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N°2 La technique

N°2 2004
Le premier numéro des Cahiers Jacques Ellul a trouvé son public. Ce succès est un encouragement pour son éditeur, l’Association Internationale Jacques Ellul. Paradoxalement, cette réussite nourrit aussi chez certains quelques inquiétudes. Didier Nordon a fait un (mauvais) rêve : la pensée d’Ellul, ou du moins son ersatz, citée à tort et à travers par l’ensemble de la classe politico-médiatique. Pour éviter sa banalisation et sa trahison, il encourage l’A.I.J.E. à rester ellulienne, donc petite. A l’inverse, notre ami David W. Gill s’inquiète moins du déviationnisme que des risques de division en petites chapelles recroquevillées sur elles-mêmes. Il milite résolument en faveur de l’ouverture et du pluralisme. La publication en version originale (outre l’occasion d’entretenir notre lecture de l’anglais et de rendre la politesse à The Ellul Forum) de l’article du président de l’International Jacques Ellul Society a valeur de symbole. Elle renforce les liens qui nous unissent aux amis américains d’Ellul par delà toute considération de politique internationale.

Les attentats du 11 septembre 2001 et le déclenchement de la « guerre contre le terrorisme » en Afghanistan, en Irak et ailleurs, sont l’occasion de rappeler l’exigence chrétienne radicale d’Ellul en la matière. Non seulement il réfute la fameuse théorie de « la guerre juste» qui légitime le recours à la violence mais il plaide aussi en faveur de la « non-puissance», c’est-à-dire le refus délibéré d’exercer sa puissance. Si la guerre peut s’avérer inévitable du point de vue politique, elle ne peut jamais se justifier au regard de la foi en Christ.

Sur le même sujet, Patrick Troude-Chastenet se demande si l’on peut vouloir faire la guerre au nom (de la défense) du Droit sans risquer soit de perdre la première soit de bafouer le second. Le traitement que l’Amérique réserve à ses prisonniers – au nom de l’efficacité ! – illustre selon lui la difficulté des démocraties pluralistes à respecter leurs propres règles lorsqu’elles sont confrontées à la menace terroriste. Il est toujours question des Etats-Unis avec Franck Bousquet qui décrit les films holywoodiens comme l’illustration parfaite de la société technicienne analysée par Ellul. Ne retrouve-t-on pas en effet le principe technique – la recherche de l’efficacité et donc la valorisation du spécialiste – à l’origine de la plupart des scénarios des blockbusters ? Daniel Cérézuelle s’est intéressé pour sa part à deux films de science-fiction symptomatiques de notre fascination pour les techniques informatiques. A la manière complaisante de The Matrix ou plus distanciée de Avalon, cette plongée dans le monde virtuel flatterait nos désirs régressifs et nous éloignerait aussi dangereusement du « sens des réalités » que le ferait une drogue.


Sommaire :

Editorial

POINT(S) DE VUE

Didier NORDON : Restons petits !

David W. GILL : How Big is the Tent ?

ACTUEL

Jacques ELLUL : Les chrétiens et la guerre  (1991)

Patrick TROUDE-CHASTENET : Guantanamo : le Droit entre parenthèses
Franck BOUSQUET : les Blockbusters hollywoodiens des années 90,
un discours cinématographique au service de la société technicienne


DOSSIER : LA TECHNIQUE

Jacques ELLUL : La technique considérée en tant que système (1976)
Dominique BOURG : Jacques Ellul ou la condamnation morale de la technique

Alain GRAS : Jacques Ellul ou l’illusion du progrès technique

Jacques ELLUL : Peut-il exister une « culture technicienne » ? (1987) 


ARCHIVES

Jacques ELLUL : Théologie et technique (inédit date ?)

Jacques ELLUL : Max Weber et l’éthique protestante
 (1964)
Jacques ELLUL : Recherche pour une Ethique dans une société technicienne (1983)

IMAGES

Daniel CÉRÉZUELLE : Existences virtuelles


LIBRAIRIE

Jean-Luc PORQUET : Jacques Ellul, l’homme qui avait (presque) tout prévu
Alston CHASE : Harvard and the Unabomber. The Education of an American Terrorist.

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