Flaubert (dans son Dictionnaire des idées reçues) puis Léon Bloy (dans son Exégèse des lieux communs) ont mis à nu les soubassements de la pensée bourgeoise de leur époque ainsi que les clichés mentaux qui en découlèrent. Les temps ont changé, les idées reçues aussi. Mais celles-ci restent aussi vivaces que par le passé. Considérant que les poncifs de son siècle s’enracinent dans le mythe de la technique, Ellul en recense et en analyse une trentaine. La croyance dans le progrès est directement visée : « il n’est de science que chiffrée », « il faut prendre une attitude positive », « la machine est un objet neutre dont l’homme est le maître »… De ce credo né des Lumières découlent un grand nombre d’autres préjugés, principalement sur le registre politique : « l’intérêt général prime l’intérêt particulier », « il faut suivre le cours de l’histoire » (on dirait aujourd’hui « il faut s’adapter »)… Mais, plus radicalement, c’est une image abstraite et stéréotypée de l’homme qui s’en dégage et finalement s’impose dans les consciences : « l’homme moderne est devenu adulte », « le spirituel ne se développe que grâce à l’accroissement du niveau de vie »… Ellul démontre en fait que toutes ces formules sont fallacieuses car elles accréditent l’idée d’une humanité qui croit s’émanciper des superstitions du passé sans mesurer à quel point son triomphalisme a pour prix mille aliénations nouvelles, à commencer par le travail. Il dissèque également un certain nombre de formules (« c’est un fait », « la fin justifie les moyens »…) auxquelles on a tendance à ne pas prêter attention, tant elles sont passés dans le langage usuel, là où elles justifieraient au contraire notre examen critique.

Le ton du livre est souvent polémique, voire caustique, ce qui dessert parfois le propos, mais le regard est parfaitement lucide. Le livre pointe sans doute plus que tout autre le fossé qui sépare Ellul de l’intelligentsia parisienne, dont il dénonce férocement la superficialité.

Extrait : « (Ce sont essentiellement) ces intellectuels bourgeois qui formulent les vérités de la société de demain, qui fabriquent la bonne conscience par l’appartenance au futur et la critique du présent, (…) qui expriment l’assentiment commun, (…) qui diffusent les bons sentiments sur quoi la société prétend s’édifier. Et plus ces formules rencontrent l’adhésion d’hommes de partis opposés, de classes ennemies, plus nous sommes proches du lieu commun. Quand une formule est cent fois ressassée dans les écrits les plus divers, quand elle est admise sans preuve, comme une vérité d’évidence, alors il y a lieu commun. » (3ème édition, 2004, p. 30)

POLITIQUE DE DIEU, POLITIQUES DE L’HOMME
Paris, Éditions Universitaires (collection Nouvelle alliance)

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A travers un commentaire de quelques extraits du second Livre des Rois, Ellul se livre à une étude sur le pouvoir et la responsabilité politique. Les passages choisis mettent en scène différents rois d’Israël et de Juda confrontés à des situations de conflits et dont quelques choix s’avèrent justes devant Dieu mais la plupart ne correspondent pas à la volonté divine. L’occasion pour Ellul de développer une thèse barthienne : un homme ne devient foncièrement libre que lorsqu’il inscrit sa liberté à l’intérieur de la liberté de Dieu.


Un professeur et des étudiants, Le Christianisme au XXe siècle, 10 février

Genève: Conférence mondiale Église et société : technique et théologie, Réforme, 9 juillet
réédition in « Jacques Ellul, actualité d’un briseur d’idoles », Réforme hors série, décembre 2004

Un professeur et des étudiants, technique et technologie
, Réforme, 9 juillet

Sur « Église et société », propos incongrus, revue ?, 24 septembre

The Artist in the Technological Society, Structurist (ou The Sructuralist ?), date ?

Sur la légitimité des concepts en histoire, Rivista di Storia aministrativa, date ?

1967

HISTOIRE DE LA PROPAGANDE
Paris, P.U.F., collection « Que Sais-je ? » (n°1271)

histpropaIntroduction : « La première difficulté rencontrée lorsque l’on parle de propagande, c’est la définition. Or cette difficulté est encore plus grande lorsqu’il s’agit de l’histoire de la propagande. En effet, il n’est pas possible de se servir de la définition que l’on pourrait obtenir par l’observation du phénomène actuel. La propagande actuelle présente des caractères qui ne se retrouvent dans aucun des phénomènes politiques du passé. On est alors obligé ou de choisir une définition très vague qui ne correspond pas vraiment au fait actuel, ou bien, si l’on part de la situation contemporaine, de considérer qu’il n’y a jamais eu de propagande dans le passé. Il est vrai que, sauf exception, on ne parlait guère de propagande. Elle n’apparaît à aucun moment comme un objet scientifique, qu’il faille définir et considérer en lui-même. Il ne serait pas venu à la pensée d’un historien du XIXe siècle d’écrire une histoire de la propagande. C’est la réalité de la propagande moderne qui a attiré notre attention sur ce fait, et qui nous induit à la rechercher dans le passé. Le fait que nous pouvons nommer ainsi, c’est à partir de notre expérience actuelle que nous le pouvons, et un Grec du temps de Périclès ou un clerc du temps de Louis IX n’auraient pas désigné d’un nom particulier le même phénomène que nous isolons parce que nous pouvons y trouver une ressemblance ou une origine par rapport au fait actuel de la propagande. Mais il faut prendre garde d’imposer au fait historique notre vision actuelle des choses.
Une histoire de la propagande porte donc sur deux objets : d’une part, il s’agit de montrer qu’il a existé dans l’univers politique des phénomènes comparables (mais non identiques) à ce que nous appelons aujourd’hui de ce nom (…) et, d’autre part, il s’agit de montrer, pour la période plus récente, comment la propagande est devenue ce qu’elle est, par évolution ou par mutation.
Nous choisirons une définition beaucoup plus compréhensive que celle que nous donnions pour la propagande moderne (Propagandes, p. 74) et, du point de vue historique, nous étudierons l’ensemble des méthodes utilisées par un pouvoir (politiques ou religieux) en vue d’obtenir des effets idéologiques ou psychologiques.

Nous avons dû limiter cette histoire jusqu’en 1920, d’une part à l’Antiquité méditerranéenne, d’autre part essentiellement à l’histoire française. Il était impossible, dans les dimensions de ce livre, de faire une histoire plus étendue. De plus, une histoire de la propagande ne peut être tentée que lorsque les autres secteurs de l’histoire sont relativement connus.

Quant aux divisions historiques, elles reposent sur des caractères communs (que nous pouvons discerner) à la propagande durant une période ou une civilisation. Il nous semble qu’il y a une première période qui va des origines au XVe siècle où la propagande est fragmentaire et liée à la présence d’un propagandiste. Puis une seconde période qui va du XVe siècle au début du XIXe siècle, avec une structuration plus forte de la propagande et l’apparition de moyens de masse, en particulier la presse. Puis la troisième période, de 1789 à 1914 voit apparaître le phénomène de la propagande moderne. Celle-ci se manifestera pleinement durant la Grande Guerre et la Révolution de 1917, période que nous étudierons dans le quatrième et dernier chapitre et à laquelle nous nous arrêterons pour ne pas faire double emploi avec l’étude de Jean-Marie Domenach qui commence à la période léninienne et étudie les formes successives à l’époque contemporaine (La propagande politique, QSJ n°448).

 

MÉTAMORPHOSE DU BOURGEOIS
Calmann-Lévy
bourgeoisLe bourgeois a façonné puis possédé le monde moderne en faisant preuve d’une incroyable capacité d’assimilation de toutes les valeurs. Au point que la classe ouvrière ne conteste plus aujourd’hui la classe bourgeoise : si elle la hait parfois, c’est parce qu’elle lui en veut de disposer de ce dont elle-même se sent privée : elle l’envie souverainement et même (le phénomène de la peopolisation le prouvera plus tard), elle l’admire. Et si l’ensemble de la gauche a totalement intégré la vision du monde bourgeoise (en particulier au lendemain de la seconde guerre mondiale, durant les « trente glorieuses », la période de prospérité économique de l’Occident durant laquelle ce livre est écrit), c’est qu’elle a préalablement fait sienne l’idéal bourgeois, qu’Ellul désigne comme une « idéologie du bonheur ». De fait, on retrouve aujourd’hui cette idéologie au travers de mille mots d’ordre, le plus symbolique aujourd’hui, (car si consensuel) étant « l’élévation du pouvoir d’achat ». Bien avant qu’ils ne s'embourgeoisent éhontément (la "gauche caviar" de la France des années 1980), les socialistes feront de la croissance économique leur idéal, s'alignant en tous points à la droite, au prix du même spectaculaire déni de réalité, c'est--dire en occultant les multiples formes d’aliénations et de nuisances que le credo productiviste génère sur l’ensemble de la planète. Ellul ne se contente pas de décrire cette pénétration de la bourgeoisie dans l’ensemble des consciences. Il l’explique par l’attrait considérable exercé aujourd’hui la technique, allant jusqu’à désigner « le Technicien », comme l’équivalent de ce que fut au XIXe siècle le Bourgeois. Son héritier direct, en quelque sorte.

Extrait : « Le Technicien a recueilli les caractères essentiels de tout ce que le bourgeois a créé (…). Mais, à la différence du bourgeois, il peut être tout d’une pièce, il n’est plus divisé. Il n’est plus un être trouble. Il n’est plus enraciné dans aucun passé. Il n’est plus tiré en arrière. Il n’est jamais réactionnaire. ( …) Il a intégré dans le Tout de sa vie la valeur du progrès. Et, sans en savoir rien, il est libéré de tout scrupule, de tout déchirement par les bulldozers de l’époque bourgeoise, tels Marx ou Freud. Il peut enfin être lui-même, tout simplement, ce que le bourgeois n’a jamais pu tout à fait accomplir. Il n’éprouve plus aucune des contradictions de la conscience bourgeoise, il sait maintenant clairement ce qu’il a à faire, il ne se laisse encombrer ni par des sentiments ni par des jugements moraux. » (2ème édition, 1998, pp. 222-224).

LES CHRÉTIENS ET L’ÉTAT (avec Jacques Jullien et Pierre L’Huillier)
Tours, Mame, collection "Églises en dialogue"

eglchretiensstatEllul rédige la troisième partie de ce petit livre, intitulée « Rappels et réflexions sur une théologie d’État ». Le propos est lui-même structuré en deux parties. La première est consacrée à un « rappel de quelques doctrines » (Calvin, Cullmann et Barth, Leenhardt) ; la seconde à une « problématique de l’État ».

Extrait (introduction) : « Il n’est pas très difficile de tirer une théologie de l’État à partir des textes bibliques. Il n’est pas difficile non plus de procéder à une analyse socio-politique de l’État. La difficulté commence avec la confrontation des deux facteurs ».(conclusion) : « C’est sur le terrain même des valeurs que la société s’est choisie, qu’elle reconnaît et accepte, que l’Église doit se placer pour demander au pouvoir de respecter ces valeurs mêmes : non pas qu’elles soient chrétiennes ou correspondent aux données d’une éthique chrétienne, mais elles sont la condition, à la fois d’une possibilité d’ordre, d’une possibilité de civilisation et de ce fait d’une possibilité de proclamation de l’Évangile. L’Église doit prendre absolument au sérieux la parole, la déclaration du pouvoir ou l’expression des courants de la société. Si l’État déclare qu’il veut à tout prix la paix, par exemple, alors l’Église, au lieu de se tourner vers les autres nations pour leur dire « Voyez comme notre État est admirable, c’est vous les fauteurs de guerre », doit se tourner vers son État et lui dire « Dans ces conditions, supprimez l’armée, les dépenses militaires et la propagande contre les autres ». Cette exigence de l’Église envers l’État, en se plaçant sur son terrain même, est l’expression du sérieux avec lequel l’Église écoute l’État, et l’incarnation de l’engagement authentique mais non passionnellement politisé ».

 

Sur la révolution technique et ses conséquences pour l’action morale et politique, Concilium : revue internationale de théologie, juin, n° 26, p. 89-97.

Sur l’Université de Bordeaux : défense du maître, Réforme, 4 février

Si Mendès-France était élu, Réforme, 18 février

Mon Dieu, mon Dieu… pourquoi m’as-tu abandonné ?, Réforme, 18 mars

Le facteur déterminant des problèmes et de l’évolution de la société…, Sciences (?), mars-avril

La technique peut-elle être la mère d’une civilisation ?, Terre entière, n° 22, mars-avril, pp. 6-27

Être malade aujourd’hui, L’illustre Protant (?), 6 avril

Faut-il condamner la jeunesse inadaptée ?, Réforme, Le Christianisme au XXe Siècle, 25 mai

Il faut sauver Israël, Réforme, 24 juin
réédition in Israël, Chance de civilisation, Première partie, 2008 (pp. 105-107)
Cet article est le premier d’une longue série d’un genre nouveau qu’Ellul consacre à l’état d’Israël. Il survient deux semaines après la Guerre des Six Jours, déclenchée par Israël contre une coalition (la Ligue Arabe) composée de l’Egypte, la Jordanie, la Syrie et l’Irak, à la suite du blocus du détroit de Tiran aux navires israéliens par l’Egypte, le 23 mai. En moins d’une semaine, Israël a triplé sa superficie. La prise de la Vieille Ville de Jérusalem prend une dimension symbolique : annexée, la cité des « trois religions du Livre » devient la capitale d'Israël, ce qui sera pas reconnu par la plus grande partie de la communauté internationale et qui va provoquer le conflit israëlo-palestinien, qui dure toujours, les Palestiniens exigeant la création d’un État et le droit de réoccuper la partie ancienne de Jérusalem. Non seulement la plupart des gouvernements du monde ne soutiendront pas Israël dans le conflit qui l’oppose au monde arabe mais la quasi totalité des intellectuels de la planète ainsi que l’ensemble de la communauté chrétienne. Jusqu’à la fin de sa vie, en 1994, Ellul n’aura de cesse de développer une argumentation contraire et il le fera précisément en tant que chrétien : « (…) pour une seule raison : Israël est et reste le peuple élu par notre Dieu. Il est le seul peuple élu, donc le peuple que nous devons aimer et protéger par dessus tous les autres, quelles que soit ses fautes, ses erreurs, ses torts. Israël est le peuple élu par qui le salut est venu pour nous, et pour cela nous devons manifester de toutes les façons notre reconnaissance et notre fidélité à ce peuple ».

Ce point constitue le seul domaine où Ellul adopte une position inconditionnelle ; raison pour laquelle celle-ci sera parfois contestée jusque chez certains qui soutiennent sa pensée et oeuvrent à la promouvoir. C’est pourquoi, paru en 2008, l’ouvrage posthume Israël, chance de civilisation, qui rassemble une soixantaine d’articles sur le conflit israëlo-arabe a le mérite de développer l’argumentaire d’Ellul sur cette question, au fil des trente dernières années de sa vie.

Sur la révolution technique et ses conséquences sur l’action morale et (?) , revue ? , date?

A propos du drame de Pessac : jeunesse inadaptée, Le Monde, 2 septembre

La révolution et ses contrefaçons, Réforme, 28 octobre

Le droit biblique d’après l’exemple de la royauté et les cultures orientales
f

Rappels et réflexions sur une théologie et l’État
f

Information et vie privée, Foi et Vie n°6, novembre-décembre, pp. 52-66

La responsabilité de la société dans la guérison du malade f

Le sens de l’histoire, Dialogo

1968

Toujours influencé par le situationnisme, Ellul suit de très près les événements de mai: “Tout a raté quand ils ont prétendu faire la “Révolution”, renverser de Gaulle, lancer la classe ouvrière en avant. Comme si une révolution actuelle pouvait se faire avec des barricades dans la rue et conserver le style 1848 ou même 1917 ! Les étudiants ont confondu une révolution sectorielle possible avec le mythe de la révolution en soi”.

Mise en question de l’Université f

Faut-il se conformer au siècle présent ? f

La contestation dans l’Université, Sud-Ouest, 24 juillet
2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 13-15), PyréMonde, 2007

Marcuse, Vidil et moi f

Que restera-t-il du projet de loi au moment de l’application ?, Sud-Ouest, 21 septembre
2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 16-17), PyréMonde, 2007

Jésus-Christ f

Le règne de l’information: au prix de l’authenticité ? Réforme, 7 décembre
réédition in « Jacques Ellul, actualité d’un briseur d’idoles », Réforme

hors série, décembre 2004Absolutisme, Encyclopedia Universalis

Monarchie, Encyclopedia Universalis

Notes innocentes sur la « question herméneutique », f

Terrorisme et violence psychologique, f

1969

A la mort du pasteur Jean Bosc, avec qui il avait fondé les Associations professionnelles protestantes, dans le but d’aider à concilier au quotidien la pratique d'une profession et l'engagement chrétien et qui lui avait fait découvrir l'œuvre de Karl Barth, il lui succède à la direction de Foi et Vie, qu'il assurera pendant 17 ans.

AUTOPSIE DE LA RÉVOLUTION
Paris: Calmann-Lévy

autopsie_revolution2Le premier ouvrage de la trilogie ellulienne consacrée à la révolution (avant De la révolution aux révoltes, en 1972, et Changer de révolution, en 1982) retrace une histoire des révolutions (1789 et 1917 surtout). Ellul démontre que les mouvements de 1968 ne présentaient aucun caractère révolutionnaire.

Marx s’est trompé sur la signification qu’il prête au mouvement de l’histoire : celui-ci ne va pas dans le sens de la résolution de la lutte des classes, il ne met pas un terme à la distorsion existant entre l’économique et le politique et ne précipite pas la chute de l’État. Il va tout au contraire dans le sens d’un renforcement de l’État. Cette erreur est grave car tous les socialistes et les marxistes qui ont déclenché les révolutions par la suite en croyant aller dans le sens de la « reconnaissance réciproque » n’ont en réalité que contribué à affirmer davantage la puissance de l’État : en fin de course, ils l’ont rendu totalitaire (pp. 93-102 et 188-201). La révolution trahit donc ses aspirations et réalise le contraire de ce à quoi sa théorie en appelle : elle n’est, à bien y regarder, qu’une crise de croissance de l’État (p. 190). Cela dit, pour Ellul, une révolution reste nécessaire, mais dont les motivations ne se limitent pas au registre des revendications matérielles. Nous sommes même au contraire invités à quitter les rails de la croissance économique. Hélas, les conditions qui permettraient à cette révolution de se concrétiser ne sont pas réunies car « il y a un prix à payer » qui est jugé trop lourd : « la diminution de l’efficacité dans tous les domaines (…, productivité, etc…), la régression du bien-être individuel, le tassement des grandes œuvres collectives et l’effacement progressif de la culture de masse ». Un projet véritablement révolutionnaire ne peut se fonder sur aucune idéologie, aucune pensée collective et figée, mais au contraire sur trois principes admis par chacun dans sa singularité, voire dans sa solitude. C’est tout d’abord la prise de conscience croissante de cette singularité, condition sine qua non de devenir un individu réellement et durablement autonome (p. 330). C’est ensuite l’attitude contemplative et ascétique, seule antidote possible à l’activisme qui est la caractéristique première du Système technicien (pp. 134-135). C’est enfin une rigueur et une honnêteté intellectuelles continuellement soutenues : l’erreur majeure de « 68 » a été de croire que l’on pouvait détruire la société de consommation et l’ordre bourgeois dans la fête : la fête n’est elle-même qu’une consommation comme une autre : la bourgeoisie n’a du reste aucune difficulté à «récupérer» cette fuite dans l’irrationnel pour consolider son pouvoir, en orchestrant elle-même le Spectacle, via les médias, et en se posant elle-même comme « libérale ». Tout cela n’est qu’un simulacre. L’imagination est vraiment «au pouvoir» lorsqu’elle se colle au réel, non quand elle le fuit. Le simple fait que « 68 » ait été spectaculaire est la marque même de son échec (pp. 135 sq). A la fin de l'ouvrage, Ellul présente le personnalisme des années 30 et l’Internationale situationniste des années 60 comme deux mouvements ayant réellement mené cette analyse de fond, chacun à sa manière (chrétienne pour le premier, anti-chrétienne pour le second). En cela, il les considère comme des entreprises de qualité bien supérieure au marxisme. Il indique les raisons pour lesquelles ces mouvements sont cependant restés sans lendemain.

>>>> Lire Entre politique et technique de Maurice Weyemberg

La jeunesse force révolutionnaire ? f

L’information dans la société technicienne f

Inadaptation des jeunes, signe d’une société, f

Cain, the Theologian of 1969,

Comment nommer la société actuelle ? Enquête f

Un pamphlet prospectif La Méritocratie in mai 2033 (?), f

A l’écoute du monde… et de Dieu, f

Jean Brun : la société du vertige, f

 

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1970

L’information aliénante, Économie et humanisme, mars-avril, n° 192, pp. 43-52

Drogue et société, f

A propos de Tous en scène, f

Sur une théologie de l’information, f

Le centenaire de Lénine: révolutionnaire, mais… , f

Israël devant l’appel de Beyrouth
, Réforme, 30 mai
réédition in Israël, Chance de civilisation (pp. 108-112), Première partie, 2008
Du 7 au 10 mai à Beyrouth la Conférence mondiale des Chrétiens pour la Palestine a réuni 400 chrétiens venus de 37 pays. Dans un « appel aux Chrétiens du monde entier », ils affichent leur soutien au « peuple palestinien ». Ils écrivent notamment : « Affirmant que l’Évangile nous révèle un messie dont le royaume n’est pas de ce monde tout en se manifestant dans ce monde, nous refusons la manipulation des textes bibliques à des fins de puissance. Étant contraire à l’esprit du christianisme, l’interprétation sioniste de ces textes nous paraît inacceptable pour les Chrétiens, comme elle est inacceptable pour les Juifs fidèles à l’interprétation spirituelle de l’Ancien Testament. Elle conduit en fait à légitimer par l’Écriture Sainte les graves injustices qu’ont subies le peuple palestinien et les autres peuples arabes, devant lesquels la conscience humaine ne peut que s’insurger. Ainsi l’état sioniste, comme tout système politico-religieux s’appuyant ou non sur une foi vivante, s’oppose à la dignité et à la liberté de l’homme » (texte complet de l’appel : http://lesogres.org/article.php3?id_article=1263 ).
Les 24 et 25 mai, le journal Le Monde a publié les réactions de quelques ses lecteurs, qui vont dans le même sens. Alors qu’il ne s’était plus impliqué sur la question d’Israël depuis 1967, Ellul prend ici position dans la mesure où les arguments énoncés dans l’Appel de Beyrouth lui paraissent irrecevables en tant que Chrétien lui-même.

Les Chrétiens et la conférence de Beyrouth, le Monde, 31 mai / 1er juin
réédition in Israël, Chance de civilisation (pp 113-115), Première partie, 2008
Le courrier d’Ellul (qui condense l’article paru dans Réforme) se termine en ces termes : « J’admets que n’importe qui, y compris les chrétiens, déclare : Nous aimons passionnément les Palestiniens, nous détestons les Juifs d’Israël, nous croyons qu’ils sont d’affreux colonialistes, capitalistes, impérialistes, bellicistes alors que les peuples arabes ont rempli tous leurs devoirs envers leurs frères palestiniens, et qu’ils sont doux, bons persécutés, pacifiques. Cela se situe au niveau des croyances et des affinités passionnelles : je n’ai rien à y redire. Mais je ne puis accepter que l’on vienne recouvrir cela d’un manteau chrétien d’affirmations selon lesquelles il s’agirait du combat pour la justice, la dignité, et d’une construction théologique. Ici pour moi commence le scandale ».

Cet article et celui paru dans Réforme constituent l’amorce d’une longue analyse dans laquelle Ellul va considérer l’antisionisme comme une forme déguisée d’antisémitisme.

Le peuple de la parole, Foi et Vie n°4, juillet-août (à vérifier)

Kierkegaard ou l’anti-théologie
, Foi et Vie n°2, mars-avril (à vérifier)

Le possible et l’illusoire,

Appel à la mauvaise volonté,

Proche-Orient : existe t-il une « nation » palestinienne ?, Réforme, 5 septembre
réédition in Israël, Chance de civilisation (pp. 116-119), Première partie, 2008
« Pour la plupart des intellectuels de gauche, cela ne fait pas de doute : il y a une nation palestinienne. (…) Or nous sommes ici en présence d’une question très grave. (…) L’affirmation de la nation palestinienne est une pure et simple affaire de propagande. Car il n’y a strictement qu’un seul élément par lequel on définit généralement une nation chez les Palestiniens, à savoir l’unité de langue. A part cela, il n’y a ni unité d’origine, ni histoire, ni création d’une œuvre de culture ou de civilisation commune ni organisation juridique et étatique ».

Nous autres, primitifs, f

Les religions séculières, Foi et Vie, n°5-6, novembre-décembre, pp. 62-78

L’introuvable droit de l’information, Les Cahiers du Luxembourg ; No 24 : L'information ; Eglise réformée du Luxembourg, pp. 12-14

Le phénomène hippy,

1971

L'IMPOSSIBLE PRIÈRE
Paris, Centurion;

prire

Pour trouver sa juste position dans le monde, il est nécessaire de se poser : de cesser d’agir afin de trouver d’authentiques et sérieuses raisons d’agir, ce qui induit une spiritualité. Mais que vaut la spiritualité dans un monde hyper matérialiste, entièrement dévolu à l’action et dans lequel la technique élève l’efficacité au rang de valeur en occultant tout ce qui touche à l’intériorité ? Pour le Chrétien, la prière est d’autant plus nécessaire qu’elle apparaît impossible. En fait, elle ne devient possible pour moi que si je suis d’abord convaincu qu’elle n’est pas un moyen d’infléchir Dieu mais de lui livrer ma parole. Dieu, en effet, veut avoir affaire à un être libre et responsable. La prière, en tant que parole, est un moyen de poser ma vie devant Dieu, de dialoguer avec lui, et par là même de me construire en tant que sujet, afin de pouvoir opposer une résistance aux multiples forces de séduction du monde qui, elles, me rabaissent au rang d’objet parmi les objets.

JEUNESSE DÉLINQUANTE: UNE EXPÉRIENCE EN PROVINCE
avec Yves CHARRIER
Paris, Mercure de France

j.delinquante

Conscientisation et témoignage intérieur du Saint-Esprit, Cahiers de Villemétrie,

Les Chrétiens dans l’aventure technicienne, f

A propos du rapport de M. Jacques Maury au synode national de l’Eglise reformée de France,

Si je t’oublie,

Menaces sur la laïcité, f

Le néo-romantisme moderne OU Le néo-romantisme, Contrepoint,

La spécificité du Christianisme, Mélanges en l’honneur de Jean Bosc,

Théologie dogmatique et spécificité du christianisme, Foi et Vie n° 2-3-4, pp. 139-154

Monarchie

L’irréductibilité du droit à une théologie de l’histoire, actes d’un colloque ? Paris, Aubier-Montaigne, pp. 50-7

1972

DE LA RÉVOLUTION AUX RÉVOLTES
Paris, Calmann-Lévy

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Une révolution est-elle encore possible dans notre société technicienne ? C’est la question que pose cet ouvrage qui répond directement à Autopsie de la révolution (1969), lequel présentait la révolution comme le stade avancé de la révolte, car enrichi par l’apport théorique. Mais dans la mesure où cet apport théorique n’est pas pertinent (du fait que l’homme prétendu critique n’est nullement conscient de son aliénation par la technique et par l’État), toute aspiration révolutionnaire est vouée à l’échec. S’il faut donc se défaire de cet apport théorique parce qu’il est fallacieux, c’est qu’il faut aussi en revenir aussi au spontanéisme de la révolte… Mais là encore la question revient : dans la mesure où le bien-être matériel, à défaut d’être une réalité pour tous, reste la valeur la mieux partagée, contre quoi se révolter ?
Extrait : « La révolte est désormais tout ce que l’homme peut entreprendre. Car sa révolution, s’il essayait de l’amorcer, serait une révolution sans projet. L’homme éprouve un malaise qu’il ne sait définir. Il nomme absurdement des ennemis que n’en sont plus. Il clame des mots – impérialisme, anarchie, décolonisation. Mais derrière tant d’images factices ou périmées, c’est son être même qui proteste contre un état de choses qu’il ne sait pas nommer, qui lui est profondément étranger, dans lequel il ne veut pas entrer, auquel il ne veut pas participer. Il sent, il éprouve que ce n’est pas possible de continuer ainsi. Mais, en même temps, il voit bien l’échec de toutes les révolutions. Il sent que la révolution est une voie maintenant fermée. Il se trouve pris dans la contradiction terrible de faire sauter cette société qui l’enserre sans, le plus souvent, le contraindre par la violence, mais qui le séduit, le détermine, le corrompt. Et le voici, en lui-même partagé, car toute une part de son être le porte dans le sens de cette société. Il la veut, il s’en fait complice. Il désire tout ce qu’elle lui offre et lui prépare. Il s’enthousiasme pour ses œuvres et ses réalisations. Il veut accéder au bonheur, précisément celui que lui donne cette société-là. Il veut consommer et jouir. Mais, tout soudain, le même aperçoit dans un brouillard le vide et l’absurde. »

Extrait plus long (pp. 346-359) :
http://www.initiationphilo.fr/articles.php?lng=fr&pg=286


CONTRE LES VIOLENTS
Paris, Centurion (collection Révisions)
réédition in Le défi et le nouveau, œuvres théologiques, 1948-1991, La Table ronde, 2007

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Ellul reprend les acquis de ses travaux sociologiques pour mettre en valeur le caractère universel de la violence, notamment dans l’État, qui n’est fondé et ne subsiste que sur et par la contrainte. L’homme étant ce qu’il est, il n’a jamais créé de modèles de vie collective ne reposant pas sur la contrainte, donc sur la violence. Face à cette universalité de la coercition, Ellul présente la contestation de l’Évangile qui ne permet aucun compromis avec la violence : Jésus n’a pas vaincu les autorités en étant plus puissant qu’elles mais au contraire en les dépouillant par la non puissance de la Croix.

 

L'ESPÉRANCE OUBLIÉE
Paris, Gallimard
réédition : La Table Ronde, 2004

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Il n'y a pas d'espoir raisonnable de transformer le monde. C’est pourquoi "ramener l'homme à la réalité, c'est parfois l'engager au désespoir" (référence à Kierkegaard): "j'essaie de fermer les fausses issues du faux espoir de l'homme; ce que l'on prend pour du pessimisme. Vivre avec cet espoir, c'est laisser les situations empirer jusqu'à ce qu'elles deviennent effectivement sans issues". C’est entretenir les illusions. À l'espoir "refus du réel, refuge pour ne pas voir", Ellul oppose l'espérance, qui “n'a de sens, de lieu, de raison d'être que là où rien n'est effectivement plus possible". Tel Paul reprenant les termes d’Abraham (Rom. 4, 18), Ellul "espère contre toute espérance". Pessimisme et espérance sont donc liés car l'ouverture à l'espérance passe par la critique de toutes les illusions: "L'espérance n'a de sens que par rapport à un pessimisme du réel: si nous sommes optimistes, inutile de faire appel à l'espérance".

L'effondrement des utopies et des totalitarismes, le bilan terrifiant des messianismes terrestres, le règne inhumain de la technique et du marché marquent-ils la fin de toute espérance ? Non, répond Ellul dans ce livre prophétique qu'il considérait comme le plus crucial de ses écrits. Au contraire, sans l'espérance, l'évidence du Mal radical pousserait l'humanité au suicide, le quotidien deviendrait une machinerie intolérable, et notre condition tragique tournerait à une condamnation sans retour. Car seule l'espérance permet à l'homme de s'affranchir du mensonge, de s'arracher à ses déterminismes désespérants, de soulever l'histoire. Or, l'erreur fondamentale du XXe siècle aura été de vouloir la séculariser, d'en éradiquer la verticalité, d'ignorer que l'espérance ne trouve source et sens qu'en la transcendance. Généalogie critique du siècle écoulé, de ses rêves et de ses cauchemars, ce livre est d'abord un grand traité, vivant, de morale active, appelant au "courage du réel".

Plaidoyer contre la défense de l’environnement
in France Catholique, janvier (12 pages)
Premiers paragraphes : « Lorsqu’il y a trente ans quelques rares originaux dénonçaient la destruction du cadre naturel, l’emploi de produits chimiques apparemment bénins mais réellement nocifs, la perturbation des “cycles naturels” ; lorsqu’il y a vingt ans, avec plus de précision, on essayait d’alerter l’opinion sur les “nuisances” (le mot n’était pas encore à la mode) en prenant des cas précis tels ceux de Lacq, du DDT, des pesticides ; les réactions provoquées étaient de commisération : pessimiste, anti-technicien, rétrograde, médiéval, romantique, tels étaient les épithètes habituels qui répondaient à ces ‘’vues simplistes de Cassandres de Café du Commerce’’ (...) Or, hélas !, tous les faits depuis vingt ans nous ont donné raison. Et ce sont parfois les mêmes qui nous attaquaient si vivement qui aujourd’hui entrent avec ferveur dans la « défense de l’environnement ». Si maintenant je dis non à cette défense, ce n’est pas parce que j’ai changé d’avis, mais parce que je refuse le mensonge d’une pareille entreprise. Car il n’y a strictement aucune mesure proposée qui soit apte à défendre l’environnement : il y a seulement des illusions et des faux-semblants qui permettent de se donner bonne conscience et sécurité. »

Ensemble de l’article :

http://netmc.9online.fr/pdf/documents/ellul_environnement.pdf


Le problème de l'éthique sociale d'un point de vue réformé in Une morale chrétienne pour la société ?, Paris, Desclée de Brouwer, pp. 45-56. « Recherches et débats » # 76.

Témoignage et société technicienne, in Enrico Castelli, dir. Le témoignage (actes du colloque organisé par le Centre international d'études humanistes et par l'Institut d'études philosophiques de Rome en janvier 1972). Paris, Aubier, Éditions Montaigne, 1972, pp. 441-455.

Les contradictions, f

Les bonnes résolutions et leurs limites, f

Les mensonges, f

Enseignement de la théologie : la recherche d’un nouveau statut, f

L’interférence du politique dans le christianisme protestant d’aujourd’hui,

Notes préliminaires sur « Église et pouvoir », Foi et Vie n° 2-3, pp. 2-24

La politique dans l’Église aujourd’hui, Contrepoint,

Aliénation par la technique : les dieux masqués Réforme, 2 décembre
réédition in « Jacques Ellul, actualité d’un briseur d’idoles », Réforme hors série, décembre 2004

Le sexe ou la mort, f

Les structures de la liberté, Istituto Academico di Roma

Réflexions sur la révolution, la plèbe et le tribunat de la plèbe, Quaderni Camerti di Studi Romansitici

Le tribunat de la plèbe comme institution révolutionnaire
, Index

1973

Bernard Charbonneau entraîne son ami Jacques Ellul dans la fondation du Comité de défense de la côté Aquitaine, afin de résister aux projets de la M.I.A.C.A. mettant en avant les risques que ferait encourir un tel canal pour les écosystèmes naturels. Grâce à leur intervention, la mission décidera, en 1976, à demander une étude scientifique sur les dégâts écologiques. Les réalisations de la M.I.A.C.A. seront finalement plus réduites que ne le prévoyaient les plans des développeurs.

LES NOUVEAUX POSSÉDÉS
Paris, Fayard
réédition : Les Milles et une Nuits, Fayard, 2003

possedes1973

Il est courant aujourd'hui de présenter notre société comme laïcisée, sécularisée, et l'homme moderne comme adulte, majeur (ou tendant à l'être!), ne s'intéressant plus à la religion, mais, de plus en plus marqué par la Science, devenant rationnel. Or, si nous considérons les faits, sociaux ou psychologiques, nous constatons au contraire la multiplication des comportements et structures religieux, collectifs ou individuels. Magie et sorcellerie aux Etats-Unis comme en Europe occidentale, expansion du Zen et de l'irrationnel, religions politiques, invention d'un nouveau sacré dont notre monde est imprégné, et bien d'autres phénomènes qui ne sont pas des survivances d'un passé dépassé, mais au contraire des créations nouvelles bien vivaces, liées aux structures et à l'esprit de notre société. 
Quel est alors le malentendu? Il tient au fait que le recul concerne le christianisme. Or, les Occidentaux ont complètement assimilé christianisme et religion. Donc l'affaissement du christianisme est traduit par le concept d'un homme areligieux. Mais, précisément, la religion ne s'inclut pas dans le christianisme, et, pour bien des théologiens chrétiens modernes, le christianisme n'est pas une religion. 
Il faut donc séparer les deux faits et considérer l'explosion religieuse de notre époque en dehors des cadres du christianisme et même des «grandes religions» traditionnelles. Or, la singularité, la nouveauté tiennent à ce que ce mouvement religieux moderne se produit dans une société technicienne, par rapport à elle, en fonction d'elle. Et même, on pourrait dire que les nouvelles religions sont provoquées par la croissance technique. Tel est donc ce problème auquel ce livre essaie de répondre : quelle est la situation de la Religion dans le monde technicien? Elle est plus florissante que jamais!
Il est de bon ton de proclamer que la religion relève du passé et que l’homme est devenu adulte grâce à son usage de la raison. A contre-courant de cette idée répandue, Ellul signale un vigoureux regain du religieux dans les comportements, qu’ils soient individuels ou collectifs. D’où vient le malentendu ? De l’amalgame entre christianisme et religion, amalgame lui-même nourri par l’Église pendant plusieurs siècles, au fur et à mesure qu’elle s’institutionnalisait. S’il est certes pertinent de parler de déclin du christianisme, il est en revanche imprudent de conclure à une déperdition du sacré, du mythe et de la religion. Le sentiment religieux n’a nullement disparu, il s’est simplement déplacé du terrain de la transcendance à celui de l’immanence. La politique, par exemple, n’est rien d’autre qu’une religion séculière. Et si ce déplacement n’est pas perçu comme tel, c’est que l’on occulte volontiers le fait qu’en affinant toujours plus ses techniques, l’homme « moderne » se pose en démiurge et réalise le mythe de Prométhée, ayant oublié Dieu pour se considérer comme un être autonome. Afin de se donner bonne conscience, il justifie son usurpation en érigeant sa propre croyance en état de fait indiscutable, s’interdisant donc toute autocritique en profondeur mais en élaborant précisément de nouvelles religions qui l’exemptent d’exercer sa conscience morale.
Nota : le fait que l’« éthique » soit si souvent invoquée de nos jours atteste que cette conscience morale, éminemment individuelle, fait défaut. On invoque « l’éthique » comme on attend Godot (car il n’existe aucune morale collective qui ne soit ancrée dans des convictions individuelles) et… quand il est déjà trop tard.
Via ses réalisations techniques, « l’homme moderne » crée un environnement qu’il substitue à la nature mais qu’il ne maîtrise pas plus qu’il ne maîtrisait la nature et qui, au contraire, l’aliène ! « Ce n’est pas la Technique qui asservit mais le sacré transféré à la Technique » (édition 2003, p. 316). Constatant ses échecs mais refusant d’en reconnaître la responsabilité, l’homme élabore donc de nouvelles religions afin d’y remédier. La première d’entre elles, la politique, n’apparaîtra une illusion, un faux remède, que lorsque le mal initial, l’orgueil, aura été diagnostiqué. Sinon, cette nouvelle religion ne cessera de l’obséder et, en définitive, de le posséder. CAUDA POUR LES CHRÉTIENS Pour autant, briser ce cercle vicieux « aliénation par la Technique – illusion par la politique » ne peut s’opérer par décret car « tout se joue en dehors des limites du volontaire et du conscient » (ibid, p. 318). « S’il n’y a pas un transcendant (auquel se référer), aucune critique sérieuse de la religion ne peut se faire » (p. 322). La démythisation du monde moderne ne peut s’opérer de façon intellectuelle mais seulement depuis la vérité de l’Évangile : elle est la prérogative de la Parole de l’Évangile (pp 339-340). Et elle doit s’exercer non pas sur les mythes anciens (pour la raison qu’ils ne sont plus dangereux) mais sur les tentatives mêmes qui prétendent nous en délivrer et qui, elles, sont de véritables mythes qui s’ignorent, quand bien même elles se prétendent critiques (p. 343). L’alternative est simple : soit l’on croit (croyance) à l’efficacité de ce prétendu esprit critique, soit l’on croit (foi) à la puissance libératrice et fédératrice de l’Esprit Saint. « Le combat de la foi n’est pas un combat contre l’homme (…) mais un combat pour sa liberté » (p. 348).

Les antinomies de la foi chrétienne et du progrès, Lumière & Vie, tome 22, janvier-mars, pp. 69-80

Le mythe de l’environnement, Cahiers de l’ISEA (Institut de science économique appliquée, septembre, série F, n° 25, tome VII, n° 9, « Économies et sociétés : premiers jalons pour un théorie de l’environnement », p. 1540-1554. (16 pages)

Responsabilité d’église,

Un monde clos, f

Une jeunesse triste
, f

La perversion des valeurs, f

Pourquoi voter ? f

Le sexe et la liberté, f

Jacques Ellul répond à André Dumas, f

L’espérance déformée, f

Violence et non violence, Réforme, 18 août
réédition in « Jacques Ellul, actualité d’un briseur d’idoles », Réforme hors série, décembre 2004

Démythisation de l’idéologie,

Du Chili au Proche-Orient : les tournants de l’histoire, Réforme, 3 novembre
réédition in Israël, Chance de civilisation (pp. 120-125), Première partie, 2008
Le 11 septembre, le président du Chili, le socialiste Salvador Allende, se fait renverser par une junte militaire. Le 6 octobre, jour de la fête juive du Yom Kippour (le Grand Pardon), les armées égyptiennes et syriennes attaquent par surprise l’état d’Israël. Ellul commente non pas ces deux événements politiques mais la réaction qu’ils suscitent au plan international. Il établit entre eux une comparaison. « L’engrenage de la fatalité ne peut fonctionner que lorsque l’homme est stérilisé. (…) Maintenant, nous savons que si nous pouvons agiter une opinion nationale sur les drames et les atrocités d’une guerre (Algérie, Vietnam…), en réalité l’opinion internationale est cassée, réduite à l’impuissance, nulle, quand est frappé de mort un pays qui tentait une issue nouvelle et où beaucoup de fatalités apparentes étaient remises en question. Ce qui est finalement tragique (…), ce n’est pas seulement la destruction d’un essai de socialisme démocratique (…), c’est l’apathie générale, le renoncement à intervenir, l’acceptation de la fatalité, la honte des déclarations satisfaites du président de notre République qui n’a pas compris que ce qu’il annonçait avec son benoît sourire, c’est le lever de rideau du destin du monde ».

Réflexion sur la politisation de l’Église, Conscience et liberté
(Association internationale pour la défense de la liberté religieuse) ; n° 6, p. 51-56

Sécheresse et pauvreté spirituelles : le mal de l’Occident, Réforme

Fêtes païennes, fêtes chrétiennes, Évangile et liberté,

L’espérance en action, f

Éthique du Nouveau Testament, f

La vie de Saint Augustin, f

Droit et histoire, Le droit, les sciences humaines…,

Du texte au sermon : les talents, Matthieu 25 : 13-30, Études théologiques et religieuses,

Il s’est fait pauvre (?), Réforme, 1er décembre
réédition in « Jacques Ellul, actualité d’un briseur d’idoles », Réforme hors série, décembre 2004

Réflexions sur la spécificité du droit, Quaderni Fiorentini per la Storia del Pensiero Giuridico Moderno

Le rôle médiateur de l’idéologie, Archivio di Filosofia: Organo dell Onstituto di Studi Filosofici
actes d’un colloque « Démythisation et idéologie » Paris, Aubier-Montaigne, pp. 335-354

ÉTHIQUE DE LA LIBERTÉ - TOME I
Genève, Labor et Fides

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Remarquant à quel point chacun pose la liberté comme valeur suprême, Ellul démontre qu’en définitive, l’homme moderne l’apprécie assez peu, préférant s’adonner à toutes sortes de jouissances dont il finit par être dépendant et qui, à la longue, façonnent et déterminent sa personnalité. Mais cette tendance a des racines profondes : l’église elle-même, tout au fil de son histoire, se révèle hostile à la liberté (p. 10). Se focalisant sur les formes de l’aliénation moderne, Ellul souligne que c’est Marx qui en donne la définition la plus concrète (p. 24) mais il s’attache ensuite à analyser ce qui, foncièrement (et non pas seulement de façon conditionnée par l’économie), peut conduire un homme à préférer les chemins de l’aliénation à ceux de la liberté. Pour conclure que celle-ci n’est en rien une vertu mais qu’elle est la vie chrétienne elle-même.
Extrait 1 : « L’analyse des motivations nous apprend de mieux en mieux que nos actes volontaires (donc où nous prétendons inscrire notre liberté) sont effectués pour des raisons qui sont bien en nous, qui viennent du plus profond de nous, mais qui nous échappent complètement. Ce qui fait que nos raisons conscientes paraissent être la couverture mensongère que nous donnons à un acte qui nous est dicté par des impulsions que nous ne maîtrisons ni ne contrôlons, mais que nous ne pouvons pas connaître, ou que nous ne voulons pas reconnaître. En poussant au paradoxe, nous pourrions dire que ce qui paraît ici le plus libre est en réalité le plus déterminé. C’est ainsi que, parmi cent autres, Friedmann souligne que les faits démontrent que dans le monde ouvrier, l’attrait de la consommation l’emporte sur la répugnance aux fatigues et aux contraintes du travail. Il parle même du pourrissement du temps libéré. Les enquêtes montrent en même temps de façon très régulière que l’ouvrier préfère gagner plus, même quand il a un salaire déjà important, plutôt que d’avoir du temps libre. Sitôt que l’homme a un temps libre, il l’emploie à travailler pour gagner (plus d’argent) : la grande loi de la société actuelle est que la consommation compte plus que la liberté. » (p. 34)

Extrait 2 : « Nous prenons prétexte de la grâce pour négliger la Loi et vivre en dessous de ses commandements. Libéré de la Loi, cela veut dire pour mon esprit vicieux que je n'ai pas besoin de donner la dîme, et qu'il suffît de donner dix sous. Libéré de la Loi, cela veut dire pour ma cupidité que je n'ai pas à laisser la jachère libre dans mon champ pour le pauvre. Je puis tout racler. Libéré de la Loi, cela veut dire pour ma dureté que je n'ai pas à être exact et juste dans le salaire de mes ouvriers, mais que je puis les pressurer à mort (...). C’est la liberté animale qui est ainsi dégagée, c’est l’autonomie du pêché (…). Cette interprétation qui est la plus courante, qui est constante chez nous chrétiens, est (en effet) seulement la marque de notre aveulissement, de notre hypocrisie, de notre mensonge, de notre sottise, de notre vanité. (…) Nous avons atteint ici le sommet de l’imposture (…). Les puritains et les littéralistes avaient dix mille fois plus de sérieux que nous qui faisons de la liberté une comédie, de la grâce un prétexte, de la foi un sentiment, de notre vie le plus plat des conformismes sociaux. Nous sommes des fornicateurs de l'amour de Dieu en prétextant de notre liberté pour violer cent fois par jour les commandements. » (pp. 173-174).

1974

ÉTHIQUE DE LA LIBERTÉ - TOME II
Genève, Labor et Fides

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Ellul aborde la liberté en opposition avec tout ce qui empêche l'individu d'être lui-même. Ce qui constitue l'originalité de ce tome second, c'est la diversité et la profondeur des points de vue étudiés. Après avoir défini la loi de la liberté, l'auteur en décrit différents aspects tels que l'inutilité, le provisoire, le relatif. Il précise le sens des exhortations adressées aux chrétiens "soyez des hommes! Ne vous conformez pas ...!" il éclaire la dialectique de l'oeuvre et des oeuvres, de l'engagement et du dégagement. Surtout il envisage le chrétien libéré comme l'homme sans convoitise, et aborde dans cette perspective toute une série de thèmes tels que la gratuité, la disponibilité, l'offrande, la victoire sur la frustration, la spontanéité, l'invention, la joie, l'obéissance, la responsabilité. Le tout s'achève par une élucidation magistrale de l'hypocrisie.
Dans ses entretiens avec Didier Nordon (1999), Ellul explique (p. 27) l’origine de l’ouvrage: « La Technique ou l’Enjeu du siècle (comportait) le double de ce qui a été finalement publié: plus de mille pages. Impubliable étant donné que l’auteur était inconnu. Mon livre était conçu ainsi: un chapitre d’analyse sociologique sur la technique; en réponse, un chapitre théologique ou éthique (disons: de la “théologie systématique”) qui devait faire pendant. Et entre cet ensemble et le suivant, (un autre chapitre d’analyse sociologique et un de théologie systématique), un “interlude” littéraire. En réalité, aucun éditeur n’en a voulu. Colin a accepté de publier les chapitres “sociologiques”, les autres ont été regroupés et ont constitué les trois volumes de l’Éthique de la liberté. Les interludes ont été publiés en partie comme articles dans diverses revues ».

La crise du droit dans la société moderne (conférence prononcée à l’École nationale de la magistrature le 17 octobre 1973), Association culturelle et sportive des auditeurs de Justice, p. 15.

Église et politique, Conscience et liberté, 1er semestre, n° 7, pp. 5-11.

Insoumission et objection de conscience: l’étrange incohérence du pouvoir et de la jurisprudence, Réforme,

Spéculation et bureaucratie: l’Aquitaine victime de ses aménageurs, Le Monde,

Une simple façade, Le Monde,

L’État et la liberté, Liberté (revue de la ligue des Droits de l’Homme de Bordeaux) n°45, février-mars (conférence donnée à l’Athénée municipal de bordeaux , le 5 décembre 1973)
réédition in Cahiers Jacques-Ellul n°5 (« La politique »), pp. 145-160, 2008

Les populations locales sont oubliées
, Sud-Ouest Dimanche, 17 mars
2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 17-18), PyréMonde, 2007

De la mort, Foi et Vie n°2, mars, pp. 1-14 – Faculté de Théologie protestante de Montpellier

Le défi et l’espérance, Foi et Vie (?)

Église et politique (II), Conscience et liberté,

La blancheur de la liberté, Réforme, 8 juin
réédition in « Jacques Ellul, actualité d’un briseur d’idoles », Réforme hors série, décembre 2004

Remarques au sujet de la Mission Aquitaine, Sud-Ouest, 25 juin
2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 18-19), PyréMonde, 2007

Sur deux livres de Bernard Charbonneau, Le Monde

Atome: d’une question stupide a un pari stupide, Réforme,

L’espérance et la mort: résurrection: notre accomplissement, Réforme, 19 octobre
réédition in « Jacques Ellul, actualité d’un briseur d’idoles », Réforme hors série, décembre 2004

Solitude d'Israël - Intervention au 15ème colloque d'intellectuels juifs de langue française, Paris, 10 novembre
réédition in Israël, Chance de civilisation (pp. 259-262), Première partie, 2008
« Israël ne peut jamais être comme les autres (nations) parce qu’il est le signe d’un tout autre dans l’histoire. Il est alors par cela séparé, ce qui veut dire « saint », et c’est ce qui provoque l’incompréhension (voire) la colère des nations, c’est ce qui donne à Israël son caractère quelquefois difficile – ce que les autres, de l’extérieur peuvent appeler son orgueil. (…) (Le problème est que) quand cette sainteté s’incarne dans l’histoire, on ne sait jamais de quoi on parle quand on (en) parle. La solitude de Kippour me paraît condenser de façon dramatique (…) ce double mouvement, qui témoigne de la présence de Dieu dans l’histoire et de ce que cela comporte pour l’homme. Pour nous, chrétiens, notre seule possibilité est d’accompagner Israël dans la solitude de sa sainteté, sans jamais pouvoir nous rejoindre dans l’histoire et sans jamais nous séparer, nous tenant la main comme on traverse la nuit. »

Conflit israélo-arabe: la seule voie, Réforme, 7 décembre
réédition in Israël, Chance de civilisation (pp. 126-128), Première partie, 2008
« L’idée que (au Proche Orient) rien ne sera résolu par la guerre (fait son chemin). (Le problème est que, entre Arabes et Israëliens), les préalables sont opposés (et donc toute négociation impossible). Il faut (pourtant) négocier. Et c’est celui qui aura le plus de grandeur spirituelle, la plus grande authenticité, le plus de vérité, le plus de droit de vivre qui fera le premier pas. (…) Il n’y a pas d’autre voie.»

La liberté dénaturée, Réforme,

Maladie de l’Église,

Le rapport de l’homme à la création selon la Bible, Foi et Vie n° 5-6, pp. 137-155

Tu ne tueras pas, Conscience et Liberté,

Anarchie et christianisme, Contrepoint, n°15, septembre
réédition in Cahiers Jacques-Ellul n°5 (« La politique »), 2008, pp. 95-118

Interviews with Jacques Ellul, Technique and Politics, …

Limites de croissance et accumulation capitaliste, mélanges offerts a André Garrigou-Lagrange,

Loi et sacré, droit et divin: de la loi sacrée au droit divin, Archivio di Filosofia,
Le sacré : études et recherches : actes du 14e Colloque [international sur la thématique de la démythisation, organisé par le Centre international d'études humanistes et par l'Institut philosophique de Rome. Rome, 4-9 janvier - Paris : Aubier - Ed. Montaigne, 1974 ; pp. 179-200 – Faculté de Théologie protestante de Montpellier

Le plus religieux (des ?) mondes, Contrepoint,

Réflexions sur le changement des études de théologie, Études théologiques et religieuses ; tome 49, n° 4, (Pluralisme et enseignement théologique), pp. 483-489

1975

SANS FEU NI LIEU: SIGNIFICATION BIBLIQUE DE LA GRANDE VILLE
Paris, Gallimard, nrf

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La ville est par excellence le monde de l’homme : créée par lui, pour lui, mesure de sa grandeur, expression de toute civilisation, mais en même temps le témoin de la démesure humaine, œuvre de l’avidité d’argent et d’ambition, dont les hommes deviennent esclaves. A travers la Bible, l'auteur découvre une surréalité de la ville. A l'origine, elle est dressée contre Dieu. Caïn, condamné à l'errance éternelle, se fait bâtisseur avec toute sa postérité : il s'agit de créer le nouveau Paradis de l'absence de Dieu. C'est pourquoi toutes les villes sont maudites : Babel, Babylone, Ninive... La cité qui était recherche de l'unité perdue, liée à la puissance et à la guerre, devient le lieu de la non communication et cause sa propre perte... Mais au cours de l'histoire biblique, en Jérusalem, Dieu ratifie le projet humain de la ville. Jérusalem, sans cesse détruite et rebâtie, devient signe et prophétie de la Cité sainte. La dialectique de l'auteur culmine dans son interprétation de l'Apocalypse. De l'Eden primitif à Jérusalem à travers la destruction et l'anéantissement, du jardin à la ville.


Commentaire : http://www.annalesdelarechercheurbaine.fr/article.php3?id_article=3

L'APOCALYPSE: ARCHITECTURE EN MOUVEMENT
Paris, Desclée de Brouwer

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L’usage courant associe le mot apocalypse à la fin du monde. Or en grec, le mot signifie révélation. Certes, dans le livre de l’Apocalypse, il est beaucoup question de catastrophes. Mais on oublie souvent qu’il parle aussi de joie et de consolation. Du reste, l’Apocalypse n’est pas une prévision sur la fin des temps, qui supposerait que l’avenir est déjà écrit. Il n’y a du reste rien de plus anti-biblique que cette idée d’un avenir écrit d’avance pour chacun ou pour le monde (destin). Le récit de l’Apocalypse ne décrit pas davantage une succession historique d’événements, il ne suit aucun déroulement chronologique. Il nous dit qu’en réalité, les catastrophes sont de tous les instants de l’Histoire : chaque jour, la fin est présente. Il s’agit donc de lire le monde dans lequel nous vivons à la lumière de ce livre, comme quelque chose qui peut être et qui est dans une certaine mesure, finale : qui révèle la présence, aujourd’hui, de la fin au sens grec du terme, c’est-à-dire le but. L’apocalypse montre que dans le réel de notre monde se cache la fin, le but, la vérité.


TRAHISON DE L'OCCIDENT
Paris, Calmann-Lévy

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L’Occident est victime d’une trahison. La pire: celle de ses propres enfants. Se retournant contre lui, ses intellectuels lui reprochent d’avoir, depuis des siècles, fait acte de barbarie sous le couvert de l’extension de sa civilisation. Certes, la culpabilité de l’Occident ne fait aucun doute. Mais toute civilisation ne s’est elle pas bâtie ainsi ? Et faut-il oublier que l’Occident s’est trouvé à la source de toutes les valeurs sur lesquelles vit le monde entier ?


Extraits : "Nous avons été colonialistes et nous sommes impérialistes. Soit. Mais nous ne sommes pas les inventeurs ni les seuls acteurs de ces drames. Les invasions arabes sur tout le nord de l'Afrique noire, qu'est-ce sinon du colonialisme, et du pire. Et les invasions turques avec la création de l'Empire ottoman ? Et les invasions khmères avec la création de l'Empire khmer, et celle du Tonkin avec la création de l'Empire du Tonkin ? Et les effroyables, les plus effroyables de toutes celles qui eurent jamais lieu, conquêtes de Gengis Khan (qui a probablement massacré au cours de son règne soixante millions de personnes, plus que Hitler, et même que Staline !)? Et l'invasion globale des Bantous sur les deux tiers du Continent noir, avec création des royaumes par les envahisseurs. Et les invasions des Chinois sur un tiers du continent asiatique. Et les invasions Aztèques sur leurs voisins aboutissant à ce que l’on nous présente comme le si merveilleux royaume Aztèque que les affreux conquérants ont détruit, mais qui, lui aussi, n’était qu'une effroyable dictature sur un ensemble de peuples conquis et écrasés." (pp. 11-12)

"Ce que l'Occident a découvert (et non par une étude socio-historique, mais dans une proclamation!) c'est justement le sens de tout cela, ce qu'il a fait, c'est d'exprimer ce que l'homme cherchait. Tout homme. L'Occident a rendu conscient et volontaire le projet de l'homme. Il a fixé un objectif et l'a nommé, liberté - plus tard, individu. 
Il a orienté les forces obscures. Il a désigné la valeur à partir de laquelle l'histoire avait un sens, et l'homme devenait homme. 
Il a tenté d'appliquer méthodiquement, consciemment tout ce que l'on pouvait tirer de la liberté. Les Juifs les premiers ont fait de la liberté la clef de l'histoire et de la création. Leur Dieu est dès l'origine caractérisé comme le libérateur. Ses grandes oeuvres sont dictées par la volonté de rendre son peuple libre, et au travers de lui tous les hommes." (pp. 30-31).

VIIe plan: l’aménagement du territoire et le cadre de vie, Réforme,

La technocratie se porte bien, Le Monde,

Les bonnes intentions, Le Monde,

Chine: témoignage sur les camps de travail. Pourquoi on lit davantage Soljenitsyne que Pasqualini ?

L’homme et l’ordinateur, Ouest-France,

Aménagement, justice et propriété, Réforme,

Un pas de plus, Le Monde,

Au terme de notre histoire ? Avant l’ouverture du septième sceau, Réforme, 6 décembre
réédition in « Jacques Ellul, actualité d’un briseur d’idoles », Réforme hors série, décembre 2004

Sur la nature et la création - Mélanges André Neher
, Librairie d'Amérique et d'Orient – réédition in Israël, Chance de civilisation (pp. 263-276), Première partie, 2008
« On ne dira jamais assez le mal qui a été accompli par un bon nombre des premiers théologiens chrétiens lorsqu’ils ont infusé la pensée grecque de leur temps dans les concepts bibliques, lorsqu’ils ont transposé la pensée juive en termes hellénistiques, lorsqu’ils ont recouvert l’originalité existentielle et dialectique de la Bible d’un système interprétatif, métaphysique et logique. On connaît assez des problèmes tels que temps et histoire, âme et esprit. Je voudrais ici brièvement reprendre un autre thème, déjà étudié ailleurs : nature et création. »

Traduction historique et politique de l’Évangile, Foi et Vie,

Le mystère du Père, Contrepoint,

Le droit entre la temporalité et l’aliénation, Istituto di studi filosofici, Rome (extrait de l'ouvrage archivio di filosofia, sous la direction d'enrico Castelli)
L’autorité, études présentées ou colloque des Compagnons à Pomeyrol, 22 pages

1976

Le racisme de Sion, Sens, Juifs et chrétiens dans le monde d'aujourd'hui, janvier
réédition in Israël, Chance de civilisation (pp. 129-136), Première partie, 2008
Par sa résolution 3379, l’Assemblée générale de l’ONU a décrété le 10 novembre 1975 que « le sionisme est une forme de racisme et de discrimination raciale ». Selon Ellul, « cette décision a provoqué un certain nombre de protestations mais finalement pas le véritable scandale qu’(on aurait pu attendre). »

La technique considérée en tant que système, Les études philosophiques, no 2: La technique, avril-juin, pp. 147-166
réédition en 2004 : Cahiers Jacques-Ellul n°2

Tolérance et intolérance au Moyen Âge
, Conscience et liberté, 1er semestre, n° 11, pp. 48-55

Foi chrétienne et communisme, Sud-Ouest, 9 octobre, rubrique « Tribune libre » + Réforme

L’argent, Évangile et liberté,

Eros et Agapé, Foi et Vie n°2, mars-avril, pp. 62-81

Et le reste ! (sur la sexualité), Foi et Vie n°2, mars-avril, pp. 93-99

Appel pour la libération d’un universitaire, Le Monde,

Des chiffres et des hommes, Le Monde,

Des Protestants à Matignon: relation d’une rencontre, Réforme,

Réflexions sur la drogue, Évangile et liberté,

Évolution du parti communiste français, Réveil,

Réponse de M. Jacques Ellul, Économie et Humanisme,

Coram (populo…)(suite), Réforme,

Mao: la fin d’un maître en propagande, Réforme,

Il nous manque un petit Hitler, Le Monde,

In abstracto, Le Monde,

De l’inconséquence : Denis de Rougemont: l’écrivain, l’Européen, Etudes et temoignages,

Problèmes de la méthode sociologique
, Social Research,

Essai sur l’herméneutique de la sécularisation fictive, herméneutique de la sécularisation (?), …

Sur une lecture matérialiste de l’Évangile, Foi et Vie n°5-6, décembre 1976, pp. 20-47

Le socialisme du silence (sur Pierre Daix ?), Foi et Vie n°5-6, décembre, pp. 131-134
Le problème de l’émergence du droit éd. Bière - Annales de la Faculté de droit, des sciences sociales et politiques et de la Faculté des sciences économiques / Centre d'études et de recherches d'histoire institutionnelle et régionale ; vol. 1, n° 1, (Talence, Gironde), pp. 5-16

1977

LE SYSTÈME TECHNICIEN
Paris, Calmann-Lévy
réédition, Le Cherche Midi, 2004

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La Technique est le facteur déterminant de la société. Plus que la politique et l'économie. Elle n'est ni bonne ni mauvaise, mais ambivalente. Elle s'auto-accroît en suivant sa propre logique. Elle piétine la démocratie. Elle épuise les ressources naturelles. Elle uniformise les civilisations. Elle a des effets imprévisibles. Elle rend l'avenir impensable. Comment ? Essentiellement par le biais de l'informatique qui, en unifiant tous les sous-systèmes (téléphonique, aérien, de production et distribution d'énergie…), lui a permis de devenir un tout organisé, lequel vit à l'intérieur de la société, la modèle, l'utilise, la transforme… Mais ce système, qui s'auto-engendre, est aveugle. Il ne sait pas où il va. Et il ne corrige pas ses propres erreurs.

Dans le second volet de son triptyque sur la technique, le plus achevé et le plus dense, Ellul considère que la technique est désormais constituée en système. Un système, c'est "un ensemble d'éléments en relation les uns avec les autres de telle façon que toute évolution de l'un provoque une évolution de l'ensemble, toute modification de l'ensemble se répercutant sur chaque élément" (p. 88). Cette interdépendance s'intensifie avec l'avènement de l'informatique. Le système technicien est finalement à la société moderne ce que le cancer est à l'organisme: un nouveau milieu, qui pénètre l'ancien, l'utilise, le phagocyte et le désintègre.

Extrait : Il n'y a pas de sens: il y a abstraction de toutes les activités, de tous les travaux, de tous les conflits, situés dans une actualité sans profondeur. Nous sommes incapables, par exemple, comme l'a bien noté Baudrillard dans la Société de consommation, de considérer la rationalité des objets que nous consommons, de savoir par exemple quand nous regardons la T.V. que ce miracle est un long processus social de production qui mène à cette consommation d'images. Car la technique efface le principe même de réalité (sociale). Tout le social est passé au niveau abstrait, avec le phénomène étrange d'une prise de conscience aiguë du non-réel (par exemple, la passion pour le politique) et d'une non-prise de conscience du réel (par exemple, de la Technique). Or, ce déplacement dans la relation vient effectivement de la Technique: c'est elle qui fait apparaître ce non-réel qui est pris pour un réel (les biens de consommation, l'activité politique) par son propre processus de diffusion, par l'image. (p. 23).

Une non-violence privée de son fondement
, Alternatives non violentes, janvier, n° 20-21, pp. 15-18.

Présentation de l’Apocalypse, Feu Nouveau, Revue d’Initiation et… (?),

Des électeurs conscients, Le Monde,

D’une idéologie à l’autre: les jeunes et le travail, Professions et Entreprises,

Bibliographie et notes de lecture sur les problèmes liés à l’écologie, Foi et Vie,

La tolérance et l’accusation, Ouest-France, 21 juin
2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 24-26), PyréMonde, 2007

L’esprit civique et le non conformisme, Ouest-France, 20 août
2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 26-28), PyréMonde, 2007

Le secret et l’exception, Le Monde,

Les nouveaux possédés, le chancre, Réforme,

Retour de Jérusalem, Le Monde, date ?

Impressions d’Israël, Foi et Vie n°4, août, pp. 1-73
2ème édition in Israël, Chance de civilisation (pp. 25-102), Première partie, 2008
Racontant le voyage de deux semaines en terre sainte qu’il a effectué en avril, Ellul prolonge son récit de réflexions d’ordre théologique.

Jacques Ellul en Israël : Impressions d’Israël
, Projet, date ?

Les bonnes intentions et la nécessité, Ouest-France, 2 septembre
2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 28-30), PyréMonde, 2007

La violence, c’est la violence, Le Monde,

Je crois que nous sommes dans une période de silence de Dieu, Le Monde,

Études de théologie et formation permanente, Le Protestant de l’Ouest,

C’est au moment où il n’y a plus d’espoir qu’il faut commencer à espérer, Le Monde,

Les remous d’Hourtin, Sud-Ouest, 10 décembre
2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 19-20), PyréMonde, 2007

Réflexions sur Foi et Vie, Foi et Vie, n°6, pp. 3-6

Le conflit religieux de la vision et de la parole, La philosophie de la religion,

Dieu, Études théologiques et religieuses, tome 52, n° 4, pp p. 471-488

La propagande, L’information,

Recherche sur la conception de la souveraineté dans la Rome non primitive, Le pouvoir, ?

Fonction symbolique. Technique et société. Mélanges en l’honneur de Mumford, >>> voir 1978

1978

Éthique de la liberté, Conscience et liberté, 1er semestre, n° 15, p. 5-15.

La politique moderne : lieu du démoniaque in OLIVETTI, Marco M. (dir.). Estratto Archivio di Filosofia. Rome : Istituto di Studi Filosofica, pp. 101-122 (colloque organisé par le centre international d’études humanistes et par l’institut d’études philoophiques de rome, du 3 au 7 janvier 1978)
réédition in Cahiers Jacques-Ellul n°5 (« La politique »), pp. 161-188, 2008

Le viol et le désir
, Le Monde, 3 janvier - http://www.samuelhuet.com/index.php/kairos/38-nekros/706-jacques-ellul

Je tu, il, nous parlons soixante-huitard, revue Autrement, (dossier n°12 : "68-78 : dix anées scrilèges), février
Dans cet article, Ellul explique comment les grandes valeurs de la droite sont passées à gauche tandis qu'aujourd'hui "libéral" et "libertaire" ne sont plus deux termes antagonistes, bien au contraire !
Commentaire : http://palim-psao.over-blog.fr/article-10692685.html

Croire que « nous sommes tous des assassins » est une source de vengeance collective, Sud-Ouest Dimanche, 12 février
2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 22-24), PyréMonde, 2007

Du réalisme en politique : éloge de l’autonomisme, Réforme,

Est-il possible de tout avoir ?, Sud-Ouest, 8 mars
2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 30-32), PyréMonde, 2007

Le citoyen, victime ou bénéficiaire de la technique ?, Réforme,

Écriture et Trinité (?), Foi et Vie n°4, juin, pp. ?

Notre Père, Foi et Vie n°4, juin, pp. 24-29

Pour un autre développement
, Sud-Ouest, 8 juin
2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 32-34), PyréMonde, 2007

Dieu (?), Foi et Vie n°5, septembre ? ?

Symbolic Function, Technology and Society, Journal of Social and Biological Structures

Les idées fausses ne tombent pas du ciel, Réforme,

La Cisjordanie palestinienne, Le Monde, 25 septembre
réédition in Israël, Chance de civilisation (pp. 137-139), Première partie, 2008

Aménager ou déménager le territoire, Ouest-France, 8 septembre
2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 20-22), PyréMonde, 2007

Les procès politiques à l’Est : quand les dictatures cèdent du terrain, Réforme,

L’action directe et l’intérêt général : un procès d’écologistes hostiles à la centrale de Braud Saint Louis, Réforme,

Un appel de Jacques Ellul pour les réfugiés du Nicaragua : une collecte pas comme les autres, Réforme,

L’information et le système technicien, Revue Française de Communication,

La réponse de Jacques Ellul, Réforme,

Karl Barth and us, Sojourners,

Les Chrétiens et le socialisme, Contrepoint,

Cet enfant qui se drogue, c’est le mien, préface du livre de Jacques Guillon

Violence et politique : les terroristes, Violences, nov. 1978 – janv. 1979, n° 105-106, pp. 29-35

1979

L'IDÉOLOGIE MARXISTE CHRÉTIENNE (Que fait-on de l’Évangile ?)
Paris, Bayard, Centurion

marxistechrtienne

Le christianisme est, par son origine et sa conception même de la Révélation, une anti-idéologie. Mais, et l'histoire n'en fournit que trop d'attestations, on a vite fait de le transformer en idéologie ; il suffit de laisser la doctrine, la foi et la pratique exigeante de la liberté se dégrader en discours de compromis et de ralliement pour des groupes entiers. Sitôt qu'on lit la Bible pour y trouver arguments et justifications pour sa propre conduite ou pour celle de son groupe, on est en pleine idéologie chrétienne. Mais est-ce encore écouter la Parole de Dieu ? Examinées sous cet angle, les positions des chrétiens marxistes ne seraient-elles pas l'idéologie chrétienne de notre époque ? Marxisme et foi en Dieu sont-ils compatibles ? Un courant de pensée se développe même qui cherche à légitimer en théologie une adhésion au marxisme. On élabore une nouvelle lecture de l'Evangile, tout heureux de la proclamer matérialiste. Tout, jusqu'à la théologie elle-même, serait à repenser en fonction du marxisme et de ce qu'il fait découvrir : la lutte des classes. Paradoxe, ce courant s'affirme chez les Chrétiens au moment où le marxisme passe, en son propre sein, par une crise d'identité et de crédibilité.

Préface du livre Ecoute, Kierkegaard, de Nancy Viallaneix

Ellul exprime ici sa dette envers le philosophe danois. « Ce n’est pas tellement sa pensée qui est évocatrice ou exemplaire, c’est « lui-dans-sa-pensée ». Ce n’est pas sa biographie, ni sa conduite. Il n’est pas un saint dont les œuvres seraient à imiter. Il n’est pas non plus un philosophe dont l’œuvre se réduit en formules et qui se range au musée avec l’étiquette adéquate : idéaliste, post-hégelien, existentialiste, dialecticien… que sais-je ? Il pense d’une manière si vivante, si vitale, il vit d’une manière si rigoureusement pensée qu’il s’adresse au lecteur (qu’il s’est en tout cas adressé à moi) tout autrement. Son interpellation vise le tout de ma personne et n’y laisse rien intact. Habituellement, dans mes lectures, le mécanisme critique de ma pensée joue aussitôt et je suis appelé à répondre : « Oui, mais… » Les auteurs qui ont eu le plus d’influence sur moi m’ont fait penser par réaction. Je n’ai jamais adhéré à un système. A l’égard de Barth lui-même, j’ai toujours eu une distance critique. Ma relation à Kierkegaard n’a rien de comparable. Ici, je suis seulement à l’écoute. Je ne cherche pas à imiter, ni à appliquer méthodes ou concepts. Je suis renvoyé à moi-même par un miroir qui rend éclatantes, pensées, contradictions, exigences, présence à la vie et présence à la mort. Renvoyé à moi-même mais plus du tout semblable à ce que j’étais avant d’avoir lu tel ou tel texte. Interpellé. Mis au pied du mur par un rapport singulier qui m’interdit toute échappatoire. J’écoute. Je ne discute pas la pensée de Kierkegaard mais je me sens obligé de répondre, de répondre à un autre que Kierkegaard lui-même. »


De l’éternité à la loi (sous un pseudonyme ?), Foi et Vie n°1, janvier

La technique, système bloqué
, Pour (Paris : GREP Groupe de Recherche pour l’Éducation Permanente), janv.-fév. 1979, n° 64 « Le Partage des pouvoirs et des responsabilités : décentralisation et planification », pp. 13-21, 1re partie : « Le bilan »

Pour le temps d’un ayatollah (avec Robert Escarpit), Sud-Ouest Dimanche, 21 octobre

Le fanatisme et la religion, Sud-Ouest Dimanche, 2 décembre, rubrique « Dialogue »

D’illusions en illusions, Le Monde, date ?

Messie et messianisme, Sens : Juifs et chrétiens dans le monde aujourd’hui - réédition in Israël, Chance de civilisation (pp. 277-291), Première partie, 2008

De la désunion vers la communion : un itinéraire pastoral et oecuménique, Foi et Vie, date ?

La douce France, Ouest-France, 6 février ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques, PyréMonde, 2007

Thèses sur l’éthique chrétienne du travail dans un monde où sévit le chômage, La Voix Protestante,

Chômage : une erreur de diagnostic, Réforme,

Lutte contre le chômage : la seule issue, Réforme,

Histoire : les trois âges, Le Monde,

Jacques Ellul répond à André Dumas, Réforme, f

La chasse au gaspi : l’auto et les intouchables, Le Monde, f

Communisme : une société sans issue, Réforme, f

Cent cinquante ans de présence évangélique au Proche-Orient (?), Foi et Vie n°2, mars

Le gaspillage et la responsabilité, Ouest-France, f

Prévision : Futurlupinades, Le Monde, f

Vivez l’espérance,
Paix et liberté, f

Jean Bosc : dix ans après : dans la lignée des prophètes et des témoins, Réforme, f

La peur de la liberté, Sud-Ouest Dimanche, 4 novembre
2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 36-37), Pyrémonde, 2007

De l’égalité impossible à la démocratie souhaitée, Sud-Ouest Dimanche, 18 novembre
2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 37-39), Pyrémonde, 2007

Religion et terrorisme, Sud-Ouest (?), 2 octobre ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 34-36), PyréMonde, 2007

Le fanatisme et la religion, Sud-Ouest Dimanche, 2 décembre
2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 41-42), PyréMonde, 2007

Un procès de « casseurs », Le Monde, f

Quelquefois de bonnes nouvelles : les accords de Camp David, Sud-Ouest Dimanche, 16 décembre
2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 42-43), PyréMonde, 2007
3ème édition in Israël, Chance de civilisation (pp. 140-142), Première partie, 2008


C.I.E.L., Sud-Ouest Dimanche, 18 décembre
2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 39-40), PyréMonde, 2007

L’espérance et la mémoire, Sud-Ouest Dimanche, 30 décembre
2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 45-47), PyréMonde, 2007

Réponse à Fernando Belo, Foi et Vie, f

Remarks on Technology and Art, Social Research,

Droit et morale, Neue Hefte für Philosophie,

Préface de « Les rats » de (?) f

Réhabilitation de la fourmi, Foi et Vie n°5-6, décembre




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1980

L'EMPIRE DU NON-SENS: L'ART ET LA SOCIÉTÉ TECHNICIENNE
Paris, Presses Universitaires de France

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L’art moderne est contradictoire; certains de ses représentants utilisent l’appareil technicien avec ferveur et délectation au nom de l’intégration sociale, d’autres le refusent au nom de l’affranchissement des normes, celle-ci devenant une fin en soi. Dans le premier cas, les artistes s’aliènent au système technicien, dans le second, croyant s’en libérer, ils sont les victimes d’une illusion. Dans les deux cas, l’art s’évade du sens, jusqu’à constituer un monde clos et replié sur lui-même, un empire: l’empire du cynisme et du non-sens.

 

 


LA FOI AU PRIX DU DOUTE: "ENCORE QUARANTE JOURS..."
Paris, Hachette

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Athéisme, agnosticisme, athéologie, rejet contemporain de Dieu… Mais aussi, chez les croyants, préjugés dogmatiques, certitudes sacrées, conformismes piétistes… C'est en tant que converti qu’Ellul dialogue ici avec les grands contradicteurs du christianisme : Celse, Holbach, Marx. Il leur répond avec vigueur. Pour ce protestant pétri d'esprit prophétique, l'événement de la foi se distingue radicalement du fait de croire. La croyance, sûre d'elle-même, bavarde et grégaire, fait de Dieu un objet de dévotion. La foi, elle, suppose le doute, un Dieu personnel qui parle, un cœur qui écoute et qui se manifeste à travers le prochain. Ellul interpelle les incroyants mais il critique aussi les croyants. Méfiant envers un certain angélisme oecuménique, il récuse la mode aveugle du bouddhisme en Occident et n'épargne pas certaines rigidités de l'islam. Car seule la foi épurée peut, selon lui, sauver la révélation de la religion.
Nous assistons à un renouveau religieux. Se multiplient les livres sur la croyance et les conversions. On répète partout la formule de Malraux: “le XXIème siècle sera religieux ou ne sera pas”. Mais ne sommes- nous pas en présence d’immenses confusions? Ce religieux n’est-il pas simple fuite devant la réalité ? Auquel cas, on peut l'affirmer, comme le fait Ellul: « le XXIème siècle sera religieux et de ce fait ne sera pas ».

Large extrait :
http://www.blogdei.com/index.php/2007/04/16/1608-la-politique-lieu-du-demoniaque-ou-quand-jacques-ellul-bousculait-quelques-idees-evangeliques

Théologie du travail et monde moderne, Foi et Vie (80 pages)

Kierkegaard et l’Église, Foi et Vie n°1-2, janvier

Jacques Ellul prend sa retraite de l’université.

L’homme et l’ordinateur, Évangile et liberté,

L'antisémitisme, quoi faire ?, Sens, Juifs, et chrétiens dans le monde d'aujourd'hui, janvier - réédition in Israël, Chance de civilisation (pp. 296-301), Première partie, 2008

L’espoir et la mémoire, Sud-Ouest Dimanche, 13 janvier; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 47-48), PyréMonde, 2007

L’ordinateur et la liberté, Évangile et liberté,

Croire à la Vérité, Sud-Ouest Dimanche, 27 janvier ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 48-50), PyréMonde, 2007

Pouvons-nous continuer ?, Sud-Ouest Dimanche, 10 février ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 50-51), PyréMonde, 2007

De Karl Marx à l’Afghanistan, Sud-Ouest (?)

La violence et la peur, Réforme, 23 février; réédition in « Jacques Ellul, actualité d’un briseur d’idoles », Réforme hors série, décembre 2004

Gaspillage et responsabilité, Sud-Ouest Dimanche, 24 février ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques, PyréMonde, 2007

Les marges de la liberté en Occident, Sud-Ouest Dimanche, f

L’écoeurement, Le Monde, 8 mars – réédition in Israël, Chance de civilisation (pp. 143-144), Première partie, 2008

La mort par millions : la mort d’un homme bouleverse, le génocide dérange, Sud Ouest, 9 mars ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 52-54), PyréMonde, 2007

L’unique et le tout, Sud-Ouest Dimanche,

L’empire du sens, pour moi, c’est la Bible
(interview recueillie par Gwendoline Jarczyk), France Catholique-Ecclesia,

How I discovered Hope, The Other side, f

La loi et les faits, Sud-Ouest Dimanche, 6 avril ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 54-55), PyréMonde, 2007

Le souverain captif, Sud-Ouest Dimanche, 20 avril ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 56-57), PyréMonde, 2007

L’art sauvé par la crise, Sud-Ouest Dimanche, 27 avril ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 57-58), PyréMonde, 2007

Les médias et l’homme de génie, Société auxiliaire pour le cinéma et la télévision ; Film échange ; n° 10, printemps, pp. 73-82

La tour de Babel, Sud-Ouest Dimanche, 4 mai ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 59-60), PyréMonde, 2007

Un illusoire espoir, Sud-Ouest Dimanche, 18 mai ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 60-62), PyréMonde, 2007

Le « Dhimmi » : l’opprimé de l’islam, Le Monde, 18 mai - 2ème édition in Israël, Chance de civilisation (pp. 145-147), Première partie, 2008 >>> voir 1983

L’incertitude, Sud-Ouest Dimanche , 1er juin ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroni-ques journalistiques (pp. 62-63), PyréMonde, 2007

Israël, chance de civilisation, Cahiers universitaires catholiques ; n° 5, mai-juin, pp. 22-25 - réédition in Israël, Chance de civilisation (pp. 292-295), Première partie, 2008

Libres réflexions sur le bon usage de la crise et des conséquences qui en découlent, Professions n° 699 (Société Etudes, périodiques, enseignement ), mai-juin, p. 19-25

Le savant et les humanités, Sud-Ouest Dimanche, 15 juin ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 64-65), PyréMonde, 2007

Solitudes, Sud-Ouest Dimanche, 29 juin ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 65-67), PyréMonde, 2007

Échanges, Sud-Ouest Dimanche, 13 juillet ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 67-69), PyréMonde, 2007

Quand l’autre est « on », Sud-Ouest Dimanche, 27 juillet ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 69-71), PyréMonde, 2007

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Foi et Vie n°4, juillet

Liminaire p. 1

De la Bible à l’histoire du non-travail pp. 2-8

Travail et vocation, pp. 9-24, sous le pseudonyme de Y. Veoulay

L’idéologie au travail, pp. 25-34, sous le pseudonyme de P. Mendès

Les possibilités techniques et le travail, pp. 35-50, sous le pseudonyme de G. German ; réédition : Cahiers Jacques-Ellul n°3 « L’économie », pp. 103-120, décembre 2005

Pour qui, pour quoi travaillons-nous ?
pp. 74-82

Thèses sur l’éthique chrétienne du travail dans un monde ou sévit le chômage
(texte d’Ellul ?), pp. 83-86

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De la parole au slogan, Sud-Ouest Dimanche, 10 août ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 71-72), PyréMonde, 2007

La croisée des chemins, Sud-Ouest Dimanche, 24 août; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 73-74), PyréMonde, 2007

Une tête politique, Le Monde,

Aménager ou déménager ? Réforme,

Le vacancier et la colonisation, Ouest-France, 5 septembre ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 80-81), PyréMonde, 2007

L’éternel et l’actuel, Le Monde, septembre
Ellul présente « Je fus », le livre de son ami Bernard Charbonneau.

A l’est d’Eden ? Sud-Ouest Dimanche, 7 septembre ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 74-76), PyréMonde, 2007

Le pouvoir et l’Université, Réforme,

Le défi et le nouveau, Sud-Ouest Dimanche, 21 septembre ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 76-77), PyréMonde, 2007

A moins que…, Sud-Ouest Dimanche, 5 octobre ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques, PyréMonde, 2007

L’antisionisme et l’antisémitisme, Le Monde, 15 octobre - 2ème édition in Israël, Chance de civilisation (pp. 148-149), Première partie, 2008

L’Université de l’an 2000 ?
, Ouest-France, 1er octobre ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 81-82), PyréMonde, 2007

L’Université dans la cité
, Sud-Ouest Dimanche, 19 octobre ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 79-80), PyréMonde, 2007

Préface, Foi et Vie,

Liminaire: Hubert Roux, Foi et Vie,

Je crois en Dieu, Réforme,

The Ethics of Nonpower, Ethics in an Age of Pervasive Technology,

Nature, Technique and Artificiality
, Research in Philosophy and Technology,

Préface du livre Mainmise sur l’enfance, Genèse de la normatique d'Alain Masson

Systeemtheorie en Christendom, Systeemdenken en samenlevingsproblematiek,

Athéisme et Christianisme, Foi et Vie, n°6, décembre

Thèses sur foi chrétienne et politique, Hokhma : Revue de réflexion théologique n° 14, pp. 35-43 ; réédition in Cahiers Jacques-Ellul n°5 (« La politique »), pp. 189-199, 2008

1981

LA PAROLE HUMILIÉE
Paris, Seuil

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La pensée par images triomphe, traduit le divorce entre la vérité et la réalité. La parole est dévaluée du fait même des conditions dans lesquelles elle est prononcée. Voici venu le temps de la “pensée molle” et de la parole humiliée: une indifférence empoisonnée s’élève des tumultes du moment, les discours modernes basculent dans l’enflure et le dérisoire. Rien n’est plus vrai ou faux, tout devient “égal” dans un monde du bavardage et du soupçon: une logorrhée de phrases vides et d’insignifiances submerge l’époque.

Ellul montre dans ce livre combien la Parole est essentielle à l'homme pour s'approcher de la vérité. Il énumère aussi tous les facteurs du 20e siècle qui, soit réduisent la place de la parole (images, photos, vidéos...) soit détournent son usage (jargons techniques, slogans publicitaires...). Au milieu de tous les stimuli visuels ou sonores qui nous font plus réagir que réfléchir, Ellul note que la Parole, quoique maintenant très discrète, reste toujours présente: ce sont les mots d'un enfant, une phrase de réconfort, Dieu lui-même... Pour l’entendre, il faut savoir l’écouter au milieu du brouhaha.

LES IDÉOLOGIES ET LA PAROLE
avec Gabriel WIDMER et Jean BRUN, Paris, PUF (72 pages)

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Ce petit livre est une compilation de trois articles :
- Parole de la croix et langage idéologique, de G. Widmer,
- Mythe et parabole de J. Brun
- Un exemple de confrontation, marxisme et christianisme, de J. Ellul (pp. 53 à 72).

L’image et la parole, Pour (Toulouse, Privat), sept.-oct., n° 79 « Éducation et communication, au temps des machines… », pp. 14-18.

A TEMPS ET A CONTRETEMPS
Entretiens avec Madeleine GARRIGOU-LAGRANGE; Paris, Centurion, collection Les interviews

a_tempsEllul analyse son propre parcours: “J’ai toujours parlé et écrit, depuis 40 ans, en prévoyant ce qui pouvait se produire, et en vue d’avertir les autres de ce qui risquait d’être. J’aurais voulu que l’on prît cela au sérieux pour que l’homme fasse vraiment son histoire au lieu d’être porté par elle. Ce qui s’est produit a presque chaque fois confirmé ce que j’avais prévu. Or je ne peux m’en réjouir ou m’en enorgueillir: car j’écrivais pour éviter qu’il en soit ainsi.” Sur l’articulation des deux parties de son œuvre : “Il est sûr qu’on ne peut comprendre pleinement mes livres de sociologie qu’au travers d’une affirmation de la foi. Réciproquement, on ne peut donner un contenu à mes livres de théologie sans les penser écrits pour ce monde-ci. Car les uns comme les autres sont écrits dans la lumière eschatologique du salut final et de la réconciliation”. Dieu n'est pas pour autant invoqué comme un deus ex machina: "Je ne veux pas dire que Dieu interviendra directement sur la technique, comme à la tour de Babel, pour la faire échouer. Mais c'est avec l'appui de la révélation du Dieu biblique que l'homme peut retrouver une lucidité, un courage et une espérance qui lui permettent d'intervenir sur la technique. Sans cela, il ne peut que se laisser aller au désespoir".


(Journaliste, Madeleine Garrigou-Lagrange suit les questions de société et les problèmes de religion, en particulier pour Témoignage chrétien et Ouest-France).

Les sources chrétiennes de la démocratie : protestantisme et démocratie, in La démocratie pluraliste, de Jean-Louis Seurin (dir.) Economica ; réédition in Cahiers Jacques-Ellul n°5 (« La politique »), pp. 201-223, 2008

Marshall MacLuhan, le sociologue illuminé, Sud-Ouest Dimanche,

Libérer la justice, Sud-Ouest Dimanche, 25 janvier; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 83-85), PyréMonde, 2007

La décentralisation est-elle possible ?
, Ouest-France, 6 février; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 87-89), PyréMonde, 2007

Sur la révolution culturelle chinoise
, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 25 février; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 85-87), PyréMonde, 2007

Jacques Ellul, théologien de l’espérance, Le Quotidien de Paris,

Selon que vous serez puissant ou misérable…, Le Monde,

Les ratés de la facturation téléphonique, Le Monde,

Vivre en Guyenne, L’Éducation,

Professeurs: retrouver le sens, Sud-Ouest Dimanche, 22 mars; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 89-91), PyréMonde, 2007

L’exclusion sociale, Ouest-France, 2 avril; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 91-92), PyréMonde, 2007

Caméléon et immuable, le P.C., Sud-Ouest Dimanche, 5 avril; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 93-94), PyréMonde, 2007

Aimer, Ouest-France,

La crise et l’émerveillement de l’histoire, Foi et Vie n°2, avril, pp. 75-86 - IEP de Bordeaux

La légitimité de la science, Sud-Ouest Dimanche, 3 mai; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 94-06), PyréMonde, 2007

Fede (?), encore…, Réforme,

D’une élection à l’autre : rien d’important, Le Monde, 27 mai; réédité dans Entretiens avec Le Monde: Civilisations de Jacques Meunier, La Découverte, 1984 ? - (réaction à l’accession de Mitterrand à la présidence de la République).

Vacances…, Sud-Ouest Dimanche, 14 juin; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 97-99), PyréMonde, 2007

La guerre préventive, Sud-Ouest, 30 juin; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 99-100), PyréMonde, 2007 - 3ème édition in Israël, Chance de civilisation (pp. 150-152), Première partie, 2008

Privilégier l’économique ou le social ?, Sud-Ouest (ou Ouest France ?), 5 juillet; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 101-103), PyréMonde, 2007

Monsieur l’arbre, Sud-Ouest Dimanche, 9 août; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 103-105), PyréMonde, 2007

A propos du travail noir : l’imagination bureaucratique, Le Monde,

La guerre sociale: il faut vaincre ou mourir, Réforme,

A qui appartient la Palestine ? Réforme, date ? ; 2ème édition in Israël, Chance de civilisation (pp. 153-155), Première partie, 2008

Women in the Future: A Summary Statement from Jacques Ellul, Alternative Futures : The Journal of Utopian Studies,

La démocratisation du mal, Sud-Ouest Dimanche, 6 septembre; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 105-107), PyréMonde, 2007

Jacques Ellul: avec Dieu, sans maître, Le Monde,

L’impossible prière, Ceritudes : Action Chrétienne par la Radio et la Presse, date ?

Nostradamus, ras le bol !, Sud-Ouest Dimanche, 4 octobre; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 108-109), PyréMonde, 2007

Non-violence quand même, Réforme, 17 octobre - 2ème édition in Israël, Chance de civilisation (pp. 156-158), Première partie, 2008

Le sens et le jeu de la liberté dans la Bible - intervention au 22ème colloque d'intellectuels juifs de langue française, Paris; réédition in Israël, Chance de civilisation (pp. 302-320), Première partie, 2008

La trop grande cité, Le Monde,

Débat : A propos du créationnisme (suite et fin), La Recherche,

La nature et la foi, Ouest-France, 7 novembre; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 109-111), PyréMonde, 2007

L’enflure des mots, Sud-Ouest Dimanche, 8 octobre; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 111-113), PyréMonde, 2007

Réplique à Maurice Duverger : la nostalgie des carnosaures, Le Monde,

Les bons sentiments et la rigueur, Sud-Ouest Dimanche, 6 décembre; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 113-115), PyréMonde, 2007

Paix sur la terre, Ouest-France, 26 décembre; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 117-118), PyréMonde, 2007

Pologne : le fond du problème, Sud-Ouest Dimanche, 27 décembre; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 115-116), PyréMonde, 2007

Encore une fois… christianisme et communisme marxiste, Conscience et liberté, n° 23, pp. 10-22

Epilogue: On Dialectic” Jacques Ellul, Interpretive Essays,

Préface au livre L’homme raisonnable et l’homme fasciné de X , Informatique, pouvoir et liberté, ? ? ?

Recherches sur le droit et l’Évangile, Cristianesimo Secolarizzazionne e Diritto Moderno: Per la Storia del Pensiero Giuridico Moderno

1982

CHANGER DE RÉVOLUTION: L'INÉLUCTABLE PROLÉTARIAT
Paris, Le Seuil

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Le prolétariat, indépendamment des régimes politiques ou économiques, est le produit inéluctable de la société industrielle. La faillite des modèles capitaliste, soviétique, chinois et tiers-mondiste le montre assez. Aussi est-il nécessaire de repenser la révolution dans une perspective humaniste qui pourrait s'inspirer du socialisme à la scandinave et du modèle autogestionnaire, en s’appuyant sur les espoirs nés de la micro-informatique; en tenant compte également de la croissance foudroyante du prolétariat dans le Tiers-monde.

En finira-t-on jamais avec le prolétaire ? L'homme déraciné, aliéné, exploité dont Marx annonçait la disparition dans la future cité communiste hante toujours la société mondiale. L'homme dépossédé de lui-même et au nom de qui toutes les révolutions du siècle ont eu lieu, n'a pas disparu, loin s'en faut. Il s'est multiplié au point que le monde entier – le tiers monde - se prolétarise sans cesse, au sens strict où l'entendait l'auteur du Capital. Jacques Ellul propose ici une analyse totalement subversive. D'une certaine manière, elle prend Marx au mot ! Le prolétariat, affirme-t-il, n'a pas été un produit du seul capitalisme mais bien de la société industrielle elle-même. Ainsi, la révolution soviétique, la "voie chinoise", tout comme l'évolution du tiers monde, aboutissent - au rebours de leurs intentions proclamées - à la création d'un immense prolétariat mondial. Toutes les révolutions ont échoué. Toutes, au-delà des discours et des idéologies, ont cédé à la fatalité industrielle et technicienne du capitalisme qu'elles entendaient combattre. Et pourtant, en ce début des années 80, la première vraie révolution devient possible. Une extraordinaire conjonction de facteurs historiques - et technologiques - rend vraisemblable une rupture politique infiniment plus radicale que tout ce que les idéologies ont jusqu'alors envisagé. Pour quelles raisons ? A quelles conditions ? Serions-nous encore capables d'une véritable espérance révolutionnaire ?

L’homme, l’ordinateur et la liberté, Conscience et liberté, n° 23 (1er semestre), pp. 17-22

Le renoncement au sens, Arts plastiques : enseignement, Ministère de la Culture, octobre, n° 16, pp. 8-21

Non a la tentation, Réforme,

La lâcheté, Le Monde,

L’avenir est à Dieu, Sud-Ouest Dimanche, 31 janvier; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistique (pp. 118-120), PyréMonde, 2007

Police: un seul contrepoids, la morale, Réforme,

Pourquoi en un plomb vil…?, La révolution du temps choisi, Sud Ouest ou Ouest France (?), 28 février; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 120-122), PyréMonde, 2007

Ce que je crains de ce voyage, Le Quotidien de Paris,

La croix et la liberté, Le Christianisme au XX Siècle,

Et pourquoi pas l’autarcie ?, Sud-Ouest Dimanche, 28 mars; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 122-124), PyréMonde, 2007

Lech Walesa et le rôle du christianisme, Esprit n°3, mars, pp. 40-47

Réhabiliter Péguy, Foi et Vie n°2, mars, pp. 9-27

Les sources de notre civilisation, Le Quotidien de Paris,

Le dialogue judéo-chrétien: réflexions sur l’allocution du Pape, Information Juive: Le Journal des Communautés - 2ème édition in Israël, Chance de civilisation (pp. 159-161), Première partie, 2008

La réforme que personne n’osera jamais faire, Sud-Ouest Dimanche, 2 mai; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 124-126), PyréMonde, 2007

L’annexion, Le Monde, 4 mai - 2ème édition in Israël, Chance de civilisation (pp. 162-164), Première partie, 2008

La réalité écologiste, Le Quotidien de Paris,

La forêt cache l’arbre, Le Monde,

La force de la parole, Le Quotidien de Paris,

Un supplément d’âme, Sud-Ouest Dimanche, 30 mai; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 126-128), PyréMonde, 2007

Technique, technique !
, Sud-Ouest Dimanche, 20 juin; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 128-130), PyréMonde, 2007

Le tout informatique, Ouest-France, 6 juillet; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroni-ques journalistiques (pp. 130-132), PyréMonde, 2007

Jacques Ellul ou la passion d’un sceptique, Le Nouvel Observateur, date ?

Vers un nouveau paganisme, Réforme,

Israël, agresseur et victime, France catholique, juin - 2ème édition in Israël, Chance de civilisation (pp. 165-168), Première partie, 2008

Et si l’on reparlait de la télévision ?, Sud-Ouest Dimanche, 25 juillet; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 132-134), PyréMonde, 2007

Délinquance: vacances et prévention, Réforme,

Lettre d’un intellectuel de province, Le Quotidien de Paris,

L’OLP, ce n’est pas les Palestiniens, Sud-Ouest Dimanche, 15 août - 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 135-137), PyréM onde, 2007 - 3ème édition in Israël, Chance de civilisation (pp. 169-172), Première partie, 2008

Il y a d’autres Palestines, France Catholique, 20 août - 2ème édition in Israël, Chance de civilisation (pp. 173-175), Première partie, 2008

De quoi je me mêle ?, Le Monde,

Grands travaux, grand secret
, Le Monde,

Darwin et la Bible, Réforme,

Le pape et les Palestiniens : des chrétiens jugent la rencontre Arafat - Jean-Paul II, Le Quotidien de Paris, 17 septembre - 2ème édition in Israël, Chance de civilisation, (pp. 176-178), Première partie, 2008

Régionalisme ou nationalisme ?, Sud-Ouest Dimanche, 19 septembre; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 137-139), PyréMonde, 2007

L’homme, l’animal et Dieu, Bulletin juridique international de protection des animaux, septembre 1982 – août 1983 (?), pp. 116-121

Le témoignage de Jacques Ellul, Sud-Ouest,

Je suis convaincu de la bonne foi de Begin, Nouvelles Littéraires, 30 septembre - 6 octobre - 2ème édition in Israël, Chance de civilisation, (pp. 179-182), Première partie, 2008

Le mensonge de la décentralisation, Ouest-France, 21 octobre; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 139-141), PyréMonde, 2007

Les fabricants d’opinion, Sud-Ouest Dimanche, 7 novembre; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 141-143), PyréMonde, 2007

La rage nationalisée, Sens, Juifs et chrétiens dans le monde d'aujourd'hui, novembre - réédition in Israël, Chance de civilisation (pp. 321-328), Première partie, 2008

Dix-huit mois de contradictions, Sud-Ouest Dimanche, 21 novembre; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 143-146), PyréMonde, 2007

Liminaire (Hommage à Jean Walter), Foi et Vie n°5-6, décembre, p. 1 (à vérifier)

Quelques livres de la théologie de la révolution, Foi et Vie n°5-6, décembre, pp. 75-80

Pour Begin, Information juive, décembre - réédition in Israël, Chance de civilisation (pp. 183-187), Première partie, 2008

A Theological Reflection on Nuclear Developments, Waging Peace,

Faut-il supprimer les fêtes chrétiennes ? Sud-Ouest Dimanche, 26 décembre; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 146-148), PyréMonde, 2007

1983

Éthique et technique, Édition de l’Université libre de Bruxelles,

Recherche pour une éthique dans une société technicienne, « Éthique et technique », Annales de l’Institut de philosophie et de sciences morales ; réédition : Cahiers Jacques-Ellul n°2, pp. 137-148 2004

Questions que l’on peut poser à l’informatique et se poser au sujet de l’informatique à partir de la Bible, Professions n°715, Société Etudes, périodiques, enseignement, janvier-février, pp. 30-37

La dépendance avouée de l’OLP, Information juive, mars - réédition in Israël, Chance de civilisation (pp. 188-190), Première partie, 2008

Croissance démographique et société de masse, Combat nature, avril, n° 55, pp. 13-14.

L’absurde économique, Combat nature, juin, n° 56, pp. 17-18

La chasse aux sorcières, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 13 janvier; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 148-150), PyréMonde, 2007

La Corse exemplaire, Réforme,

La responsabilité du christianisme dans la nature et la liberté
, Combat Nature,

La cassure, Le Monde,

L’An 1, Le Quotidien de Paris,

Écologie, technique et société, Les Cahiers du CPO,

Jouez, nous nous occupons du reste, Vivre Ensemble (?), 25 janvier; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 151-152), PyréMonde, 2007

Chrétien et socialiste ?, Sud-Ouest Dimanche, 20 février; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 152-155), PyréMonde, 2007

L’islam, Foi et Vie n°3, juillet

Pour un socialisme tout autre
, Réforme,

Le nouvel âge d’or, Sud-Ouest Dimanche, 20 mars; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 155-157), PyréMonde, 2007

Debout, les verts !, Sud-Ouest Dimanche, 24 avril; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 158-160), PyréMonde, 2007

Dérives dans l’Église : la tentation de l’islam
, Réforme, 14 mai - réédition in Israël, Chance de civilisation (pp. 191-193), Première partie, 2008

Préface du livre de Bat Ye’or The Dhimmi : Jesus and Christians under Islam (publié en 1985 aux USA et en Grande-Bretagne) finalement éditée en France in Islam et judéo christianisme, Presses Universitaires de France, 2004

Délinquance et société, Sud-Ouest, 27 mai ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 160-161), PyréMonde, 2007

Pas de fumée sans feu !
, Sud-Ouest Dimanche, 29 mai; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques, PyréMonde, 2007

L’impasse: le débat sur l’enseignement supérieur, Le Monde,

Faillite de l’Occident, Ouest-France, 15 juin; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 164-165), PyréMonde, 2007

L’Université, pour quoi faire ?, Sud-Ouest Dimanche, 19 juin; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 165-168), PyréMonde, 2007

Celui qui est toujours ailleurs…, Sud-Ouest Dimanche, 19 juin; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 170-171), PyréMonde, 2007

Croissance zéro ? , Sud-Ouest Dimanche, 17 juillet; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 18-169), PyréMonde, 2007

Deux poids, deux mesures, Information juive, juillet - réédition in Israël, Chance de civilisation (pp. 194-196), Première partie, 2008

Rosenzweig et l’Islam, Foi et Vie n°3, juillet (l’Islam), pp. 78-98 - réédition in Israël, Chance de civilisation (pp. 329-349), Première partie, 2008

L’homme, l’animal et Dieu, Bulletin juridique international de protection des animaux, septembre 1982 (?) – août 1983, pp. 116-121

Son oeuvre est-elle vraiment scientifique ?, Le Quotidien de Paris,

Modernisons, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 11 septembre ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 171-173), PyréMonde, 2007

Supprimons l’institution (?), Réforme, 17 septembre ; réédition in « Jacques Ellul, actualité d’un briseur d’idoles », Réforme hors série, décembre 2004

Le filtre de l’information, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 21 novembre ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 174-176), PyréMonde, 2007

Crise de société et espérance chrétienne, Tychique (Communauté du chemin neuf) n°46, novembre 1983, pp. p. 13-16 - IEP de Bordeaux

Éthique et sanctification, Foi et Vie n°5-6, décembre, pp. 131-132

Ne devenez pas des monomaniaques, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 4 décembre ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 176-178), PyréMonde, 2007

Déclaration de paix, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 25 décembre ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (p. 178), PyréMonde, 2007

1984

LES COMBATS DE LA LIBERTÉ
Genève, Labor et Fides; Paris, Centurion

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Il s’agit du tome 3 de “L'Ethique de la Liberté”, écrit vers 1950 et dont les tomes 1 et 2 ont été édités en 1973-1974.

 

 

 

 

 

 

LA SUBVERSION DU CHRISTIANISME
Paris, Seuil

subversion

La question que je voudrais esquisser dans ce livre est une de celles qui me troublent le plus profondément. Elle me paraît dans l'état de mes connaissances insoluble et revêt un caractère grave d'étrangeté historique. Elle peut se dire d'une façon très simple : Comment l'ordre, la hiérarchie et la loi ont-ils pu se substituer à l'amour, à la fraternité et à la liberté ? Comment la révélation de Dieu s'est-elle transformée en son contraire: une idéologie ? Comment se fait-il que le développement de la société chrétienne et de l'Église ait donné naissance à une société, à une civilisation, à une culture en tout inverses de ce que nous lisons dans la Bible et de ce qui est le texte indiscutable à la fois de la Torah, des prophètes, de Jésus et de Paul? [...] Si bien que d'une part on a accusé le christianisme de tout un ensemble de fautes, de crimes, de mensonges qui ne sont en rien contenus, nulle part, dans le texte et l'inspiration d'origine, et d'autre part on a modelé progressivement, réinterprété la Révélation sur la pratique qu'en avaient la Chrétienté et l'Église. Les critiques n'ont voulu considérer que cette pratique, cette réalité concrète, se refusant absolument à se référer à la vérité de ce qui est dit. Il n'y a pas seulement dérive, il y a contradiction radicale, essentielle, véritable subversion."

Israël : un signe d’espérance pour une Église en exil spirituel, Haschomer Israël - 2ème édition in Israël, Chance de civilisation (pp. 350-358), Première partie, 2008

Les deux voies du syndicalisme, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 22 janvier ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 179-181), PyréMonde, 2007

La perversion des mots, Information juive, février - réédition in Israël, Chance de civilisation (pp. 197-200), Première partie, 2008

L’Europe dans l’ornière, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 19 février ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 181-182), PyréMonde, 2007

Crise de la culture, un exemple : l’art contemporain, Combat nature, février, n° 60, p. 23-24.

Les enjeux du stade, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 25 mars ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 183-185), PyréMonde, 2007

L’incertitude de la science, Combat nature, août, n° 65, p. 32-33.

Caissière dans un hypermarché, Foi et Vie n°2-3, avril

Des techniques et des hommes, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 6 mai; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 185-187), PyréMonde, 2007

L’instinct de mort, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 3 juin ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 188-190), PyréMonde, 2007

La prévention ou la terreur, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 15 juillet; 2ème édition in Penser globalement agir localement – chroniques journalistiques (pp. 190-192), PyréMonde, 2007

Êtes vous « branché » ?, Sud-Ouest ou Ouest France (?), (date ?) ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 193-195), PyréMonde, 2007

Fils de personne, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 16 septembre ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 195-197), Pyrémonde, 2007

La dignité de la mort, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 20 septembre ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 197-198), PyréMonde, 2007

La rigueur et le gaspillage, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 25 novembre ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 198-201), PyréMonde, 2007

Travail noir, Professions n° 727, Société Etudes, périodiques, enseignement, novembre, pp. 4-6

De cendre et de soleil (H. Capieu), Foi et Vie n°6, pp. 89-74 (à vérifier)

Vivre une nouvelle époque (J. Gastanbide), Foi et Vie n°6, pp. 89-74 (à vérifier)

Les langues de la Bible (M. Carvez), Foi et Vie n°6, pp. 89-74 (à vérifier)

Les lettres de Paul et de Jude (M. Carvez, M. Dumais, P. Dornier, M. Trimaille), Foi et Vie n°6, pp. 89-74
(à vérifier)

Mahomet et les dogmes chrétiens d’après le Coran (?), Foi et Vie n°5-6, décembre (à vérifier)

L’homme à roulettes
, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 2 décembre ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 201-203), PyréMonde, 2007

Mahomet et les dogmes chrétiens d’après le Coran (?), Foi et Vie n°5-6, décembre

Que reste t-il des symboles ?, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 23 décembre ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 203-204), PyréMonde, 2007

1985

CONFÉRENCE SUR L'APOCALYPSE DE JEAN

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Nantes, AREFPPI (Association pour la Recherche, l’Enseignement, la Formation, la Pratique de la Psychanalyse)

Ce recueil est la retranscription exacte des conférences faites à Nantes les 3 et 4 novembre 1984 et des échanges qui suivaient. Le programme s'organisait en trois demi-journées.
1) Cinq remarques générales, d'une part sur l'Apocalypse en tant que genre littéraire pendant quatre siècles, d'autre part sur la spécificité du texte attribué à Jean, au sein de ce genre littéraire.
2) L'organisation du texte de Jean: alors que l'on a l'impression que les différents passages sont collés les uns aux autres sans lien qui les unit, une lecture plus approfondie permet de déceler une structure qui confère au texte toute sa cohérence et, par conséquent tout son sens.
3) Une approche de quelques uns des symboles exprimés dans le texte : les sept letttres, les quatre cavaliers, le Jugement, la Jérusalem céleste.

Ce petit livre aprésente l'avantage de retranscrire un échange avec un public sur un sujet ardu. Il a donc valeur pédagogique. Sa lecture complète parfaitement celle de la longue étude qu'Ellul avait publiée en 1975 sur ce texte biblique (L'Apocalypse, une architecture en mouvement).

L’antidestin, Foi et Vie, janvier, n° 1-2, pp. 113-122
Extrait : « Il est clair que l’homo sapiens a vécu comme s’il était libre, je ne dis pas socialement ou économiquement. Mais il se comportait en homme libre dans l’exacte mesure où il cherchait à tirer parti du milieu dans lequel il vivait. (…) S’il n’avait pas été habité par une obscure liberté, il n’aurait pas fait des outils, des vêtements, des abris (…) . Bien entendu, cette volonté de se libérer de cette contrainte n’est en rien ni claire ni formulée. (Mais) sitôt que nous avons des traces explicites de l’expression pensée de l’homme, celui-ci se dit, se décrit comme déterminé : il découvre destin, fatalité, etc…Autrement dit, il me paraît que dans le passage des sociétés ‘’préhistoriques’’ aux sociétés ‘’historiques’’, il y a passage d’une société où l’homme agit comme s’il était libre, de façon spontanée, à une société où, pensant et s’exprimant, il se dit soumis à l ‘inéluctable et à une nécessité dominante. C’est une contradiction qu’il convient de souligner. »

Beaucoup de télés, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 3 février ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 205-206), PyréMonde, 2007

La torture et l’attentat, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 24 février ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 207-208), PyréMonde, 2007

Ne sous-estimez pas Le Pen, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 7 avril ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 208-210), PyréMonde, 2007

L’amour désintégré, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 16 juin ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 210-212), PyréMonde, 2007

Le libéralisme n’est pas la liberté, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 28 juillet 1985 ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 213-214), PyréMonde, 2007

Apartheid : circonstances atténuantes ?, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 25 août ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 214-216), PyréMonde, 2007

Les minorités agissantes et la démocraties, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 22 septembre ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 216-218), PyréMonde, 2007

La classe politique contre la démocratie, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 17 novembre ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 218-220), PyréMonde, 2007

Job dépose son bilan, Foi et Vie n°6 84e année, décembre (sous un pseudonyme ?)

Sagesse de l’économie politique, Région et aménagement du territoire : mélanges offerts à Joseph Lajugie, Bordeaux : Bière, pp. 91-100

1986

La culture de l’oubli, Foi et Vie n° 1, janvier, pp. 13-22 - 2ème édition in Israël, Chance de civilisation (pp. 359-369), Première partie, 2008
Extrait : « L’oubli est un bienfait. Un bienfait humain et social. C’est une des fonctions miséricordieuses de la vie. La possibilité pour un homme de na pas être toujours enchaîné à son passé. (…) Et l’on sait la crainte que l’on pourrait avoir si tout était enregistré dans une mémoire infaillible. Ce dont nous sommes menacés avec l’ordinateur. (…) Mais corrélativement, et en exacte contrepartie, au fur et à mesure que s’organise et se met en place cette mémoire objective et technique, se développe le mouvement de la récusation, de défoulement, de délation, de désagrégation et, à la limite, de disparition de la mémoire personnelle ou des micro-groupes. (…) Ce qui disparaît certainement est la mémoire de la relation au groupe. Et plus le groupe est étendu, plus ma mémoire s’efface. Comme s’il y avait une sorte de transfert de la mémoire personnelle à celle de l’ordinateur. »

Deux lois, deux mesures, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 26 janvier ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 221-223), PyrémMonde, 2007

UN CHRÉTIEN POUR ISRAËL
Monaco, Éditions du Rocher (collection Hatsour)

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Après être resté longtemps indifférent à la question juive, Ellul explique comment son cheminement théologique l’a conduit à s’y intéresser. Il reprend une thèse banale qu'il transfigure par la qualité de sa démonstration : toute critique contre Israël concerne en vérité tous les Juifs. Situation paradoxale d'un libertaire prenant la défense d'un état militaire et technicien, dans le conflit qui l’oppose au monde arabe.

Un chrétien pour Israël Sens, Juifs et Chrétiens dans le monde d’aujourd’hui, mars - réédition in Israël, Chance de civilisation (pp. 370-382), Première partie, 2008
Ellul a rédigé lui-même un résumé de son livre paru chez Hatsour.

Fragilité (?), Réforme, 8 mars ; réédition in « Jacques Ellul, actualité d’un briseur d’idoles », Réforme hors série, décembre 2004

L’immuable pouvoir, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 16 mars ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 223-225), PyréMonde, 2007

Politique : les vieilles innovations, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 27 avril ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 225-227), PyréMonde, 2007

Le chrétien complexé, Information juive, mai - réédition in Israël, Chance de civilisation (pp. 201-205), Première partie, 2008

Aimez-vous Barth ?, Réforme, 10 mai ; réédition in « Jacques Ellul, actualité d’un briseur d’idoles », Réforme hors série, décembre 2004

L’angoisse des incertitudes, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 18 mai ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 228-230), PyréMonde, 2007

Tolérance, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 28 mai ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 230-231), PyréMonde, 2007

Les oubliés de l’histoire, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 22 juin ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques, (pp. 231-233), PyréMonde, 2007

Qui donc se soucie des protestants, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 20 juillet ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 233-235), PyréMonde, 2007

Forêt déserte, forêt incendiée, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 21 septembre ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 235-237), PyréMonde, 2007

Ni maudits, ni coupables. Malheureux, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 2 novembre ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 237-239), PyréMonde, 2007

La grève… mais la suite ? Sud-Ouest ou Ouest France (?), 14 décembre ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 240-241), PyréMonde, 2007

1987

CE QUE JE CROIS
Paris, Grasset et Fasquelle

cequejecrois

Ellul amorce ainsi ce livre, au titre imposé : "Il me serait finalement beaucoup plus aisé d'exprimer ce que je ne crois pas (...) parce que (...) le premier devoir d'un homme est de dire non. (...). Ce que je ne crois pas est parfaitement clair et précis; ce que je crois est complexe, composé du plus diffus  je dirais plus inconscient aussi -  et du plus théorique. Ce que je crois me met en cause moi-même alors que ce que je ne crois pas peut-être distancié, regardé comme extérieur et par conséquent relativement bien défini, et peut faire l'objet d'une taxinomie."

Par ces mots, Ellul annonce assez bien la fameuse coupure entre le "volet sociologique" et "volet théologique" et aussi ce qui les relie. Dans la première partie du livre, il développe d'ailleurs sa propre conception de la dialectique qui justifie à la fois cette séparation et cette articulation. Dans la seconde, il se lance dans une audacieuse histoire de l'Humanité. Audacieuse car fondée sur "ce qu'il croit". Dans la troisième et dernière partie du livre, Ellul parle de sa foi non pas tant en termes subjectifs (ce qui relève de son intimité) mais en insistant sur ce qu'elle lui enseigne en tant que sociologue: "Ceux qui n'acceptent pas le transcendant comme réalité dernière au-delà de notre connaissance et de notre expérience doivent admettre qu'il n'y a aucun autre avenir que la fin technicienne, dans tous les sens de ce terme, et la fin de l'humain, dans le seul sens de l'élimination".

LA GÉNÈSE AUJOURD'HUI avec François TOSQUELLES
Ligné, AREFPPI (Association pour la Recherche, l’Enseignement, la Formation, la Pratique de la Psychanalyse) ; préface de Claude David

genese

La première partie du livre (les deux premiers tiers) sont la retranscription d’une conférence-débat qu’Ellul tint les 30 novembre et 1er décembre 1985 à Bordeaux, auprès de membres de la fondation PI (groupe de psychiatres militants se réclamant du mouvement de la psychothérapie institutionnelle, sorte d’alternative à l’hôpital psychiatrique). La deuxième partie, indépendante de la première, est constituée d’entretiens menés en 1987 avec François Tosquelles (psychanalyste, animateur du mouvement catalan républicain pendant la guerre d'Espagne, fondateur du mouvement de psychothérapie institutionnelle).
Ellul concentre en fait son analyse sur les deux premiers livres de la Genèse et en explique les raisons. Extrait : « Il y a deux récits de la création, ce sont des récits qui ne coïncident pas. On les distingue, en général, parce que dans le premier, Dieu est appelé Elohim, dans le second, il est appelé d’un nom que l’on traduit généralement par Yahvé – mais c’est faux car il est imprononçable. Donc Dieu porte un autre nom. Alors, l’interprétation courante que l’on donne est celle-ci : ce sont des récits de traditions différentes, des récits de dates différentes également et qu’un compilateur malhabile de la Bible a collé l’un contre l’autre sans s’apercevoir qu’il y avait plein de contradictions, que cela ne marchait pas bien. Cela, c’est l’interprétation historique, exégétique, du XIXe siècle et du début du XXe siècle, et qui présente cette espèce de mépris du scientifique moderne pour ces pauvres gens du Vie siècle avant Jésus-Christ qui ne savaient pas penser. (…) Notre question sera un peu autre dans la mesure où il s’agit de savoir si les deux récits ne se complètent pas et ne nous disent pas des choses qui progressent en vérité. »

LA RAISON D'ÊTRE: MÉDITATION SUR L'ECCLÉSIASTE
Paris, Seuil (collection Sagesses)

COUVERTURE (1ère édition)

Tout est vanité et poursuite de vent - le pouvoir, l'argent, le travail, la gloire, la sagesse… et même le bien; tout est poussière et retournera à la poussière. Pourtant, il convient de vivre, de "faire comme si"… Depuis plus de quarante ans, Ellul savait que toutes ses recherches le conduiraient à s’expliquer sur le Livre de l’Ecclésiaste (dont il dit: “il n’y a probablement de texte que j’ai autant fouillé, dont j’aie autant reçu et qui m’ait autant rejoint et parlé”). Considérant que seule une approche personnelle de ce livre pourrait conclure son œuvre; ce qui suivrait ensuite n’étant qu’un simple complément, il démontre comment tout pouvoir de l’homme sur l’homme ne peut ne relever que de la vanité. En revanche, alors que l’auteur du Livre de l’Écclésiaste apparaît pour beaucoup comme celui qui doute de tout et ne croit plus en rien, le modèle même du sceptique, Ellul y voit celui de l’homme de foi par excellence. Car si l’Écclésiaste multiplie les propos contradictoires, répétant par exemple sans cesse que la sagesse est du vent et la plaçant pourtant au-dessus de tout, c’est pour mieux révéler la contradiction de la vie elle-même. Ellul avance donc que le Livre n’obéit à aucun plan rationnel (ce qui desservirait le propos) mais se risque en revanche à proposer une trame nous mettant alternativement en présence de la vanité, de la sagesse et de Dieu.

Le pardon et l’oubli, Information juive, janvier - réédition in Israël, Chance de civilisation (pp. 205-208), Première partie, 2008

La troisième guerre mondiale a commencé, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 15 février - 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 241-244), PyréMonde, 2007

Un chrétien pour Israël, Sens, Juifs et chrétiens dans le monde d’aujourd’hui, mars - 2ème édition in Israël, Chance de civilisation (pp. 370-382), Première partie, 2008

Le sida et la morale (?), Réforme, 21 mars; réédition in « Jacques Ellul, actualité d’un briseur d’idoles », Réforme hors série, décembre 2004

Dans le brouillard, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 26 avril ; 2ème édition in Penser globalement, agir locale-ment – chroniques journalistiques (pp. 244-246), PyréMonde, 2007

SOS Prévention !, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 7 juin ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 246-248) PyréMonde, 2007

La honte et la peur, Le Monde, 18 juin
Extrait :
Se servir des malades du SIDA pour obtenir des voix à l'élection présidentielle est une abomination. Je dois dire que jusqu'ici je n'avais jamais pris très au sérieux M. Le Pen. Il ne me parait pas avoir l'envergure d'un grand politique ni d'un dictateur, même comme Mussolini. Sa propagande me paraissait très superficielle et vieillotte. Ses derniers résultats électoraux provenaient davantage de la double déception des Français, déception provoquée d'abord par l'échec de la gauche, ensuite par la politique de M. Chirac.

La charrue et l’étoile, entretien avec Jean-Claude Raspiengeas, Télérama, juillet ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 272-276), PyréMonde, 2007

L’erreur pontificale, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 12 juillet ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 248-250), PyréMonde, 2007

Pour une charte des devoirs de l’Homme (I), Sud-Ouest ou Ouest France (?), 20 septembre ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques, (pp. 250-252) Pyrémonde, 2007

Pour une charte des devoirs de l’Homme (II), Sud-Ouest ou Ouest France (?), 1er novembre ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 252-254), PyréMonde, 2007

Dimes et prémices, Tychique n°70, Communauté du chemin neuf, novembre (partage et espérance) pp. 7-9 - IEP de Bordeaux

Une conférence sur le Proche-Orient ? Le temps d’une valse
, Information juive, novembre-décembre - réédition in Israël, Chance de civilisation (pp. 209-211), Première partie, 2008

La confusion des sentiments, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 6 décembre ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 254-256), PyréMonde, 2007

Christ est-il juif (?), Foi et Vie n°6, décembre

Un monde sans espoir ?, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 27 décembre ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 256-260), PyréMonde, 2007

Le rôle du droit comme réducteur de crise au XIVe Siècle, in Droit, institutions et systèmes politiques : mélanges en hommage à Maurice Duverger (publié sous la direction de Dominique Colas et Claude Emeri), PUF, pp. 63-77

Peut-il exister une culture technicienne ?, Revue internationale de philosophie, n°161 ; réédition : Cahiers Jacques-Ellul n°2, pp. 93-106, 2004. Article : http://www2.unil.ch/erie/Ellul%20TES%20CultTechn%20Abr.pdf

1988

Télévision et culture, Le Monde, 20 janvier
Extrait :
Si l'on examine les programmes des chaines 1, 2, et 3 depuis environ six mois, on s'aperçoit que tous les films classiques, ou vraiment significatifs, et que tous les spectacles de qualité sont programmés à partir de 23h30, parfois même à partir de 0h30. Je voudrais alors savoir : l'indice d'écoute est-il plus favorable à 23h30 qu'à 20h30 ? Est-il judicieux de placer en concurrence, à la même heure pour les trois chaines, des spectacles également importants ? Mais surtout : on ne cesse de déclarer que la télévision doit être un instrument de culture pour les jeunes et...

Le conformisme contre Israël, Réforme, 6 février; 2ème édition in « Jacques Ellul, actualité d’un briseur d’idoles », Réforme hors série, décembre 2004 – 3ème édition in Israël, Chance de civilisation (pp. 212-214), Première partie, 2008

Pour Israël
, Sud-Ouest, 15 février - 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalis-tiques, pp. 258-261, Pyrémonde, 2007 – 3ème édition in Israël, Chance de civilisation (pp. 215-218), Première partie, 2008

Une solidarité totale avec Israël, Haschomer Israël - réédition in Israël, Chance de civilisation (pp. 393-391), Première partie, 2008

La candidature du « rassembleur », Sud-Ouest ou Ouest France (?), 27 mars; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 261-262), Pyrémonde, 2007

ANARCHIE ET CHRISTIANISME
Lyon, Atelier de Création Libertaire

anarchie

On assimile généralement le christianisme au conservatisme social et politique; le fait est que les Églises ont toutes collaboré avec les pouvoirs en place. Pourtant, Ellul montre ici, textes bibliques à l’appui, que le christianisme envisagé dans son rapport à la politique, incite à l’insoumission, à la dissidence, à la récusation même de tout pouvoir, de toute hiérarchie.
Extrait : Quel peut être mon objectif en écrivant ces pages ? Je crois qu'il est très important de bien situer le projet pour éviter tout malentendu ! Tout d'abord, qu'il soit bien clair que je n'ai aucune intention prosélyte ! Je ne cherche nullement à « convertir » des anarchistes à la foi chrétienne ! Ceci n'est pas une simple attitude d'honnêteté, mais se trouve également fondé bibliquement... Réciproquement, je ne cherche nullement à dire aux chrétiens qu'ils doivent devenir anarchistes ! Mais seulement que, parmi les options « politiques », s'ils tiennent à s'engager dans une voie politique, ils ne doivent pas écarter d'avance l'anarchisme, mais que, bien au contraire, à mes yeux celui-ci me parait la conviction la plus proche, dans son domaine, de la pensée biblique.

La campagne sacrifiée, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 24 avril ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 262-265), PyréMonde, 2007

Lecture d’une autre lecture, Le Christianisme au XXème siècle
, revue ?, 6 juin – 2ème édition in Israël, Chance de civilisation (pp. 219-223), Première partie, 2008

France, terre d’asile, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 3 juillet ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 265-267), PyréMonde, 2007

La « diplômanie » française, Sud-Ouest ou Ouest France (?), 17 juillet ; 2ème édition in Penser globalement, agir localement – chroniques journalistiques (pp. 267-269), PyréMonde, 2007

Les précurseurs, Foi et Vie, n° 6, juillet, pp. 31-41
Dans un numéro spécial de Foi et Vie sur le thème « Science, techniques, éthique », Ellul repère les penseurs qui, les premiers, ont traité ce sujet. Ayant rappelé que les techniques qui ont été inventées avant le XVIII e siècle relevaient du simple outillage tandis que celles qui se sont développées depuis la Révolution industrielle constituent un véritable système environnant et contraignant, il évoque un livre de Kostas Axellos sur Marx, un article de Marc Bloch dans les Annales… Il reconnaît que les thèmes du machinisme, du taylorisme, la condition ouvrière n’ont pas manqué mais sans véritable portée critique. Pire, les penseurs chrétiens, en particulier Mounier, Yona Friedmann, Simone Weil, voyaient dans l’homme qui crée de la technique celui qui s’évertue à suivre la ligne que Dieu lui a tracée. Certains allaient jusqu’à imaginer une société où, grâce aux machines, l’homme n’aurait plus aucun travail à effectuer et où règnerait l’abondance ! C’est en Allemagne et aux Etats-Unis que l’on trouve les premiers pionniers de cette remise en question. Outre Rhin, Max Weber (Économie et société, 1922), Oswald Spengler (L’homme et la Technique, 1931) et Fritz Schumacher (Der Fluch de Technik, 1933) sont les plus pertinents. Mais c’est des USA que vient l’analyse la plus percutante : le véritable initiateur d’une réflexion fondamentale sur la technique est Lewis Mumford. Son grand livre, Technique et Civilisation (1934), apporte une vue véritablement globale sur le phénomène.

LE BLUFF TECHNOLOGIQUE
Paris, Hachette

bluff

Le dernier volet de la trilogie ellulienne sur le phénomène technicien concerne le discours qui vise à obtenir l'adhésion de tout le corps social au système technicien, à le persuader que la technique est la seule solution à tous les problèmes et que l'homme grandit en liberté à chaque progrès technique. Le résultat: l'homme est aujourd'hui "tellement fasciné par le kaléidoscope des techniques qui envahissent son univers qu'il ne sait et ne peut vouloir rien d'autre que de s'y adapter complètement". Il y a un terrorisme feutré de la technologie : "Il y a un vrai chantage à l'intelligence, qui est assez global: "être in", "être branché ", formules dont une base essentielle est l'informatique, sont des attestations d'intelligence. Et ce sont des formules terroristes. Il n'y a qu'à voir l'air de souverain mépris que l'on a, avec de la commisération pour ceux qui ne sont pas in ou branchés!". Après ce constat pessimiste, il est temps de nous poser la question: qu'en est-il de la maîtrise de l'homme sur la technique? Le système laisse-t-il encore du jeu pour l'initiative humaine ?

Sommaire : http://intelligence.gensys-net.eu/?p=19
Analyse : http://1libertaire.free.fr/JEllul06.html


Préface du livre Informatique, pouvoir et liberté de André Vittalis, Economica, pp. V-XI.

1989

Le monothéisme ? Qu'est ce que c'est ?, Réforme, 20 mars – 2ème édition in Israël, Chance de civilisation (pp. 224-226), Première partie, 2008

Non à l’intronisation de l’islam, Réforme, 15 juillet ; 2ème édition in « Jacques Ellul, actualité d’un briseur d’idoles », Réforme hors série, décembre 2004 – 3ème édition in Israël, Chance de civilisation (pp. 227-228), Première partie, 2008

Extrait : "Ce n’est pas une marque d’intolérance religieuse: je dirais "oui", aisément, au bouddhisme, au brahmanisme, à l’animisme..., mais l’islam, c’est autre chose. C’est la seule religion au monde qui prétende imposer par la violence sa foi au monde entier. Je sais qu’aussitôt on me répondra : " Le christianisme aussi ! " Et l’on citera les croisades, les conquistadors, les Saxons de Charlemagne, etc. Eh bien il y a une différence radicale. Lorsque les Chrétiens agissaient par la violence et convertissaient par force, ils allaient à l’inverse de toute la Bible, et particulièrement des Évangiles. Ils faisaient le contraire des commandements de Jésus, alors que lorsque les musulmans conquièrent par la guerre des peuples qu’ils contraignent à l’Islam sous peine de mort, ils obéissent à l’ordre de Mahomet. Le djihad est la première obligation du croyant. Et le monde entier doit entrer, par tous les moyens, dans la communauté islamique.
Je sais que l’on objectera : "Mais ce ne sont que les intégristes qui veulent cette guerre". Malheureusement, au cours de l’histoire complexe de l’Islam, ce sont toujours les "intégristes", c’est-à-dire les fidèles à la lettre du Coran, qui l’ont emporté sur les courants modérés, sur les mystiques, etc. Déclarer sérieusement qu’en France l’adhésion de "certains musulmans" à l’intégrisme est le résultat d’une crise d’identité est une désastreuse interprétation. L'intégrisme en Iran, en Syrie, au Soudan, en Arabie Saoudite, maintenant en Algérie est-il une réaction à une crise d’identité ? Non, l’intégrisme est seulement le réveil de la conscience religieuse musulmane chez des hommes qui sont musulmans mais devenus plus ou moins "tièdes". »

Une propagande de civilisation, Catholica, septembre, n° 15, p. 22-31. Entretien avec Jean-Marie Domenach réalisé par Stéphen de Petiville

Le Coran et la guerre, Réforme, 28 octobre – 2ème édition in Israël, Chance de civilisation (pp. 229-230), Première partie, 2008

La modernité et la Shoah, revue Pardès, « Penser Auschwitz » - réédition in Israël, Chance de civilisation (pp. 392-400), Première partie, 2008

Un club de prévention, Foi et Vie, n° 6, pp. 75-86 (à vérifier)

Semence (A. Butte), Foi et Vie, n° 6, pp. 83-84 (à vérifier)

L’agitation et le rire, Foi et Vie, n° 6, pp. 85-87 (à vérifier)

Technique et économie, L’Univers philosophique, PUF

La communication, Sociétés n° 2, pp. 3-25 (à vérifier)

 

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