| Années 1940 |
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photo : Fédération Française du Protestantisme
1940 Révoqué par l’État de Vichy parce ce que son père n’est pas de nationalité française, Ellul revient dans le bordelais. 1941 Essai sur le recrutement de l’armée française aux XVIIe et XVIIe siècles, mémoire de l’Académie des sciences morales, prix d’Histoire de l’Académie française. Ce pur travail de commande permet à Ellul de survivre dans une période difficile, où il est obligé de s’improviser fermier agriculteur. 1942 Les communautés naturelles, Communauté, pp. 57-79, Éditions Je sers (Paris), et Labor (Genève)
Extrait : « L’existence des communautés humaines est un fait que le XIXe siècle a essayé de minimiser et que le XXe siècle simplifie considérablement. La sociologie, science nouveau-née (et déjà vieillie) l’a souvent analysée. Il s’agit d’un fait d’expérience, et nous l’étudierons en nous soumettant à sa réalité. Mais pas à la manière des sociologues. Car notre but est différent du leur. Ils veulent, eux, comprendre de l’extérieur, connaître objectivement la communauté. Nous nous plaçons, nous, à l’intérieur des communautés auxquelles nous participons pour chercher quelle attitude personnelle doit y être la nôtre. Nous ne sommes pas ici des savants, mais des chrétiens ». 1943 Agrégé de droit romain mais n’ayant pas le droit d’enseigner depuis sa disgrâce de 1940, Ellul poursuit son existence d’agriculteur jusqu’à la Libération tout en participant à la Résistance (actions de secours et de liaison). A la Libération, membre de jurys ayant à juger certains cas de collaboration, il s’y montre particulièrement clément. A la même époque, il écrit «J’ai essayé d’établir un plan de ce que pourrait être une oeuvre de connaissance de la société actuelle, avec, en parallèle, le contrepoint théologique», in A temps et à contretemps pp. 68 et 154 La famille, le patrimoine, Au service du Maître, décembre.
Couverture http://maurice-darmon.blogspot.com/2009/07/jacques-ellul-victoire-dhitler-23-juin.html
La guerre inexpiable, Réforme, juillet. Plan de l’ouvrage : Quand les mots perdent leur sens, Réforme, 10 août, série "Dictature et démocratie". Extraits : « Je ne vais pas tracer les grandes lignes d’une politique humaniste. Je crois qu’il y a d’abord un travail d’éclaircissement à faire (…). Il est dramatique de voir un peuple qui se laisse aller par peur du fascisme, et qui, se laissant aller, va provoquer nécessairement une dictature. Voici le premier grand obstacle à une politique française (…). Or, ce qu’il faudrait comprendre, c’est que ce problème : dictature-démocratie est en réalité un faux problème. Aujourd’hui, l’homme est attaqué dans sa personne et dans sa vie, non pas par des systèmes ou des théories, mais par un certain nombre de principes qui sont admis dans toute la civilisation, et sous n’importe quelle forme d’état. (…) l’homme vit dans une civilisation matérialiste. (…) Il s’agit dans le monde entier de produire des richesses. Il s’agit d’augmenter le confort (…). Il y a le fait d’un monde qui est tout entier orienté vers une surproduction. Pour réaliser ce but de production, l’homme déploie une activité inouïe, une activité dévorante et une activité mécanique. L’homme est peu à peu aligné sur la machine, aligné sur les choses ».Problemen van het Christendom van heden (Problèmes du christianisme aujourd'hui), Wending, vol.1, n°11, janvier, pp.625-644
Die Kommunistische Taktik (Les tactiques communistes), In Extremis, vol.13, n°1-2, mars, pp.1-8
Lecture d'Ellul pendant la semaine de l'université oecuménique de Bassel, Suisse (1946) Une solution américaine, Critique, n°10, mars (disponible sur galaxidion, 18 euros)
Ce texte est un commentaire de l'ouvrage d’Emery Revès « Anatomie de la Paix » (5 pages) Indications sur les tâches actuelles des juristes chrétiens, Le Semeur ; 45e année, No 6-7, avril-mai, pp. 485-493
L’unité ou la mort, Réforme, 17 mai "Unité", un mot-clé qui envahit la politique française avec toute sa mystique, mais le chemin proposé pour arriver à l'unité est artificiel et naïf. Le débat doit continuer et ne pas être tû. Anwendung der Kommunistischen Strategie in der Gegenwart (Application de la stratégie communiste dans le présent), In Extremis, vol.13, n°3-4, mai, pp.41-55 Lecture d'Ellul pendant la semaine de l'université oecuménique de Bassel, Suisse (1946) Problèmes de civilisation - II (On demande un nouveau Karl Marx), Foi et Vie, n°3, mai-juin, pp. 360-374. Les nouvelles utopies scientifiques élaborées, ainsi que les inconvénients des solutions techniques. Aucune analyse contemporaine de la société n'arrive à la cheville de l'analyse que Marx avait réalisée en son temps. Nous avons besoin d'une méthode et d'un impact comparables. Les structures, forces permanents, sont à la base de la société. Propositions louches, Réforme, 28 juin Considérant les performances désastreuses du gouvernement français, sa disparition pourrait avoir de nombreux avantages. Notes sur le procès de Nüremberg, Verbum Caro, août, pp.97-112 Le procès de Nuremberg était injustifiable, juridiquement parlant... A Nuremberg il n'y avait rien d'autre qu'une relation de force et une expression de vengeance. Dans le procès, les nationalismes en ont fait l'opposé d'un "tribunal de justice suprême". Le Nazisme et ses crimes ont leurs racines dans les "fruits de notre civilisation". Les mots utilisés dans la condamnation étaient "progressif, democratie, idéologie libérale". Le chemin chrétien doit être totallement différent. Mais où va l’esprit de l’homme ?, Réforme, 6 septembre Propagande, politique française, et les chrétiens. Problèmes de civilisation - III (Le réalisme politique), Foi et Vie, n°7 novembre-décembre, pp. 698-734 Retour à l’ordre, Réforme, 13 décembre Les choses sont redevenues "normales", avec le puissant qui opprime le faible. L'espoir du 19ème siècle pour un "nouvel ordre de l'histoire" était une illusion. Pour trouver une vraie liberté et une vraie justice, les chrétiens et ceux qui veulent les rejoindre doivent s'identifier aux opprimés. L’économie, maîtresse ou servante de l’homme ?, conférence publiée dans L. Maire et alii, Pour une économie à la taille de l’homme, Roulet, Genève, pp. 43-58 (réédition : L'Economie Dir. Patrick Troude-Chastenet, Cahiers Jacques-Ellul n°3, Le Bouscat, L'Esprit du Temps, diff. PUF, 2005, pp. 69-83) L’homme moderne, quel que soit le régime politique dans lequel il s’inscrit, est englobé dans l’économie. Il n’y est plus considéré qu’en tant que producteur - consommateur. Le socialisme comme le capitalisme l’asservissent à l’économie car ils ont récupéré dans leurs doctrines respectives tout ce qui, auparavant, relevait de la vie spirituelle. L’homme idéal est un homme hygiénique, vivant dans le confort et l’immédiateté au prix d’un travail qui l’absorbe et lui évite de se poser des questions morales ou métaphysiques. L’apologie du travail a atteint le stade d’une véritable mystique. Ainsi l’homme est-il devenu l’esclave de l’économie. Positions bibliques sur la médecine, Les deux cités : Cahiers des Associations Professionnelles Protestantes, sur le thème des études médicales, Vol.4, pp.9-23 La maladie peut être utilisée par Dieu comme une punition ou comme une manière de nous tenir à distance du péché. La maladie est notre état normal : la santé est un état de grâce. La médecine doit être soumise à Dieu, qui détient les remèdes vrais et profonds. Le chrétien dans la cité, Coueslant ; Almanach / Eglise réformée de France, pp. 53-57
1948 Civilisation et croyances, Réforme, 13 mars Les chrétiens et la solidarité; l'utilisation bourgeoise de la Bible. Les malfaiteurs intellectuels, Réforme, 20 mars Le problème des livres condensés, du magazine Succès et de la version française du Reader's Digest. René Gillouin a t-il trouvé une nouvelle formule de gouvernement ? Réforme, 27 mars Article sur le livre de René Gillouin, Aristarchie ou recherche d'un gouvernement, Genève, éditions du cheval ailé, 1946. Les assassins vertueux, Réforme, mai L'Eglise, les chrétiens, l'Etat et la guerre. The Church and the Disorder of Society (L'Eglise et le désordre de la société), in The First Assembly of the World Council of Churches, Amsterdam, édité par Willem Adolph Visser‘t Hooft Ellul était membre de la commission qui a rédigé ce rapport. Texte entier (en anglais): http://www.jesusradicals.com/wp-content/uploads/the-church-and-the-disorder-of-society.pdf The Situation in Europe (La situation en Europe), in L'Eglise et le désirdre de la société, Etudes oecuméniques préparées sous les auspices du conseil oecuménique des Eglises, vol.3, pp.73-88 Texte entier (en anglais): http://www.jesusradicals.com/wp-content/uploads/situation-in-europe.pdf Réflexion sur le monde de la nécessité, Art, Vie, Cité, L’Église ne suit pas les lois sociologiques du monde mais au contraire le monde suit le plan de Dieu, Réforme, 4 décembre Le sens du Conseil Oecuménique d'Amsterdam. Même si lsociologiquement, 'Eglise peut sembler suivre le monde, c'est Dieu qui créée les conditions historiques pour l'unité de Son Eglise. Gary, bouveau « Tulipe », Réforme, 11 décembre Garry David est un contestataire des Nations Unies. Ellul le soutient. Post-chrétienté, Réforme, 25 décembre Notre civilisation est-elle une civilisation post-chrétienne? Aucune de ses zones n'a véritablement été chrétienne. Réflexions historiques sur l'Eglise et ses relations avec la société. ■ PRÉSENCE AU MONDE MODERNE: PROBLÈMES DE LA CIVILISATION POST-CHRETIENNE Genève, Roulet (collection du Centre protestant d’études) ![]() D’une part la Technique est décrite pour la première fois comme une idéologie sourde, du fait qu’au fil du progrès, notre civilisation a peu a peu élevé les moyens qu’elle utilise au rang de fin excluant toutes les autres, le domaine spirituel étant relégué au rang de pur décor. D’autre part, justement, la mission du Chrétien est présentée comme relevant d’une prise de conscience de ce phénomène puis d’un engagement à le dénoncer comme une manifestation de Satan, autrement dit de ce qui tue la parole de Dieu et, d’une façon générale, toute forme d’intériorité. Or, de fait, le Christianisme ne remplit plus sa mission critique. Il ne le ferait que s’il parvenait à redevenir un véritable style de vie. Or il n’occupe plus qu’une place périphérique dans notre civilisation : la foi du Chrétien ne s’incarne plus dans son comportement car ce n’est plus du tout l’esprit qui détermine sa vie mais ses conditions économiques et sociales. Ce en quoi il ne se différencie plus du non-Chrétien que très superficiellement.
Extrait : "Lorsque nous aurons vraiment pris au sérieux la situation concrète des hommes et des femmes de notre temps, que nous aurons entendu leur cri d'angoisse et que nous aurons compris pourquoi ils ne veulent pas de notre Evangile désincarné; lorsque nous aurons participé à leur souffrance, charnelle et spirituelle, à leur désespoir, à leur abandon; lorsque nous serons devenus solidaires de nos compatriotes et de notre universelle Église, comme Moïse et Jérémie de leur peuple, comme Jésus des foules errantes, troupeau sans berger, alors notre voix pourra annoncer la parole de Dieu. Mais pas avant ! [..] Ce n'est pas la Parole qui doit changer et leur apporter autre chose, c'est leur situation. [..] Nécessité de la révolution dans un monde où elle est devenue impossible, et d'une révolution qui attaque les structures profondes d'une civilisation dont tous les efforts tendent vers cet unique but: transformer en pourceaux tous les êtres humains, qui ne peuvent plus de ce fait recevoir les perles de l'Ecriture. Nécessité d'une redécouverte du sens de l'activité humaine, de la situation des moyens et des fins, de leur place véritable dans un monde tout entier livré à l'esprit de puissance, au dérèglement, à l'orgueil de moyens sans bornes et qui nous absorbent sans réserve possible. [..] Tant que la solidarité entre chrétiens ne se traduira pas dans une aide pour permettre à chacun de trouver un équilibre de vie, de rechercher un style de vie ou s'incarne vraiment sa foi (non pas pour éviter de crever de faim), elle ne sera qu'un mot. Et ceci seulement montre à quel point cette recherche peut conduire dans des sentiers désagréables à nos chères habitudes. [..] Mais c'est à ce prix que la bonne nouvelle du salut en Christ sera autre chose qu'une parole humaine parmi d'autres paroles humaines... »
1949 Pour un état laïque, Réforme, 30 avril L'Eglise doit se souvenir de sa fonction, plutôt que de chercher la puissance. Un Etat séculier ne peut pas affirmer une vérité absolue, ne doit pas être totalitaire, et devrait être ouvert. La peur, Protestant d'Aquitaine, n°7, juillet
Article sur un rapport de psychiatres américains au sujet de la peur, avec l'analyse d'Ellul sur la peur des européens : disparition des valeurs spirituelles et de la foi. Les chrétiens, qui n'ont pas besoin d'avoir peur, peuvent aider au travers de leur exemple. Note problématique sur l’histoire de l’Église, Foi et Vie n°4, juillet-août, pp. 287-324
Une vision biblique de l'Eglise : la méthode historique de Luc. "Toute la clé de l'histoire de l'Eglise est dans la théologie qu'elle adopte". Voir la réaction de Maurice Goguel, "Sur l'histoire de l'église", dans Foi et Vie de septembre-octobre 1950, et la réponse d'Ellul (janvier-février 1951) Conformisme au siècle présent, I.Le jugement impossible, Réforme, 1er octobre Conformisme au siècle présent, II.L'immoralisme facile, Réforme, 29 octobre, réédité in « Jacques Ellul, actualité d’un briseur d’idoles », Réforme hors série, décembre 2004 Problèmes internationaux, Protestants d'Aquitaine, n°10, novembre, pp.1-2 Le fédéralisme pourri, Réforme, 17 décembre
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| Mise à jour le Mardi, 10 Janvier 2012 17:06 |






